« Prise d’otage » : illustration

Comme à l’accoutumée, les mouvements de grève du personnel de la SNCB ont suscité de nombreux débats sur le service minimum. Il y a-t-il une spécificité de la grève dans le cadre d’un service public? En d’autres termes, les travailleurs d’une entreprise privée ne prennent-ils pas en « otage » les clients et fournisseurs de ladite entreprise? Je veux dire par là : il est difficile d’apprécier la réalité d’une « prise d’otage », a fortiori lorsque le fait de porter le mouvement contre l’usager est le seul moyen de donner un écho aux revendications manifestées.

Pour autant, la réalité est là, brute et méchante : je suis venu à Liège ce matin par mes propres moyens. J’apprends à l’instant que les chauffeurs de Liège ont débrayé par « solidarité » avec leur collègues. Or, les motifs de cette manifestation sont tout simplement inacceptables : un chauffeur, ancien paracommando, a commis des violences graves, qui plus est sur une personne handicapée, pour lesquelles il est inculpé.

Bon, je l’ai déjà exprimé, je n’ai pas encore de position dogmatique tranchée sur les questions de grèves dans les services publics, ni sur le service minimum. Cela dit, les chauffeurs et syndicalistes devraient prendre garde aux conséquences de leurs actes, car les faits sont là : en l’espèce, les motifs de la grève sont inadmissibles et, en l’absence de tout avertissement, des usagers se retrouvent dans des positions inconfortables. Dans ces conditions, les futurs mouvements sociaux et leur légitimité seront probablement moins bien acceptés… Moi, ce que j’en dis, hein?!