Agir, courir pour le Tibet!

Drapeau du Tibet

Le Tibet se sera décidément trouvé au cœur de l’actualité ces dernières semaines, suite aux soulèvements populaires de Lhassa. Quelle est la réalité? Il est très difficile, vu d’ici et avec le filtre idéologique pro-tibétain omniprésent dans les médias, de se fonder une opinion un tant soit peu raisonnée et « objectivable ». Par exemple, un article du blog d’Aurélien, extrêmement intéressant, repris par Rue89 et Arrêts sur Images (abonnement recquis) laisse plus de place à la nuance que certains articles publiés dans la presse traditionnelle. Ainsi, certains commerçants chinois, certes complices d' »agression démographique« , peut-être innocents pour le surplus, auraient été pendus haut et court par des Tibétains en révolte. Difficile évidemment de ne pas prendre fait et cause pour le Tibet.

Un ami, Ben, aujourd’hui au Népal pour plusieurs mois, a déjà pu, dans le passé, constater la politique impérialiste pratiquée par les Chinois. Si les Chinois sont notre main d’oeuvre exploitée, à nous autres les Européens occidentaux, ce qu’il ne faut jamais perdre de vue avant de se livrer à quelque critique que ce soit, eux-mêmes procèdent de la manière la plus éhontée qui soit à l’arrachage primitif supposé par l’extension capitaliste. Ils se livrent sans conteste à des exactions envers certains peuples voisins, comme les Népalais ou les Tibétains. Par exemple, Ben m’a rapporté certains éléments essentiels, en direct du Népal, relatifs au pillage écologique qui est en train de se produire sur la voie ferrée de Lhassa. Ce train a essentiellement pour vocation l’extraction en plein massif de l’Himalaya de matières premières. Sauf erreur, il est question d’uranium et de prospectives pétrolières.

Bref, la situation au Tibet, que je décrirais comme un état de révolte légitime, un mouvement de libération nationale, doit être dénoncée avec vigueur et mérite tout geste susceptible de donner un poids politique à cette cause. Pour illusoire qu’il puisse y paraître, il me semble au contraire que seule une vigoureuse protestation internationale, avec pour caisse de résonnance médiatique les Jeux Olympiques de Beijing, sera à même d’infléchir, même peu, même mal, la politique chinoise au Tibet. Et en la matière, il n’y a pas de petits profits…

Agir, donc, c’est ce que je vous propose. Pour celles et ceux d’entre vous qui seraient inscrits aux 20 km de Bruxelles (inscriptions clôturées), ou qui escomptent y assister en qualité de spectateurs, Les Amis du Tibet  (je ne suis pas certain de cette URL, mais amisdutibet.be n’est pas encore en service) cherchent des bonnes âmes pour orner une tenue à leur effigie, un magnifique T-Shirt, histoire de défendre la cause. Cela se passera le 25 mai 2008 à Bruxelles, départ prévu à l’esplanade du Cinquentenaire. Plus d’infos en commentaire (adresse: 20km@amisdutibet.be). Autre action, signer cette pétition en ligne, qui a déjà recueilli plus d’1.300.000 de signatures, invitant au dialogue sino-tibétain.

Encore plus d’infos et quelques liens judicieux sur le blog d’Himself.

Tristes Jeux Olympiques | Périscope (par Anne)

Tristes Jeux Olympiques

Lorsque j’avais 11 ans, j’ai présenté devant ma classe un exposé sur les Jeux Olympiques. Je trouvais alors cet évènement exceptionnel. Toutes ces nations réunies autour du sport et du jeu concourrant pour la victoire, dans un esprit forcément pacifique, offraient à l’enfant idéaliste et naïf que j’étais l’espoir de voir ces pays unis pour le mieux et non le pire.Depuis, j’ai grandi. Ce fut l’occasion de nombreuses désillusions à cet égard. Aujourd’hui, à l’heure où les Jeux sont au cœur de la polémique, me voila une fois de plus face à cette gamine de 11 ans, à ne plus savoir quoi lui dire.

Existe-t-il encore un esprit des Jeux? Honnêtement je ne suis pas férue de sport et je supporte toujours le meilleur ; mon analyse sera celle d’une citoyenne belge qui s’interroge.

Parlons d’abord du Tibet. Parlons-en pour ne pas dire grand-chose. Le constat semble clair : les informations en notre possession sont trop faibles quantitativement et qualitativement pour prétendre avoir une juste opinion. Avant même les évènements récents, le comportement des autorités chinoises envers les Tibétains aurait dû heurter notre conscience par rapport au Jeux. Je ne sais pas pourquoi soudainement, les médias ont trouvé bon de se tracasser du sort des Tibétains? Avons-nous les moyens d’agir? N’est-il pas tard pour avoir des scrupules? Comment agir?

Pékin

Par ailleurs, cette focalisation sur le sort du Tibet n’éclipse-t-elle pas d’autres problèmes liés à l’organisation des Jeux par la Chine? La mise en place d’un tel évènement nécessite la construction d’infrastructures hypermodernes, coûteuses et mégalos. L’exploitation d’ouvriers, hommes, femmes et enfants par les autorités chinoises devrait être plus âprement condamnée. L’expulsion sans préavis de familles entières, de quartiers entiers, afin d’y établir un stade gigantesque, devrait nous émouvoir davantage que la Saga des Sagawé (mais que fait le ministre Antoine?).

Cependant, la Chine est-elle la seule coupable? Chaque J. O. organisé représente un gaspillage inouï d’énergie. Je n’ose imaginer les dégâts écologiques provoqués par cette manifestation : déplacement de toutes les délégations nationales, des spectateurs, des médias, implantations des infrastructures, gâchis de nourriture et déchets en tous genres… Bref, toute l’opulence occidentale concentrée dans une manifestation sportive. N’est-il pas, d’ailleurs, paradoxal de l’installer en Chine, au cœur d’une population si largement marginalisée?

Je m’interroge également sur le rôle des sportifs. Leur belle tenue, qu’ils portent fièrement en pensant à l’argent que ça leur rapporte, n’est en réalité qu’un produit issu de l’exploitation d’hommes et de femmes privés d’amusements, de jeux…. en Chine.

Enfin, le problème du dopage vient encore assombrir la piteuse image que j’ai désormais des jeux.

Bref, je ne crois plus en cette compétition. Les Jeux Olympiques n’ont plus rien de sportif : pas d’esprit d’équipe, d’entraide, nul moyen de devenir meilleur, le meilleur, aucune égalité entre participants ni respect d’autrui.

Comme bien des compétitions sportives, les Jeux Olympiques mériteraient d’être réinventés, de devenir des étendards de l’écologie, de la solidarité, de la paix ou que sais-je.

Personnellement, je ne regarderai pas les Jeux Olympiques cet été. C’est ma manière de les boycotter et de manifester mon désintérêt profond pour une manifestation épouvantail.

Anne

Stratégies à l’ULg

A côté de l’UCL (Louvain,) le mot qui vient à l’esprit concernant l’ULg (Liège) est : indigence. J’ignore quelles sont les clés de financement de ces deux universités. Peut-être l’UCL a-t-elle touché le pactole lors de sa création et a-t-elle su fructifier certains acquis de la période où les Flamands ont payé au prix fort leur Walen buiten? Je ne le sais pas plus. Toujours est-il que les complexes informatiques sont incomparables (machines, locaux, etc.). la disponibilité de ces salles, comme de toutes les salles de travail à l’UCL en général, sont bien plus étendues et qu’il est un point essentiel sur lequel l’UCL a quinze longueurs d’avance par rapport à l’ULg : les bibliothèques. Il est notoire que celles de l’ULg font pâle figure en comparaison à leurs équivalentes louvainistes.

Cela, c’est quelque chose que j’ai sur le coeur depuis longtemps. Je pense que l’ULg a sacrifié dans un passé relativement proche des budgets bibliothécaires bien trop importants, aussi bien en termes de personnel qu’en termes d’abonnement à des revues spécialisées ou d’achalandage. Au regard de certains budgets délivrés au Science Park du Sart-Tilman, il ne me semble pourtant pas si onéreux d’acheter quelques livres ou revues, et de veiller à leur gestion par un personnel somme toute relativement restreint…

C’est dit.

Et pourtant, il se pourrait que les premiers frémissements d’une nouvelle dynamique se fassent sentir, dans une période qui coïncide me semble-t-il avec l’arrivée du Recteur, M. Bernard Rentier. Son attachement à donner à l’ULg un rayonnement international est connu. Même si la pertinence des classements internationaux est douteuse, et que personnellement je n’y attache pas d’importance, je peux comprendre que d’autres personnes s’y réfèrent. C’est peut-être un instrument de visibilité qu’il convient de développer. Mais ce qui me plaît, c’est qu’en termes de visibilité internationale, l’action et les moyens suivent l’intention.

Blason de l’ULg

Premièrement, le site de l’ULg fait peau neuve. C’est symptomatique. Aujourd’hui, un site web est la première vitrine d’une institution comme l’ULg. Il était donc essentiel de conférer à la nouvelle mouture une dimension internationale et une architecture bien conçue. Un grand pas en avant a été réalisé par rapport au dernier site, qui était beaucoup moins esthétique et intuitif. Les menus sont bien découpés et, me semble-t-il, cohérents, même si on peut toujours rationaliser et perfectionner un outil si vaste!

Deuxièmement, le Recteur n’a jamais caché son attachement à une politique pro-active en matière de séjours à l’étranger. Il me semble que l’acte a joint la parole puisque de nombreuses bourses ont été aménagées par l’ULg pour donner une priorité stratégique aux expériences dans d’autres pays que la Belgique, au bénéfice de l’ensemble des chercheurs. Le prolongement naturel de cette politique devrait conduire à un financement pour les étudiants Erasmus. Il va de soi qu’un chercheur liégeois à l’étranger se donne une assise scientifique et une ouverture d’esprit. En retour, son institution d’origine – aka l’ULg – s’assure une présence internationale lorsque ses délégués prennent une part plus active à la vie scientifique internationale.

Pour toutes ces raisons, la conclusion s’impose ; non, tout n’est pas rose à l’ULg et oui, l’herbe reste certainement plus verte dans le jardin d’à côté. Néanmoins, des initiatives sont prises. On peut discuter de leur opportunité stratégique – ce à quoi je ne me suis pas engagé – mais on doit leur reconnaître une vertu ; elles mettent en conformité les actes aux paroles!