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Bons baisers de Belgique

Comme c’est désormais la tradition en Belgique, le Royaume a l’infini plaisir et le très grand honneur d’offrir aux Belges son gouvernement nouveau. Cet année, le bouquet est amer et la coupe est pleine. Le gouvernement neuf de l’an (200)9 est de composition délicate et aux multiples arômes divergents, qui lui donnent une amertume vacillante, avec un arrière-goût de BHV.

Profitez-en bien, petits veinards!

Bons baisers de Belgique et très bonne année 2009!

N’importe quoi à tous les étages

Ce jour, la NV-A a initié un pseudo-scandale en prenant ses distances avec une majorité qu’au demeurant elle ne soutenait plus que du bout des lèvres depuis un bon bout de temps. Geert Bourgeois démissionne du Gouvernement flamand, ce qui est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver à ce dernier. Le but de ces manoeuvres est clairement pré-électoraliste. Ainsi auto-marginalisée, la NV-A retrouve l’aisance de l’aboiement et devrait japper en tous sens d’ici juin 2009… On s’en fatigue déjà. Au moins, d’ici là, ils seront plus ou moins hors d’état de nuire à la majorité, quoique celle-ci soit sévèrement fragilisée par sa mise en minorité au sein du groupe linguistique flamand. Leur durcissement de ton prévisible aura-t-il les effets électoraux escomptés?

Il me semble que ce soit une hypothèse probable dans la mesure où le reste du gouvernement s’avère incapable de … gouverner, dans la droite ligne de son incurie permanente post-juin 2007. L’ensemble des observateurs est unanime sur l’impossibilité d’arriver à quoique ce soit d’ici juin 2009, soit avant les élections. Au demeurant, ce n’est pas l’indigent rapport des médiateurs (long d’une page et demi et truffé de lieux communs, ce qui est un exploit vu la brièveté du document!) qui va un tant soit peu arranger les choses.

Le scénario est le suivant ; le vrai-faux gouvernement fédéral continue de se voiler la face, et véhicule en façade un message rassurant : « Nous pouvons gouverner et nous nous occupons de vos problèmes ». Bien entendu, l’approche des élections le paralyse, personne n’est dupe ni convaincu et le gouvernement sombre dans l’auto-parodie. Du pain béni pour la NV-A qui peut assouvir son programme de vitupération incessante.

Pour remédier à cela, il suffit au gouvernement de prévoir dès maintenant des élections couplées en 2009 (lesquelles ne semblent plus à l’ordre du jour, malgré un scénario qui a longtemps fait plus ou moins consensus) et d’admettre publiquement son impuissance relative d’ici là, autrement dit d’entériner officiellement l’entrée en campagne électorale. Et de gérer les affaires courantes…

La politisation made in .be

Ce jour, les médias devraient se faire en partie l’écho d’une initiative appelée sans nul doute à prendre de l’ampleur dans les semaines qui viennent.

Cette initiative fait suite au renouvellement litigieux des hauts mandats à la Direction générale de l’aménagement du territoire (DGATLPE), dont je faisais état ici. Pour schématiser, le gouvernement wallon et lui seul prend des décisions en dernier ressort qui ne tiennent pas compte des examens présentés devant le Selor par les candidats (en piégeant littéralement les candidats à l’aide de questions subsidiaires tortueuses).

Certains fonctionnaires de la DGATLPE, rejoints semble-t-il par des collègues d’autres administrations, ont résolument saisi l’affaire et décidé d’initier un débat sur ce qui s’apparente à une véritable confiscation des procédures démocratiques par les édiles politiques.

Ils ont dans un premier temps lancé le site politisation.be qui retrace les tenants et aboutissants de ce qui est ici sommairement évoqué, notamment par le biais d’une FAQ. Dans un second temps, une pétition a été mise en ligne en vue d’appeler le Parlement, instance démocratiquement élue et gardienne de la représentativité, à exercer une vigilance accrue dans l’attribution des hauts mandats dans la fonction publique.

Le site web de l’initative

La pétition « Pour une administration performante et équitable, au service du citoyen« 

Mise au point sur le débat des Présidents

Je suis en train de regarder la rediffusion de l’émission Mise au Point, sur la RTBF, enregistrée hier en direct de la Chambre. Le débat a lieu entre tous les Présidents de partis francophones.

Deux réflexions me viennent à l’esprit.

La première porte sur la forme. Il faut se féliciter qu’enfin un débat serein puisse avoir lieu entre ces éminences de notre vie politique. On a trop vu, depuis les élections, Mme Milquet et MM. Reynders, Javaux et di Rupo, se tirer dans les pattes pour des motifs préélectoralistes parfois flagrants. Ce matin, en toute honnêteté, je suis très heureux d’assister à un véritable débat respectueux. Alors, je ne dis pas que tout le monde est d’accord, on a eu droit à de belles passes d’armes entre Jean-Michel Javaux et Joëlle Milquet, et entre Jean-Michel Javaux et Elio di Rupo. Ecolo fait son job d’opposition et critique le gouvernement, c’est normal, le gouvernement fraîchement formé défend son accord, c’est tout aussi normal. Pour autant, les sales vannes, les tackles du fond des âges n’ont pas eu lieu. On a discuté programme, pas personnes.

Ma seconde réflexion porte sur le fond, et c’est là que le bât blesse un peu plus. Bon, j’ai la critique légère mais c’est aussi le rôle d’un blogueur. Je trouve que la discussion est restée très limitée. Le thème principal a sans conteste été une potentielle réforme fiscale, avec de multiples questions ; fallait-il chiffrer l’accord? Le projet favorise-t-il les bas ou les hauts revenus? Quelles mesures pour les pensionnés, les précarisés, etc? Chacun tente de défendre son bilan, c’est entendu. Bien sûr, c’est important. Il n’empêche ; on discute de l’effet plus ou moins redistributif de certains leviers fiscaux, en partant du principe que l’argent fait le bonheur. Ce n’est « que ça », c’est orienter un peu plus ou un peu moins les moyens publics vis-à-vis de certains publics. Ensuite, on parle (un peu) des peines de prison et, enfin, de la réforme de l’Etat et de son calendrier, ainsi que des rapports entre communautés et entre francophones.

Un grand nombre de débats cruciaux auxquels sera inévitablement confronté le nouveau gouvernement ne seront même pas abordés. Comment le gouvernement entend-il faire face à la crise boursière qui s’annonce? Est-ce un faux problème? Et la fin du pétrole, un faux débat?  Au fond, à part la mise en place d’une « Task Force« , quelles mesures environnementales sont envisagées (JMJ en a d’ailleurs fait la remarque tout à la fin)? On pourrait aller plus loin : le gouvernement ne doit-il pas réagir collégialement aux évènements de Lhassa?

Voilà, il était positif d’assister à un débat serein et constructif, respectueux, dommage simplement qu’il soit resté cantonné au belgo-belge et à des thématiques très limitées, certes importantes mais parfois fort éloignées des enjeux vraiment importants qui s’annoncent à l’avenir.

Il est né le divin gouvernement

Source : le Politique Show

Gouvernement de désunion nationale

La première réflexion qui m’est venue à l’esprit en prenant connaissance de la composition du gouvernement est : bon sang, Jean Quatremer et le GERFA avaient raison. Le gouvernement intérimaire était bien une version bêta (je maintiens l’accent circonflexe) du gouvernement 2.0.0.8 (définitif, jusqu’à la version 2.0.0.9?). En substance, les francophones ont laissé filer tous les ministères régaliens (fonctions traditionnelles de l’Etat-Nation : justice, police, affaires étrangères etc.) à des ministres flamands. A ce titre, il est très intéressant de prendre connaissance de l’article de Jean Quatremer.

Je voudrais prolonger la réflexion. Un observateur, même peu averti, remarquera (comme le fait M. Quatremer), que les portefeuilles échus aux francophones sont ceux de nature « sociale ». A mon sens, cela confirme et entérine la grave rupture entre les deux communautés du pays. En cherchant à défendre farouchement les domaines touchant de près ou de loin à la « solidarité interpersonnelle », et en s’accaparant les postes y relatifs, les francophones ont tout simplement démissionné de la gestion de l’Etat. Ils se sont retranchés dans un bastion intra-gouvernemental dans lequel les flamands n’ont pu que les enfermer avec bonheur.

On pressent déjà l’attitude défensive et peu constructive qui sera celle des francophones lorsque les flamands reviendront à la charge avec leurs revendications, cette fois dans une position de force figée par la représentation gouvernementale, dans le cadre du groupe Octopus ou de je-ne-sais-quel comité des « sages ».

Post-Scriptum : attention image aggressive à laquelle je ne souscris pas mais dont je me dis qu’elle est de circonstance, pour la touche humoristique

La volaille francophone enc***

Il est né l’accord indécent

Pom pom

Il est né l’accord indécent… Jouez hautbois, résonnez musettes!

Un accord, enfin!

Après 282 jours de tergiversations et à peu près autant de turpitudes, on a un accord sur quelque chose qui ressemble à un gouvernement. C’est officiel : dès aujourd’hui, à 11h, Verhofstadt passe le flambeau. Je n’ai pas toujours été fan de sa manière de faire de la politique, ni de la paralysie qu’induisait un gouvernement violet. Mais je dois admettre qu’il a su se montrer séduisant, faire une sortie fracassante et, tout de même, contribué sérieusement à débloquer une situation pourrie. Et puis, si un gouvernement violet générait des blocages idéologiques, qu’en sera-t-il d’un pentapartite?

Quel accord?

Son menu (table des matières)

J’ai reproduit la table des matières de l’accord ici.

Sa digestibilité

Comme j’ai pu le lire par ailleurs, l’accord de gouvernement:

– ratisse large ;

– ne chiffre pas précisément les mesures ;

– reporte les arbitrages délicats ;

– et délègue tout le volet institutionnel à l’Octopus.

Sur ce dernier point, je ne peux que constater que les Flamands ont été contraints de culotte baisser. Rappelez-vous les mâles déclarations, il y a quelques mois seulement ; « pas d’accord institutionnel fort, pas de gouvernement! ».

Enfin, toujours est-il qu’un accord a été trouvé. A mon sens, à force de manger à tous les râteliers, cette accord se montre incapable de dégager une vision politique claire, un projet de société. Beaucoup de points sont de grandes intentions dont on perçoit mal l’effectivité et l’applicabilité concrète. Je dois toutefois admettre que (selon mon opinion, et je la partage), sur deux points qui ont été mieux développés et réfléchis, l’intention affichée est tout à fait louable et authentiquement politique (pas de simples mesurettes ou arbitrages fiscaux) : l’environnement et les migrations (notamment l’accord sur une régularisation des sans-papier).

Reste à voir la traduction concrète…

Un accord indécent

Je voudrais quand même souligner que, s’il est important pour notre pays d’être doté d’un gouvernement et d’un accord, si précaire soit-il, il n’en reste pas moins qu’il est proprement indécent d’avoir mis 282 jours pour y parvenir, sans compter les mélodrames en voie de confection (qui ne manqueront pas de se rappeler à nous… en juillet?).

J’observe un peu certains blogs sur Internet. La plupart se préoccupent de la crise boursière d’ampleur qui se prépare, qui signifie peut-être le début d’une phase de récession, voire l’effondrement d’un système. Bien plus que d’un accord politique boîteux et trop tardif. On a une chance inouïe de pouvoir se payer le luxe de pinailler autant sur des détails dont l’importance, ancrée dans le moment présent et dans notre petit contexte localo-belgo-belge, est somme toute très relative!

Tout ça ne nous rendra pas le Tibet…