L’Université de Louvain, sans son « C »?

Très intéressant débat que celui initié par cinq membres du corps académique de l’ensemble de la communauté de l’UCL, et dont Le Soir se fait le relais dans cet article. L’UCL doit-elle abandonner son « C » en route, autrement dit convertir l' »Université catholique de louvain » en « Université de Louvain »?

Si je puis me permettre d’alimenter le débat par deux remarques :

Premièrement, il s’agirait là d’un changement d’ampleur, abrupt à tout le moins. Depuis les origines de la Belgique et en réaction à la création de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), le rectorat de l’époque a accolé le « C » de catholique au sigle de l’UCL. Ce trait distinctif s’est maintenu jusqu’à nos jours. L’UCL abrite notamment en ses murs une faculté de théologie extrêmement développée et, à l’heure actuelle, de nombreux membres du corps académique revendiquent encore ouvertement leur appartenance catholique.

En outre, contrairement au PSC, le parti politique issu des valeurs catholiques, le « C » d’UCL n’a jamais ouvert ou « atténué » sa signification par une transition de « catholique » (culte catholique romain) à « chrétien » (culte chrétien au sens large, comprenant protestants et orthodoxes). Idem pour la FSC (Fédération des Scouts Catholiques), devenue FCS (Fédération Catholique des Scouts) avant de devenir, récemment, Les Scouts (tout simplement). L’atténuation du caractère catholique fut progressive. Selon cette lecture, le changement serait relativement abrupt en ce qui concerne l’UCL.

Deuxièmement, il ne s’agirait pas là d’un changement d’ampleur. Ce n’est pas moi qui le dit : l’article du Soir stipule bien qu’en rien, la forme ne préjudicie le fond. Autrement dit, derrière le symbole, la situation demeure. Le changement ne serait donc que cosmétique à cet égard. Ma réflexion porte ici sur la puissance des symboles.

C’est quelque chose qui m’avait déjà frappé à l’époque où j’appartenais à une unité scoute et que des perturbations terminologiques étaient en cours. D’une part, les modifications de siglaison venaient entériner des situations sociales factuelles. D’autre part, il se trouvait des résistances internes à ces modifications, lorsque même leurs effets étaient loin d’être concrètement palpables. En tant que Scout, j’ai éprouvé quelques difficultés à discerner en quoi la transition du côté « catholique » des scouts (en tant qu’individus) au côté « catholique » de la fédération (en tant que collectivité) modifiait en quelque guise que ce soit mon vécu au sein du mouvement.

Gageons qu’à une époque où le pluralisme règne en maître mot, comme j’ai largement pu le constater en matière de financement des cultes, l’abandon du « C » s’inscrirait dans l’air du temps, sans pour autant impliquer une quelconque capitulation quant aux valeurs dont l’UCL se fait la promotrice…

L’appel est ici