Tchernobyl

L’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl est presque aussi vieux que moi et fêtait hier son anniversaire (22 ans). C’est tout de même un événement majeur de la modernité techno-scientifique qui a considérablement contribué à une délégitimation de la science et des applications techniques qui en découlent auprès de l’opinion publique en général.

Tchernobyl

La même année sortait « La Société du Risque » d’Ulrich Beck. L’idée est de théoriser la transition entre, d’un côté, la société industrielle, où le problème central était la répartition des richesses (au sein du welfare state), et, d’autre part, une société centrée sur la répartition des risques, autrement dit du partage des insécurités. Forcément, là comme dans toute répartition réside un fort potentiel discriminatoire…

Tchernobyl a évidemment été l’amplificateur de cet ouvrage remarquable et probablement une des clés de son succès. Toujours est-il que le concept de « société du risque », crédibilisé par l’accident de la centrale nucléaire, fait toujours école aujourd’hui.

Voyez ce très intéressant article de Michèle Gilkinet du GRAPPE.

UPDATE : manifestation, 22 ans après

Le monde selon Monsanto

Le livre qui s’apprête à sortir sur la firme Monsanto, productrice à la fois d’OGM, de pesticides et d’autres produits, fait beaucoup parler de lui. Il s’agit d’une enquête réalisée par une journaliste indépendante, Marie-Monique Robin. Celle-ci s’est rendue sur le terrain, a rencontré une série d’acteurs impliqués ou ayant été impliqués dans des rapports avec Monsanto. On parle de ce livre dans beaucoup de journaux, par exemple dans cette chronique de Libération.

La firme est l’objet de critiques régulières, sur lesquelles je reviendrai plus en détail dans un article plus fourni. Je vais me contenter ici d’expliquer combien il est difficile d’appréhender de manière compréhensive cette firme. Elle nourrit un malaise qui est difficile à théoriser ; elle est un excellent exemple de la prolifération des hybrides (j’ai lu ça un jour chez Bruno Latour). Chacun d’entre nous a pour habitude de catégoriser ce dont il parle, de lui apposer une étiquette. Périscope n’échappe pas à la règle, avec différentes catégories dans la colonne de droite. Potentiellement, le cas Monsanto pourrait s’inscrire dans chacune d’entre elles. Technoscience, économie, politique, environnement, …

Difficile donc de rendre compte de tous ces aspects. En attendant, ARTE diffuse le 11 mars prochain un documentaire développé parallèlement au livre. Au-delà de la critique facile ou du pur préjugé (ce qu’on reproche – selon moi à tort – à certains mouvements de faucheurs d’OGM, allant jusqu’à les taxer de paranoïa), gageons qu’une sérié d’éléments factuels rapportés permettrons d’alimenter – sans mauvais jeu de mots – un débat majeur de ce début de siècle.

ADDENDUM 09/03 : blog d’ARTE sur l’émission

Bande annonce

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Cher anonyme, …

Cher anonyme,

[votre commentaire]

Après mûre réflexion, voici quelques-uns des éléments qui me sont venus en tête suite à ton commentaire. Ils donneront probablement lieu à quelque chose de plus construit ultérieurement sur le positionnement politique. Je vais d’abord tuer le suspense : non, je ne suis pas Ecolo. Bien que la thématique de l’environnement me préoccupe au premier plan, je ne suis pas convaincu qu’elle soit soluble dans un parti politique. A fortiori dans un parti qui attend encore le Grand Soir et l’Emancipation de l’Humanité pour arriver à ses fins écologiques…
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