Obama Président, regagnez vos pénates!

Obama est Président des USA.

Il l’emporte très largement sur son rival McCain selon les premières estimations de résultats. Crédité un temps de 207 sièges contre 135 pour McCain, Obama a franchi la barre décisive des 270 sièges nécessaires vers 5h du matin, décrochant les états de Californie, d’Oregon et de Washington avec des majorités significatives. Avec 297 grands électeurs assurés, le triomphe d’Obama est univoque. UPDATE : McCain vient de reconnaître sa défaite (cuisante).

Comme beaucoup, je n’ai jamais lu la plus traître ligne de son programme politique mais who cares? Obama irradie un charisme fédérateur et a suscité un engouement peu commun autour de sa personne. Le consensus international explicite en vue d’éviter McCain me semble une bonne chose, tant ce cireux, sorti tout droit d’un Grévin, et ses visées réactionnaires (ou du moins celles qui ont transpiré dans les médias européens) sont ulcéreuses.

Pour le surplus, la récupération politique oscille entre le sirupeux et le graveleux. Si vous n’êtes pas populaire, faites vous populariser par les autres! Avec la manie de vouloir faire entrer Obama dans le carcan étriqué de la petite Belgique, bon nombre de nos élus, grappillant quelques miettes de notoriété ou d’exposition médiatique, ont tout juste réussi à faire montre de leur inanité. En ouvrant un comité aussi vain que « Belgium for Obama » (présidé par un président d’un parti présidentiel) ou en allant se faire mousser à des « Obama night »…

Soirées chaudes sur le blog de Mateusz
Soirée chaude sur le blog de Mateusz

Pour le dire autrement, si Obama était Belge… Il serait socialiste, dixit le PS. Il serait libéral, dixit le MR. Il serait centriste, dixit le CDH.

Bref, n’en jetez plus, la coupe est pleine! Vivement la victoire de notre ami Barack, à qui je me réjouis de faire une petite visite en 2009, et vivement également la fin de l' »Obamania », aka la récupération politicienne de bas-étage (voir cet excellent sujet de Eigen Blog Eerst). Puis-je suggérer aux élus en mal de popularité de tenter de se rendre populaire par eux-mêmes à l’avenir?

On en parle sur Je suis Belge mais je me soigne.

Mateusz a passé la nuit à live-bloguer sur son blog d’où provient la photo ci-dessus (déjà awardée du chicon de titane).

UPDATE : Jacky Morael nous livre un grand cru au sujet de cette élection.

La contradiction atomique

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de mettre en évidence un décalage particulièrement important des paroles aux actes, au sujet de la construction de nouvelles centrales nucléaires. En d’autres termes, le présent billet ambitionne de placer un parti, le cdH, face à ses promesses électorales. L’on sait la vacuité desdites promesses et que ce n’est plus, depuis longtemps, à l’aune de celles-ci que l’on juge la qualité de l’action d’une parti…

Il n’empêche, les sorties médiatiques particulièrement désastreuses du ministre Antoine sur le sujet du nucléaire ne peuvent laisser indifférent. Ramasser une gamelle aux élections fédérales n’est pas un bon prétexte pour faire feu de tout bois (encore qu’on serait dans le registre de la biomasse) ! Petite dialectique contradictoire.

Le programme en vue des élections fédérales de 2007, p. 8 :

Programmer la sortie de l’énergie nucléaire était une bonne chose. Malheureusement, cette décision impliquait la mise en place d’un ambitieux plan de substitution de l’énergie nucléaire par des énergies « propres ».

André Antoine :

« Cela suffit de les laisser répandre leur illusion écologiste. Maintenant, on doit dire la vérité aux gens, même si ça ne va pas dans le sens du vent : nous ne pourrons pas sortir du nucléaire à partir de 2015, comme cela avait été promis sous l’arc-en-ciel il y a quelques années. Et non seulement nous ne pouvons pas, mais nous ne devons pas le faire. »

Qui ment? Le programme ou Antoine?

Le programme dit encore, p. 132 :

Le cdH propose d’adopter  un  plan  ambitieux  d’énergie  alternatif à l’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon) poursuivant un objectif clair de -30% d’émissions de gaz à effet de serre en 2020 et -80% en 2050 articulé autour de la réduction de notre consommation d’énergie et du développement des énergies renouvelables, élaboré dans le cadre de la « Task force pour une alternative à l’énergie fossile », prévoyant des mécanismes contraignants, des évaluations, des étapes et objectifs intermédiaires.

Le ministre Antoine :

« Ecolo n’avance aucune base chiffrée quand il s’agit de substituer la capacité de production nucléaire par des unités de production d’énergie renouvelable, mais nous signalons que cela supposerait d’implanter 16.000 éoliennes en Belgique, soit une moyenne de 27 éoliennes par commune ! Vous imaginez : 27 éoliennes à Ixelles… » Il insiste : « En tenant compte des autres filières alternatives (biomasse, hydraulique, etc.), les mêmes études montrent qu’au total, tout cela représenterait au maximum un sixième de la production électrique assurée par le nucléaire aujourd’hui. Or, la consommation d’électricité est en augmentation : de 88,8 % entre 1979 et 2006 ».

C’est ça la Task Force ?

Le programme, p. 132 toujours :

A cet égard, l’absence de stratégie énergétique en Belgique, imputable au gouvernement fédéral, a introduit une forte incertitude, comme en témoigne le retour à l’avant-plan du débat sur l’énergie nucléaire, malgré l’adoption de la loi de sortie en 2003. (…) La Belgique doit sortir en priorité de sa dépendance aux énergies fossiles. Elle doit, également, sortir de l’énergie nucléaire.

La conclusion d’Antoine sur le dossier du nucléaire :

« C’est quand même autre chose que l’impasse idéologique d’Ecolo ».

Ma conclusion personnelle : l’impasse idéologique, elle réside dans les promesses à tout crin que l’on ne tient pas. Sortir du nucléaire aujourd’hui demande un investissement massif et unidirectionnel dans les énergies alternatives et – n’en déplaise à M. Antoine – dans la réduction drastique de la consommation. C’est tout. Vouloir poursuivre le nucléaire ne nécessite pas de courage politique. Ce n’est pas « impopulaire » : ce qui l’est, c’est de rationner l’énergie disponible, d’implanter des parcs d’éoliennes ou de mettre le hola sur l’illusion photovoltaïque (les panneaux solaires ne vont pas résoudre tous les problèmes énergétiques, loin s’en faut). Bref, le courage politique, en matière énergétique, c’est d’éviter la procrastination.

NB : la Belgique compte 7 réacteurs nucléaires (contre 1 aux Pays-Bas, 0 en Italie ou au Portugal, par exemple), ce qui est proportionnellement une des densités les plus fortes au monde.

NB2 : lire également ceci sur le site d’André Antoine.

UPDATE : à lire cet indispensable complément d’information (David Leloup, journaliste Imagine).

UPDATE 5/11 : Daras passe les « Schtroumpfs oranges » à la sulfateuse

L’Université de Louvain, sans son « C »?

Très intéressant débat que celui initié par cinq membres du corps académique de l’ensemble de la communauté de l’UCL, et dont Le Soir se fait le relais dans cet article. L’UCL doit-elle abandonner son « C » en route, autrement dit convertir l' »Université catholique de louvain » en « Université de Louvain »?

Si je puis me permettre d’alimenter le débat par deux remarques :

Premièrement, il s’agirait là d’un changement d’ampleur, abrupt à tout le moins. Depuis les origines de la Belgique et en réaction à la création de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), le rectorat de l’époque a accolé le « C » de catholique au sigle de l’UCL. Ce trait distinctif s’est maintenu jusqu’à nos jours. L’UCL abrite notamment en ses murs une faculté de théologie extrêmement développée et, à l’heure actuelle, de nombreux membres du corps académique revendiquent encore ouvertement leur appartenance catholique.

En outre, contrairement au PSC, le parti politique issu des valeurs catholiques, le « C » d’UCL n’a jamais ouvert ou « atténué » sa signification par une transition de « catholique » (culte catholique romain) à « chrétien » (culte chrétien au sens large, comprenant protestants et orthodoxes). Idem pour la FSC (Fédération des Scouts Catholiques), devenue FCS (Fédération Catholique des Scouts) avant de devenir, récemment, Les Scouts (tout simplement). L’atténuation du caractère catholique fut progressive. Selon cette lecture, le changement serait relativement abrupt en ce qui concerne l’UCL.

Deuxièmement, il ne s’agirait pas là d’un changement d’ampleur. Ce n’est pas moi qui le dit : l’article du Soir stipule bien qu’en rien, la forme ne préjudicie le fond. Autrement dit, derrière le symbole, la situation demeure. Le changement ne serait donc que cosmétique à cet égard. Ma réflexion porte ici sur la puissance des symboles.

C’est quelque chose qui m’avait déjà frappé à l’époque où j’appartenais à une unité scoute et que des perturbations terminologiques étaient en cours. D’une part, les modifications de siglaison venaient entériner des situations sociales factuelles. D’autre part, il se trouvait des résistances internes à ces modifications, lorsque même leurs effets étaient loin d’être concrètement palpables. En tant que Scout, j’ai éprouvé quelques difficultés à discerner en quoi la transition du côté « catholique » des scouts (en tant qu’individus) au côté « catholique » de la fédération (en tant que collectivité) modifiait en quelque guise que ce soit mon vécu au sein du mouvement.

Gageons qu’à une époque où le pluralisme règne en maître mot, comme j’ai largement pu le constater en matière de financement des cultes, l’abandon du « C » s’inscrirait dans l’air du temps, sans pour autant impliquer une quelconque capitulation quant aux valeurs dont l’UCL se fait la promotrice…

L’appel est ici

Francofolies + Ardentes = tuer Dour

Une vilaine rumeur se fait jour ces derniers temps au sujet du paysage des festivals musicaux francophones. Selon cette rumeur, les Francofolies de Spa et les Ardentes de Liège feraient expressément alliance, avec l’appui de Clear Channel (prononcez : live nation), dans le but de torpiller leur grand frère à tous, Dour.

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