Positionnement politique et lisibilité

Voici quelques semaines maintenant que je m’interroge sur la ligne éditoriale à donner à ce blog et les éventuelles conséquences que cela entraîne. Pour le moment, je poste systématiquement sur tout ce que j’estime présenter un intérêt, et je dois dire que la formule fonctionne plutôt bien. Un lectorat régulier semble être en train de se constituer, en trois mois le nombre de souscripteurs RSS a doublé (même si je ne comprends pas toujours les variations de Feed Burner…). Bref, un bon bilan.

Quelles sont les lignes d’évolution possibles?

Pour autant, je suis traversé d’interrogations que je me permets ici de livrer sans fard. En fait, qu’est-ce qu’on retrouve sur « my blogosphere »? Petite sélection complètement partiale, très incomplète et qui n’engage que moi. Surtout, cette catégorisation sommaire n’est en rien exclusive.

  1. Des blogs de gauche, dont le contenu est selon les cas plus ou moins caricatural. Par exemple, l’excellent Des Bulles (qui propose des réflexions très intéressantes notamment sur l’urbanisme) ou le très bon Eigen Blog Eerst!, qui côtoient le plus dogmatique Les doigts dans la crise.
  2. Des blogs de droite, dont le contenu est selon les cas plus ou moins caricatural. Par exemple, l’excellent blog d’Alain Destexhe (qui propose un programme politique et des opinions personnelles, fait rarissime sur le blog d’un élu fédéral) ou le très bon blog de Jean-Yves Huwart, qui côtoient le plus dogmatique Société, Entreprises et Changement de Chaos Theory.
  3. Des blogs de journalistes qui traitent le cas échéant de politique ou de réflexions sur les nouveaux médias, comme respectivement, d’une part le blog de Frabrice Grosfilley et le Politique Show et, d’autre part, le blog de Damien Van Achter ou celui d’Alain Gerlache.
  4. Bien entendu, il y a les inclassables, comme le très bien nommé Grand Barnum d’Himself, ou le brillant On a des choses à se dire (qui assume notamment le rôle de « pont » entre médias francophones et néerlandophones, qui propose de très fines analyses politiques). Il y a également de très bons blogs, parfois revendiqués politiquement, mais qui ne sont à proprement parler ni de gauche ni de droite. En l’occurrence je pense, pour l’exemple, au blog de grande qualité du CDH Cédric Cheneviere.
  5. Il y a encore un monde auquel je ne suis pas du tout sensibilisé : le monde de l’immanence incarnée sur le web, le twitter, l’instantané pur jus, le réseau par perfusion directe. Sans compter tous les mondes virtuels dont j’ignore jusqu’à l’existence même…

De l’inscription dans des réseaux informatifs

Avec ta permission, cher lecteur, je voudrais passer outre les points 3 à 5 ; les blogs de journalistes ont une légitimité propre et une visibilité accrue entre autres par la fonction de leurs auteurs. Les inclassables existent par le biais de leur qualité intrinsèque ou par la pertinence du contenu spécifique qu’ils proposent, ou encore par le biais de multiples autres motifs très pertinents.

Bien entendu, ce sont également ces motifs qui président au succès – lorsque succès il y a – des blogs que l’on pourrait typologiser très sommairement « de gauche » ou « de droite« . Je me demande cependant s’il n’est pas plus lisible pour le lectorat de pouvoir « étiqueter » les blogs qu’il parcourt. Au-delà de cet aspect des choses, avoir par exemple des positions de gauche clairement assumées permet de s’insérer dans de multiples réseaux et de donner une beaucoup plus grande visibilité à son contenu. Pourvu que celui-ci corresponde à la ligne éditoriale de ces réseaux…

Or, mon blog est le reflet de mes opinions politiques, c’est-à-dire qu’il éprouve des difficultés à lire l’événement politique par un prisme de gauche ou de droite. Très symptomatiques à cet égard sont mes positions sur les grévistes, les « prises d’otage » ou le service minimum. Dans ces cas-là, je ne m’estime pas fondé à émettre une opinion pertinente, qui souscrive sans appel aux positions des uns ou des autres, des syndicats, des chauffeurs ou des usagers. Certes, je m’informe un peu mais in fine je n’ai pas le sentiment de détenir les clés fondant une position univoque.

Que faire pour remédier à cela?

S’inscrire sans réserve dans un courant de pensée serait en partie brader ou maquiller une partie de mes opinions, ce dont je ne veux à aucun prix. En revanche, je peux imaginer de ne parler que sur les sujets où j’ai une opinion bien établie et argumentée, me semble-t-elle même classique ou peu originale. A cet égard, il serait possible de prendre le temps de la réflexion et de poster moins, mais mieux : de charpenter l’édifice intellectuel d’une solide argumentation. Une possibilité à laquelle je songe est de prendre le temps de relayer des réflexions de type universitaire, ce que j’ai l’ambition de faire depuis le début et exercice auquel je ne me suis encore que trop peu livré.

Quid également de la rubrique « grand bazar », qui contient des insolites, images ou vidéos, ou encore de la catégorie « culture » lorsque je chronique film ou cds qui ont eu l’heur de me plaire? Ces billets-là ne remportent souvent que de très faibles succès. Faut-il pour autant les faire passer à la trappe, et recentrer le débat sur des éléments plus politiques?

Bien évidemment, la tierce option consiste à ne rien changer. Mais ce blog est comme moi, il s’interroge et entend évoluer. Des commentaires?

XXI : lisez-le, on vous dit!

XXI

Un peu tard vaut mieux que jamais. Je profite de ce post d’Himself pour joindre ma voix à la grande pléiade des encenseurs de XXI, ce nouveau magazine d’information d’un style radicalement atypique dans le milieu médiatique actuel. A l’instantané, XXI préfère le moyen terme (trimestriel). A la brève, à l’AFP ou autre, XXI préfère la longueur. A la forme, XXI préfère le fond (à preuve, la couverture immonde dont parle Tom dans sa vidéo). Au tout à la publicité, XXI choisit l’indépendance. A la sempiternelle autant que nauséabonde règle de l’audimat-roi, XXI fait le pari de miser sur sa qualité intrinsèque pour faire venir à lui le public. Et ça marche, jusqu’à présent!

Je ne vais pas m’étendre : un grand nombre de blogs l’ont déjà fait, notamment ceux de François Schreuer ou The Mole.

Blog officiel de XXI. Le prochain numéro sort le 17 avril 2008.

Pour l’anecdote, j’ai acheté mon exemplaire dans un Press Shop, un jour de passage par Namur, à une libraire acariâtre qui m’a soutenu mordicus que le susdit magazine avait pour intitulé « XXL » et non pas XXI… La lecture de la mention « vingt et un » sous le titre (XXI) n’a pas eu l’heur de la faire changer d’avis…