Liège enterrée avec ses parkings

Non, c’est non!

Non de non!

Non, non, non!

Pour ce qui est de mener des projets intéressants et de faire vivre la commune de Liège au rythme de l’innovation et de politiques un peu sensées d’urbanisme ou de mobilité, les autorités locales sont régulièrement aux abonnés absents.

Mais cette fois, ils dépassent clairement une limite en prévoyant d’injecter 15 millions d’euros dans l’édification de deux parkings souterrains supplémentaires, afin de concurrencer les opérateurs privés(si, vous avez bien lu!). L’un est prévu sous la place Cokerill, soit sur un site jouxtant l’Université de Liège. L’université a sa place au cœur de la Cité en tant que centre de savoir et d’apprentissage critique. En la maillonnant de toutes part d’autoroutes urbaines, les autorités en ont déjà dit long sur le respect et la liberté dont ils honoraient l’institution (sans parler des problèmes récurrents de mobilité à destination du campus du Sart-Tilman). Inutile d’en rajouter.

L’autre parking est prévu sous le parc d’Avroy, seul parc véritablement situé dans l’épicentre de Liège et lui aussi quadrillé de routes à trois, quatre voire cinq bandes, sans compter les nombreuses perpendiculaires qui rognent son unicité à chaque intersection routière. Ce parc est déjà ravagé en surface une fois par an par la foire et fait l’objet d’un manque d’entretien chronique le reste du temps. Construire des parkings souterrains à cet endroit achèverait de ruiner les lambeaux du parc qui ont survécu à la colonisation par l’automobile, par d’autres parkings (côté Pont d’Avroy) ou encore par le nombre excessif de voies routières.

Trop, c’est trop!

La ville de Liège étouffe littéralement sous le poids d’un trafic automobile complètement démesuré. Chaque matin, la foire d’empoigne automobile se répète comme un pitoyable cirque sans fin. La ville est sale, les bâtiments sont noirs. Les bagnoles envahissent déjà allègrement les trottoirs, les abords des rues et bien des espaces souterrains. On ne peut plus accepter ça! De toute évidence, construire de nouveaux parkings n’arrangera rien aux problèmes de trafic mais fera sombrer Liège encore un peu plus dans la politique du symptôme et du tout-à-la-voiture. Ainsi, de nouveaux parkings dont le but est d’être (un peu) moins coûteux vont forcément drainer un flux supplémentaire de bagnoles, lorsque Liège est déjà trop engorgée.

Deux remarques encore: l’opposition semble ne trouver à redire sur ces projets que sur des détails techniques (création de filiales, structures de financement, etc.). Deuxièmement, le fait de pouvoir injecter 15 millions d’euros pour ce projet néfaste pour la ville rend irrecevable a priori tout refus d’injecter des fonds publics pour des projets qui amènent vraiment une valeur ajoutée à la ville (qui a susurré « Liège 2015« ?)