La Libre ou l’art de racoler

Typiquement le genre de simplisme qui m’énerve. Je vois dans mon agrégateur préféré le titre d’un article de La Libre formulé en ces termes : « Leterme 1er ou l’art de postposer« .  Inutile de pousser bien loin la lecture pour comprendre qu’on va parler d’une énième « mise au frigo » de BHV et d’un report du vote du budget 2008. Même pas une mise au frigo : la discussion au fond et le vote sont respectivement reportés de quelques jours. Je l’ai dit, je le répète : je n’ai aucune action chez Leterme 1er Inc., il m’arrive même d’être critique avec notre Premier Ministre. Pourtant, en l’occurrence, ce titre tombe dans la généralisation abusive…

Deux dossiers importants qui méritent l’attente d’un cadre de discussion optimal et serein : c’est un peu court pour parler d' »art de postposer ». Pour rappel, ne pas trancher la décision, c’est toute l’histoire du dossier BHV. Quant au budget 2008, je vais, cher lecteur, te confier un petit secret : il est déjà en retard. Alors, une semaine de plus, une semaine de moins… En attendant, voilà Leterme institué en artiste de la postposition. C’est futile, peut-être. Ou peut-être pas!

London green power

Londres entretient en son cœur bon nombre de parcs magnifiques qui sont autant de poumons pour la ville. Chacun d’entre eux a sa propre personnalité, sa configuration, sa manière de rendre la cité agréable. Ils sont véritablement implantés en plein centre, pas comme à Paris par exemple (le bois de Boulogne ou le bois de Vincennes sont hors périph’). Ils sont bien entretenus (le boulevard d’Avroy de Liège ressemble à un champ de mine toute l’année à cause de la Foire, je ne parle même pas des toilettes publiques). Ils sont juste agréables à vivre et drôlement conviviaux.

Illustrations (cliquez pour agrandir les images en dimensions originales et en plus grande taille).

Tchernobyl

L’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl est presque aussi vieux que moi et fêtait hier son anniversaire (22 ans). C’est tout de même un événement majeur de la modernité techno-scientifique qui a considérablement contribué à une délégitimation de la science et des applications techniques qui en découlent auprès de l’opinion publique en général.

Tchernobyl

La même année sortait « La Société du Risque » d’Ulrich Beck. L’idée est de théoriser la transition entre, d’un côté, la société industrielle, où le problème central était la répartition des richesses (au sein du welfare state), et, d’autre part, une société centrée sur la répartition des risques, autrement dit du partage des insécurités. Forcément, là comme dans toute répartition réside un fort potentiel discriminatoire…

Tchernobyl a évidemment été l’amplificateur de cet ouvrage remarquable et probablement une des clés de son succès. Toujours est-il que le concept de « société du risque », crédibilisé par l’accident de la centrale nucléaire, fait toujours école aujourd’hui.

Voyez ce très intéressant article de Michèle Gilkinet du GRAPPE.

UPDATE : manifestation, 22 ans après

Les Citrouilles, bon pied bon oeil

Forêt nationale, je n’aime pas. C’est une espèce de remise à moutons où s’entassent les ignorants venus consommer du média culturel comme on se baffre de pop-corn au Kinepolis. Le principe ; premier arrivé, premier servi en ce qui concerne les meilleures parties de la salle (celles où on se trouve à moins de 200 m de la scène). Dans la pratique, l’idée est d’arriver super tôt avant le concert pour réserver ses places et pouvoir aller dévaliser un bar prohibitif. Forêt nationale, je n’aime pas.

Smashing Pumpkins

Des milliers de têtes de citrouilles (pumpkins) réunies, donc, et – ça tombe bien – un groupe venu précisément les faire éclater en mille morceaux, j’ai nommé ; les Smashing Pumpkins. Les Smashing Pumpkins, c’est ce groupe qui a bercé mon adolescence avec des tubes dantesques, comme Today, Disarm, Bullet with butterfly wings, Zero et tant d’autres. Séparés en 2000 (j’étais allé à Gent pour la tournée d’adieu) et de retour en 2008 avec une partie historique du groupe amputée.

On déplorera pour la forme l’absence d’écran ; des tribunes où je me suis trouvé parqué, on ne pouvait que vaguement distinguer des silhouettes là-bas au loin.

Hé bien, les Smashing sont de retour et ils sont pas contents! Ils sont venus donner une leçon de rock bien trempé aux amateurs et ils sont plutôt doués dans ce registre. Les tubes s’enchaînent, la plupart joués up-tempo, les atmosphères aussi. Le light show est tout simplement somptueux. La voix de Billy Corgan n’a pas changé d’un iota. Le groupe est solidement en place et balance assez bien ses standards mâtinés de compos plus récentes.

Smashing Pumpkins

Les moments forts se situent au départ, lorsque le groupe entame avec une de mes préférées de leur double CD Mellon Collie & The Infinite Sadness, à savoir Porcelina of the Vast Ocean. Ensuite, on retiendra Tonight, Tonight, vachement bien maîtrisé ; le 1979 version Corgan en solo, seul face à Forêt ; la transition énorme entre Blue Heaven et la destructrice Everlasting gaze ; enfin, Bullet with Butterfly wings scandée à la folie.

Le concert finit sur un délire bruitiste qui tire un peu en longueur, laissant un public comblé et saturé (niveau oreilles), avant un bref rappel pour la forme (c’était une reprise de Superbus, oui ou non?). Un groupe qui tient encore la route du rock aujourd’hui!
chronique sur 7 sur 7

NB : cette chronique s’était égarée dans mes brouillons, la voici publiée beaucoup trop tardivement à usage exclusif de ceux que cela intéresserait…

Rédactions, logique de marché et conflits

J’assistais ce soir à une conférence extrêmement intéressante, donnée par Jean-Jacques Jespers (le surnomme-t-on « 3J »?) à l’Université catholique de Louvain (UCL). Le thème en était « Opinion publique, médias et pouvoir politique : le choc des représentations et le poids des émotions« . Cette conférence était intéressante au moins à double titre. Premièrement, parce qu’elle faisait suite à une table ronde entre les plus éminents politologues, interrogés dans leur rapport aux médias (font-ils de la « volcanologie » politique, extrêmement réactive, rapide et adaptable au temps médiatique qui diffère du temps d’expertise?). Deuxièmement, cet exposé était magistralement dispensé par un expert académique qui, c’est le moins qu’on puisse dire, connaît le monde médiatique de l’intérieur.

Le mérite majeur consistait en une mise en perspective préalable, une relativisation fondamentale de la portée des médias informatifs « traditionnels ». Ainsi, l’image des « médias » actuellement discutée et véhiculée par les experts du récit médiatique, également sur internet (notamment sur ce blog) fait en réalité référence, pour une très large part, à autre chose que ce que « consomment » très majoritairement la plupart des gens. Que ce soit dans les magazines (surtout les programmes TV), la télé ou la radio, les programmes ludiques ou les divertissements l’emportent largement sur « l’information » au sens des doctes savants académiques ou des critiques, même « amateur », des médias.

J’aimerais revenir un instant sur un propos plus particulier de Jean-Jacques Jespers, à l’intérieur de ce microcosme du média « informatif ». D’autres conférenciers ont par ailleurs souligné les rôles respectifs de la triade politique, médias et public. Dans certaines dérives dénoncées, chacun porte sa part de responsabilité. Ainsi, sans entrer dans les rapports politiques/journalistes, le public, quant à lui, demande moins au paysage médiatique d’être un acteur influent sur la scène publique que d’être diverti et de se voir offrir du spectacle.

Ainsi, le pouvoir au sein des organes médiatiques glisse progressivement des journalistes au profit de managers, dont le but premier est de capter l’attention du public et de le fidéliser, notamment en répondant à cette demande. Cet objectif peut les mettre en porte-à-faux avec les journalistes, lesquels au demeurant souffrent d’une fragilisation de leur situation professionnelle. Ainsi, selon J.-J. Jaspers, on compterait aujourd’hui environ un quart de journalistes « faux indépendants » (problème juridique de déterminer la relation de travail entre le journaliste et son employeur, la controverse appartient aux tribunaux).

Le marketing éditorial imprègne ainsi les médias, qui recyclent des recettes éprouvées, de préférence bon marché, et génèrent l’évènement. Ce qui m’intéresse, c’est la fracture rapportée explicitement par M. Jespers entre l’équipe rédactionnelle et sa direction. Plus tard dans sa conférence, il affirmera que les choix rédactionnels sont de plus en plus dictés, la marge et l’indépendance des journalistes réduite petit à petit.

J’interviens sur ce point : on constate cette rupture de plus en plus marquée au sein de bon nombre de rédactions en France, il suffit de songer aux aventures du journal Le Monde et de son actionnaire très influent, Lagardère (il détient le contrôle des publicités dans Le Monde), ou de Libération avec de Rothschild. Des conflits ouverts ont éclaté.

Pour autant, la Belgique ne semble pas en reste de conflits, en tous cas en ce qui concerne la presse écrite. Comme je le mentionnais dans une intervention sur interMédias (voir notamment tous les liens pertinents pour ce qui suit), on relève plusieurs cas concordants. Ainsi, La Libre Belgique aurait à trois reprises condamné sévèrement M. Konen depuis son arrivée à la tête de la rédaction (information datant de juin 2007). Ensuite, Le Vif/L’Express ; l’excellent directeur de la rédaction, Jacques Gevers, y avait été remercié dans des conditions douteuses. Son remplaçant aurait critiqué son équipe dans un mail de service qui a filtré. Enfin, la rédaction du Soir, pour des motifs probablement en partie commerciaux, a récemment pris le contre-pied d’un de ses journalistes, dans l’affaire dEUS/Universal.

Bref, les rédactions belges fonctionnent-elles selon une logique de marché dans laquelle les journalistes peinent parfois à se reconnaître? Des conflits latents couvent-ils au sein des rédactions belges? Pourraient-ils, comme en France, déborder l’organigramme interne de la rédaction et s’étaler sur la place publique? Certains journalistes vont-ils entrer en résistance, un peu à l’instar de l’initiative XXI, qui montre que les règles de l’audimat biaisent parfois l’approche des médias et qu’il existe une demande forte pour la rigueur, la longueur et la qualité?

La question Le Soir / dEUS / Universal était abordée lors de l’émission interMédias à la radio sur La Première ce vendredi 25 avril à partir de 10h00 (détails).

Laloux l’analphabète et le pauvre T

Extrait pioché ce jour (19 avril 2008) sur le site web de feu le Secrétaire d’État en charge de la Lutte contre la Pauvreté, Frédéric Laloux (il faut regarder le titre en violet-rose de l’article en bas d’image, posté sur fredericlaloux.be le jeudi 17 avril) :

Cher lecteur, tu constateras comme moi que notre ami Laloux, ou son responsable de la communication, orthographie le mot « Lute » d’une manière à tout le moins personnelle… Plutôt fortiche de commettre une faute dans l’intitulé même de son portefeuille!

Le voici, le héros de la lutte des classes et sa pauvreté… Ou devrait-on dire son « pauvre T »?

Exit Laloux

Laloux lors de sa prestation de serment devant le Roi

On a fait grand foin du cas Laloux, je ne vais pas m’amuser à répertorier les liens qui ont parlé de cette affaire tellement ils sont nombreux. Il a donc « remis son mandat« … C’est ce qui arrive lorsqu’on avale de travers, on remet. Sans le savoir, je présume que cette rémission s’est faite sous la pression du Président Di Rupo. Le pauvre Laloux, dire qu’il venait hier de se « mettre en congé » de ses divers autres mandats… Pour des congés, s’en sont de brefs!

C’est amusant, je comptais en toucher un mot sur ce blog. Car l’affaire, au delà des broutilles de carte à essence etc., était tout à fait significative, un cas d’école de la présidence dirupienne. Et cette nomination en particulier avait été l’axe pivotant d’un basculement important. Jusque là, les dissidents publics internes – rares – existaient au PS. Pour la plupart, des dinosaures mis précocement à la prépension politique ; que l’on songe à Van Cau ou à De Clercq.

M. De Clercq avec son bouc Élio...

Dans le cas Laloux, cependant, il s’est produit un basculement, c’est-à-dire qu’avec la sortie de Moureaux, la révolte a été mise sur la place publique. Pour clarifier, avec ces « erreurs de casting » voire de « scénario » dans les Secrétariats d’État, l’opposition à la politique présidentielle a cessé d’être marginale pour être ouverte. Fabrice Grosfilley évoque des parlementaires socialistes qui auraient eu les larmes aux yeux à l’annonce des nominations.

Peut-être faut-il, dès lors, interpréter cette démission précoce comme un signal fort adressé par Di Rupo à son parti, qui le montre combatif et prêt à ré-endosser sa constestée pourpre cardinalice à l’issue du round médiatique de demain.

Flamands, je vous aime bien, mais avec modération!

Ces derniers jours auront été marqués par les provocations et les vexations en provenance de la Flandre. Les plus fidèles parmi vous, chers lecteurs, auront sans doute remarqué qu’il m’est arrivé de me faire l’avocat du diable, plus souvent qu’à son tour, tout au long de la crise politique qui a secoué notre pays. Ainsi, j’ai souvent pris la défense d’un Leterme qui, à une époque et selon moi, était véritablement la cible d’une campagne de diabolisation dans les journaux francophones.

Cela dit, je rejoins cette fois les inquiétudes exprimées notamment par Jean Quatremer (ici, ici ou ). Le refus de nommer les bourgmestres démocratiquement élus tourne à l’obsession. Les justifications flamandes ne tiennent pas la route une seule seconde, cela n’est pas nouveau, il y a une affirmation proprement politique dans cette attitude, c’est clair. En revanche, il me semble inquiétant d’opposer au dialogue une logique butée et intransigeante. Et sur ce point, la ridicule cède progressivement la place à l’extrémisme…

En outre, le peu de crédit accordé aux plus hautes instances internationales (Commission européenne et ONU) par Yves Leterme, au sujet de l’ONU, sont significatives d’un changement d’attitude. Cette désinvolture, cette nonchalante indifférence vis-à-vis de ces « cogitations », de ces « savants rapports », incapables de saisir dans son essence le « drame social » qui se déroule ; ces attitudes indiquent à suffisance – et c’est selon moi un élément inédit -le repli de la Flandre sur elle-même, y compris sur un plan international. Que diable, en poussant ce mépris au bout de sa logique, ces propos semblent indiquer que la Flandre toute puissante est tout aussi indépendante sur les scènes européenne et mondiale que sur la scène belgo-belge! Ma parole, c’est qu’ils ne laisseront personne leur remonter les bretelles, fût-ce à juste titre!

Enfin, que penser de ce dessin du Standaard, où lorsque le mauvais goût se fait caricature? Mes lecteurs assidus savent ma position en matière d’humour : « on peut rire de tout, sauf lorsque ce n’est pas drôle ». Ici, les registres retenus sont sans nul doute ceux du vexatoire et l’attaque blessante. C’est dommageable.

Standaard

Pour être parfaitement honnête, les francophones ne sont pas non plus avares en turpitudes, avec ces grandes envolées lyriques sur « Wallonie-Bruxelles » sans queue ni tête ni quelconque chance de réalisation effective (je rejoins l’excellent Charles Bricman sur cette énième sortie médiatique)… Cela dit, ce n’est pas bien méchant et cela n’engage, in fine, que les « franco-wallons ». Au rebours des attaques flamandes dont la cible privilégiée, nous, commence à être sérieusement criblée d’un certain venin populiste.

Mobility contest : Liège-Maastricht 0-1

Maastricht

Il y a quelques temps de cela, j’ai profité du soleil timide pour aller me balader en aval de la Meuse, par rapport à ma bonne ville de Liège, c’est-à-dire à Maastricht. Les pauvres 30 km qui séparent les deux villes dissimulent mal le gouffre creusé de l’une à l’autre sur le plan de la mobilité. C’était si flagrant qu’il convient que je m’en justifie et illustre mon propos.

Liège, c’est clairement le tout-à-la-voiture. De tous les peuples de la Gaulle, les Liégeois sont indubitablement les plus dépendants de leur voiture, sans hyperbole aucune. On pourrait s’amuser à répertorier le nombre de voies rapides à 3, voire 4 bandes de circulation, sens unique et double sens, qui sillonnent, quadrillent, entourent, harcèlent Liège. L’étouffent. Les quais sont tous convertis en autoroutes urbaines, quand les bras de fleuve n’ont pas été proprement asséchés à cet effet, comme sur le Boulevard de la Sauvenière. Le bien maigre piétonnier de l’hypercentre ne doit sa survie qu’à l’étroitesse des rues qui le composent. Et encore conviendrait-il de fermer tout le quartier cathédrale, de l’opéra à Saint-Lambert en allant jusqu’au XX août. Hum! On est loin du compte.

Une évolution en matière de mobilité est depuis longtemps palpable à Maastricht. En premier lieu, au risque de jeter un pavé dans la marre, je dirais que les autorités locales ont le bonheur de s’être dotées d’une politique de la mobilité. Honnêtement, Liège donne franchement très peu l’impression d’avoir réellement réfléchi à une juste répartition de l’espace public, à la cohabitation de différents modes de mobilité. Les seuls espaces piétons sont dans leur entièreté dédiés au temple du commerce qui semble être le seul à habiter les autorités liégeoises. Revenons à Maastricht. Le Hollandais roule beaucoup à vélo, c’est entendu. Ainsi de nombreux axes sont dédiés aux cyclistes et piétons, dans une cohabitation parfaitement sereine, l’habitude aidant probablement.

Cela n’est incompatible ni avec le commerce – à mon avis celui-ci s’en porte mieux – ni avec la préservation d’axes routiers importants. Simplement le traffic automobile a été réfléchi, canalisé, et externalisé au maximum. Il reste tout à fait possible de pénétrer le centre-ville à bord d’une automobile, mais il vous en coûtera un parking onéreux. Cependant, primo, aucun embouteillage. Le traffic est entièrement régulé à l’aide de feux réguliers et fréquents. Secundo, aucune difficulté de trouver un parking en plein centre, même si le prix à payer est fort.

Qu’on ne vienne pas me dire que cela serait impossible à Liège, situé dans une cuvette. Que je sache, les axes reliant les hauteurs de Liège existent mais n’ont pas été développés conformément à cette philosophie. La voiture éprouve moins de difficultés dans les côtes qu’un cycliste ou un piéton, ce n’est ni un obstacle pertinent ni un argument plausible. Dans l’état, Liège fonctionne à l’image de la France. Tous les axes mènent à Paris qui est le passage obligatoire, quelle que soit la destination. Et bien, il en va de même entre toutes les banlieues périurbaines de Liège. Le centre-ville est complètement engorgé de véhicules et rien n’est fait pour leur trouver des alternatives.

Liege

Peu de bus font des trajets de boucles variés dans la ville (style le 1 ou le 4 pour les connaisseurs). Amercoeur, Longdoz, Fétinne, les Vennes, Outremeuse, tous ces quartiers, notamment, peuvent et doivent être mieux desservis et reliés. Un progrès en ce sens : la ligne 28 à venir. Les vélos? Rien, mais rien n’est fait pour eux. A part un ravel dont l’existence est à attribuer aux autorités européennes et régionales et dont la fonctionnalité est au surplus limitée, Liège à vélo c’est zéro pointé. Aucun axe dédié, pour ainsi dire aucun emplacement de parking (ne rêvons pas d’une sécurité!)… Quelques marques au sol à moitié effacée, comptabilisées comme « pistes cyclables », voilà tout. Et des SUL (sens uniques limités), qui induisent plus de dangers qu’ils ne résolvent de problèmes.

On parle de l’instauration de Vélib’, comme à Paris ou Bruxelles. Sans vouloir faire le difficile, aucune objection de principe, mais il convient d’être très vigilant. Ca sent l’aventure électoralement sexy, rose bonbon et visible médiatiquement. Mais quid de l’efficience? Comment peut fonctionner le vélo dans une ville ou tout est prévu pour la voiture? Illustration : l’an passé était refait le pont Léopold, un des plus importants de Liège. Trottoirs agrandis, énorme bande d’égouts au milieu et surtout encore plus de place pour les voitures. Pourquoi ne pas avoir profité de cette réfection pour refaire une piste cyclable physique pour rejoindre le centre commercial et le RAVEL?Une conférence aura lieu lundi 21 avril prochain sur l’instauration de Vélib’ à Liège. Cela se passe à 19h30 salle Wittert, en présence de Willy Demeyer (Bourgmestre), de Didier Castagne (GRACQ – Cyclistes quotidiens), Alain Vandenplas (responsable du dossier « Cyclocity » au cabinet du ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet) et François Schreuer, président de la nouvelle association urbAgora, le tout sous la modération de David Leloup, journaliste à « Imagine ».

A Maastricht, une voie rapide existait sur les quais, au-delà du vieux pont. Elle passait sur le pont suivant, là où se dresse fièrement aujourd’hui un centre commercial flambant neuf plutôt réussi esthétiquement (pas comme l’ilôt Saint-Michel). Et bien, ce pont s’est adouci, et est à moitié réservé aux usagers doux de la route. Les voies rapides? Une gigantesque esplanade très exposée au soleil, où il fait maintenant bon déambuler… Tout près des commerces! Et les voitures? De nombreuses places de parking ont été conçues et réalisées juste en face, de l’autre côté du pont où passe le ring et des axes routiers importants, hors hypercentre. On le paie, certes. Mais le choix est laissé d’enfourcher sa bicyclette ou d’employer ses gambettes.

Bref, la mobilité, cela ne s’improvise pas. Au-delà de la gestion contingente, circonstancielle, il y a lieu de mettre en place de véritables politiques réfléchies et équilibrées. Si mon verdict peut paraître sans appel, c’est qu’il est le fruit d’une longue expérience d’exproprié de la route. Je ressens de plus en plus l’omniprésence automobile à Liège comme une véritable agression, et je refuse de me laisser démunir par ce manque de clairvoyance communal. Il est encore temps d’opérer des choix stratégiques! Et bien entendu, je ne parle pas de l’édification de cette autoroute rétrograde sur l’axe Cerexhe – Beaufays. C’est un autre débat. Quels que puissent être les arguments en sa faveur, il est un fait constant qu’elle ne répondra ni à l’engorgement routier (les coûts de congestion), ni aux défis écologique et énergétique auxquels nous serons prochainement confrontés. Cela mériterait des développements, bien sûr. Cher lecteur, tu y auras droit. chaque chose en son temps.

Une femme nue dans les lunettes?

Très drôle d’histoire!

Sur une photo publiée sur le site officiel de la Maison blanche, on voit Dick Cheney orné de magnifiques lunettes de soleil, dans le reflet desquelles certains ont cru discerner une femme nue. Cela dit, il n’y aura pas de NakedwomanGate pour Cheney, l’histoire a été démentie,  traficotages numériques preuves en image à l’appui.

La photo officielle

La photo officielle

Reflet dans les sunglasses

Reflet dans les sunglasses

 NB: il s’agit simplement d’un étrange reflet de sa main qui tient le manche d’une canne à pêche