La saga wé

Quelle histoire que cette affaire Sagawé, pourrait-on dire en bon belge!

A ma gauche, les tenants d’un respect strict de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Ils estiment qu’un jugement coulé en force de chose jugée doit être exécuté, sous peine d’induire un sentiment d’impunité dans le chef des citoyens.

A ma droite, un ménage d’un autre âge qui a élu domicile dans un bâtiment illégal construit par eux en connaissance de cause ; ils avaient déjà été jugés. Ils n’entendent pas se laisser faire et voir leur construction démolie « pour l’exemple » (c’est bien de cela qu’il s’agit vu la tournure médiatique des évènements) et disposent probablement d’un taux de sympathie de 85 % des auditeurs de RTL.

Sagawé

Où trancher?

D’un côté, on ne peut laisser tout citoyen aménager le territoire selon son bon plaisir ; derrière le CWATUP(E) (le code qui régit cette matière) résident une conception particulière de la Wallonie et les règles de sa mise en oeuvre. En principe. A l’heure où le quatre-façade de banlieue péri-urbaine, car porch en option, devient la norme, les pouvoirs publics doivent se donner les moyens d’une politique forte et claire, au-delà de l’effet d’annonce. En commençant par homogénéiser le bloc de compétence sur cette matière (voir la potentielle régionalisation de la loi Ikéa).

D’un autre côté, dans le cas Sagawé, le signal vient après de nombreuses tergiversations, sources de conflit entre l’ancienne majorité MR et l’actuelle cdH (voir Le Soir et La Libre). En outre, on peut discuter l’opportunité de sévir dans un dossier particulier – a fortiori dont la presse s’est emparé – au titre d’exemple. Vouloir faire l’exemple en matière d’infractions urbanistiques, c’est aussi planter les germes d’une discrimination.

En bref, vous constaterez qu’il est difficile de trancher. L’image qui ressort est probablement celle que dénonce la presse ; celle d’un politique qui peine à se dégager de la mêlée et à assumer ses choix sous la constante pression médiatique. L’essentiel, constatant combien il est difficile de revenir en arrière une fois la construction érigée, est d’adopter une approche préventive. Mais l’aménagement du territoire ne peut être sacrifié aux intérêts particuliers!

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