Le contre édito (n° 2)

L’école est finie

Cette semaine encore, Mme Klein, décidémment inimitable, se livre à de belles envolées lyriques complètement dénuées de sens. Inutile d’ergoter longuement sur le sujet même retenu pour cet édito; les examens scolaires s’achèvent de plus en plus tôt… Comment va-t-on occuper les gosses? Franchement, je vous demande la pertinence de cette question à 3 semaines des premiers examens qui finissent. Le Vif étant un hebdomadaire, Mme Klein aurait pu réserver sa diatribe à la mi-juin; ce n’est pas comme si d’autres échéances, autrement plus importantes, allaient prendre place en Belgique!

A nouveau, selon moi, l’entièreté de cet édito tombe complètement à côté de la plaque. L’occupation des gamins après les examens n’est vraiment pas une préoccupation majeure, n’a rien à faire dans un édito et, surtout, est prématuré comme sujet de réflexion. L’édito soutient une circulaire du cabinet Arena rappellant la « possibilité de partenariats pour la valorisation du temps-libre », tout en rappelant, il est vrai, que ce simple rappel est peut-être insuffisant. Mme Klein critique la pratique qui consiste, dans les établissements scolaires, à réduire au maximum le temps de cours pour des tas de raisons. Le directeur doit assister au conseil de classe, les décisions de celui-ci sont susceptibles de recours, les syndicats d’enseignants « ont fixé (…) la rentrée au 1er septembre, pas avant« , à l’issue des grandes grèves de 1990.

Ce que Mme Klein dit en substance est que, peut-être, les établissements ont quelques obligations en plus (alors qu’ils croulent sous une charge administrative et des contrôles démesurés), sans toutefois rappeler l’origine de ces contraintes et, surtout, considère les enseignants comme des tire-au-flanc (voir le rappel des grèves de 1990 et leurs revendications). « Bien sûr, il existe encore des écoles qui ont à coeur d’organiser les conseils de classe en soirée. Il est toutefois temps de se demander si toutes ces heures de cours perdues n’expliquent pas, au moins en partie, les piètres performance de notre enseignement d’aujourd’hui« . Bref, à nouveau, elle va chercher les mauvaises causes aux vrais problèmes.

Et d’embrayer sur le point le plus douteux de son exposé, à savoir le lien fait entre le temps-libre, trop important, alloué aux élèves en fin de session, et les résultats du test de lecture. J’ai pu écrire tout le mal que je pensais de ce test de lecture. Il n’est pas pertinent, pas plus, me semble-t-il, que d’en rattacher les résultats à la fin précoce des sessions…

En conclusion, juste pour la bonne bouche, un peu de Mme Klein dans le texte, à lire de préférence avec un accent « bonne groseille ». « A la fin de chaque trimestre, c’est pareil. Pour cause d’examens et de délibérations, les congés dans l’enseignement secondaire commencent plus tôt que prévu. (…) Pour la plus grande joie des exploitants de salles de cinéma, mais aussi des cafetiers et des épiciers du coin« . Bref, de ceux chez qui devraient être publiés de préférence les éditos de Mme Klein…

Les jeunes et la politique

Mai ’68, c’était la grande époque du « tout au politique »! Ha, c’est que les gens qui sont actuellement établis au pouvoir ont connu tant et plus de discussions passionnées, dans le fond des estaminets les plus obscurs; combien de fois n’ont-ils pas, selon leur propre aveu, refait le monde à 20 ans? C’était le bon vieux temps. Aujourd’hui, les jeunes s’en foutent de la politique. Ca ne les intéresse plus. Ils sont tout juste bons à consommer, apprendre à produire et consommer encore.

Alors, notre Premier ministre a trouvé une splendide solution pour que les jeunes se réapproprient la politique, puisse la comprendre intuitivement et se passionner pour Guy le Lapin bleu. La page internet, formellement estampillée VLD, nous apprend ainsi que Guy aime le soleil et les spagetthis mais n’aime pas le racisme, que la couleur préférée de Guy le Lapin bleu est… le bleu (le fondement de son engagement libéral?) et, enfin, que Guy était déjà très laid quand il jouait au foot. Je doute de la pertinence de l’initiative et voudrais ajouter une simple remarque de bon sens.

N’y a-t-il pas une contradiction, quelque part, entre vouloir (ré-) intéresser les jeunes à la politique et fixer la date des élections (en 2004 et 2007 en tous cas) en plein mois de juin? De facto, une raison aussi stupide que placer les élections en pleine période de session, que ce soit au niveau secondaire ou supérieur, ne conduit-elle pas bon nombre d’étudiants à l’impossibilité matérielle de s’engager? A vrai dire, je n’en sais rien. Je suis cependant bien certain que cela n’aide pas; moi-même aurais été ravi de m’investir plus, de lancer l’un ou l’autre projet de réflexion, mais je dois placer mes priorités.

Les élections sont quand même le moment fort de la politique démocratique et, pour peu mobilisatrices qu’elles puissent être en Belgique, elles suscitent malgré tout un effet d’engouement compréhensible. Je trouve dommage que toute une frange de la population, susceptible de se passionner avec ardeur, soit mise dans une situation difficile pour s’engager, malgré les discours. Sauf à reléguer ses études au second plan, « ce qui serait très mauvais pour la relance économique »…

Le sport (dé)forme la jeunesse

La Poste en grève généralisée et toujours pas de service minimum! Bon, je dois avouer que le service minimum n’emporte pas ma conviction en ce que je trouve le droit de grève acceptable, pourvu qu’on en respecte les conditions d’exercice. Toutefois, me voici le vendredi bien dépourvu de Vif/L’Express pour m’amuser un peu. Donc, il faudra patienter pour le contre édito n° 2, même s’il est avéré que la patience attise le désir.

Alors, puisque la RTBF, autre service (rendu à qui?) public, n’a pas fait grève, j’en ai profité pour regarder le JT. Deux premiers gros titres: dopages à la chaîne (de vélo) et circuit de F1 Spa-Francorchamps. Deux aspects d’un même phénomène qui gangrène le milieu sportif: sa mercantilisation à outrance.

Le cyclisme ne verra certainement pas son image ternie par les aveux en cascade d’anciens champions. En effet, cette image est déjà noircie et raccornie, brûlée par les quatre coins. En 1996, au Tour de France, ils étaient tous dopés. Je m’abstiendrai de tout historique fastidieux, mais mon constat est le suivant; le cyclisme ne pourra pas, en l’état, se racheter une virginité. Sponsors, firmes (notamment pharmaceutiques ou médicales), « écuries », sont entrés progressivement dans un système qu’il sera illusoire de vouloir combattre en multipliant les contrôles anti-doping. Il y faudrait, pour ainsi dire, le discrédit le plus total et le plus sombre désaveu public, ainsi, sans doute, qu’un changement de paradigme y consécutif…
La Formule 1 à Spa-Francorchamps, c’est un autre dossier que je me garderai bien de retracer de long en large. Ce que j’aimerais faire, si j’étais en possession des chiffres, c’est comparer le budget investi dans le circuit, au regard de ceux consentis à la mobilité dite « douce ». 35.000 tonnes d’asphalte, c’est ce qu’ils ont dit au JT de la RTBF. J’aurais préféré que les pouvoirs publics s’en servissent pour enterrer de la tôle et des moteurs.

Le contre édito (n° 1)

« Il y a de saines colères ».

Pour cette semaine du 18 au 24 mai 2007, l’édito du Vif/L’Express est consacré au procès des responsables inculpés dans le cadre du meurtre des paras belges, en 1994, à Kigali. Ces décès ont provoqué de grandes souffrances auprès des familles des victimes et la presse a abondamment relayé l’émotion qui se dégageait des témoignages des veuves de ces paras.

Que le problème abordé soit important, je ne le nie pas. Qu’il soit prioritaire, j’en doute. Qu’il trouve sa place dans un édito, mon bon sens me crie le contraire. Après, excusez-moi du peu. Mme Klein y va de sa traditionnelle comparaison avec Ségolène Royal – les femmes dans une « saine colère », « révoltées », grotesque et déplacée. Que je sache, François Hollande n’a pas encore subi le sort des militaires dont nous parlons.

Ressasser inlassablement la mort de ces dix paras n’est pas non plus, me semble-t-il, un service à rendre à ces veuves. Le problème, treize ans après, ce sont les erreurs de procédure ou les inerties qui peuvent peser sur ce dossier. Au-delà, il s’agit de la mort, certes tragiques, de dix militaires d’une unité d’élite décédés lors d’une mission à risque. Point.

C’est tout simplement scandaleux d’évoquer « une des pages les plus noires de notre histoire et de celle du peuple rwandais ». Mme Klein a-t-elle fait le compte des victimes rwandaises? Ces innombrables personnes génocidées à l’arme blanche, si elles pouvaient s’exprimer, se formaliseraient-elles de la mort de … dix paras? C’est un manque total d’humilité et de mise en balance dont fait preuve cet édito.

En dernier lieu, venir parler de « politiquement incorrectes » ou « d’irrévérencieuces » au sujet des veuves de ces paras, c’est aussi se tromper de champ lexical. Ces dernières, en effet, mènent un combat admirable, qui vaut très probablement la peine d’être relayé, et bien plus ouvert sur la société rwandaise et les victimes du génocide. Leur exigence de justice est saine et doit être soutenue. Elles expriment leur souffrances lors de procès qui – jusqu’à preuve du contraire – ont bel et bien lieu, et quoi de plus normal?

Décidément, cette « saine colère » digne, selon Mme Klein, de Ségolène Royal, est tout à fait légitime et s’inscrit dans un cycle procédurier complexe. Pas de quoi crier au grand barnum citoyen ou au politiquement incorrect. Le vrai politiquement incorrect, c’est ce qui se trouve aux antipodes de ses éditoriaux, c’est poser des bonnes questions et y apporter une réflexion tangible.

En attendant les idées probablement dévouées à la justice sociale dont Mme Klein voudra peut-être bien nous faire part, dès vendredi, à propos des chiens dangereux qui causent des pauvres victimes innocentes…

Nouvelle rubrique

Comme l’indique le titre, j’ai le plaisir et l’honneur de lancer cette rubrique en réaction à une nouvelle abérration de la presse francophone.

Abonné depuis un certain temps au Vif/L’Express, lequel reste un hebdomadaire de qualité, j’ai à de nombreuses reprises apprécié la justesse de ton ou la lucidité exprimée dans leurs éditoriaux. L’éditorial est à mes yeux essentiel à un journal, en ce qu’il consiste vraiment en une tribune d’opinion, un lieu privilégié du « parler vrai », bref, un endroit où l’on fait encore du journalisme et non pas du copier/coller d’info factuelle prémachée (Associated Press).

Seulement, voilà. Jusque là, de talentueux journalistes s’essayaient, avec plus ou moins de succès et un joyeux pluralisme, à cet exercice difficile. Difficile en ce que, à mon sens, l’édito en dit long sur la philosophie et l’angle d’attaque du journal en entier.

Or, depuis deux mois, suite à des conflits internes, un véritable putch a eu lieu au sein de la rédaction du Vif/L’Express, et la lourde tâche de rédiger des édito a échu à une certaine Dorothée Klein. C’est une catastrophe. Je pèse mes mots, c’est une catastrophe.

Environ huit ou neuf éditoriaux rédigés par ses soins depuis son arrivée et il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. J’ai lu, de mes yeux lu, que l’intérêt manifesté en Wallonie pour les élections françaises – lesquelles ont failli porter une femme au pouvoir – augurait d’un possible rattachement à la France!

De manière générale, ses éditos passent complètement à côtés des vrais enjeux, stigmatisent des combats dépassés ou loins d’être primordiaux, posent les mauvaises questions, tombent à côté de la plaque… C’est le triomphe du droit-de-l’hommisme au rabais, de la cause médiocre ou surranée, de la compassion féminisante.

Une ardeur et de très vilains propos que je suggère dorénavant, chaque week-end et à compter de demain, de remettre en perspective s’il y a lieu. En effet, il serait dommage de laisser gâcher cette belle tribune par un disours dégoulinant qui situe de facto son registre sémantique dans le champ socialiste – au sens mesquinerie et assistanat du terme.

Di Rupo est un raciste!

Elio di Rupo, dans un débat visible à cette adresse, déclare mot pour mot: « Ma mère disait toujours: ‘on ne noirçit que plus noir que soi‘ ».

Raciste, va!

Je reparlerai de ce débat dont la simple organisation est scandaleuse. Ensuite, je vais lancer dans ces prochains jours une chronique qui sera peut-être bien appellée à devenir hebdomadaire. Je dis peut-être, car cela ne dépend pas que de moi… Et je n’en dit pas plus!

Venus by the end

Après dix ans de bons et loyaux services – ce n’est un scoop pour personne – l’excellent groupe belge Venus a mis un terme à ses activités musicales. La scène « belge francophone » de s’en ressentir… Venus en était un des plus brillants représentants, à la cheville duquel beaucoup des jeunes pousses peinent à arriver!

Ils se sont séparés en fêtant leur anniversaire, dans une Ancienne Belgique Box pleine comme un oeuf et en présence de leurs nombreux amis (voir photo), pour ce qui restera dans les annales comme un grand moment musical et émotif. Espérons que ce tour de magie laissera une trace dans nos rayons à dvd préférés…
Site web de Venus