Milan San Rémo

Il faut absolument que mes lecteurs sachent. J’ai assisté samedi à la plus grande scène de frustration à laquelle il m’a jamais été donné d’assister. Voilà comment s’est déroulée cette anecdote aux accents de private joke. A 16h, la course de trotinettes de la XI° Légia arrive à son terme. A la même heure, il en va de même pour la course cycliste, classique parmi les classiques, de Milan – San Rémo. Bienheureux fut celui qui en tout bonne foi avait amené sa télévision noir et blanc avec antenne, permettant ainsi la diffusion de cette course-ci simultanément au déroulement de cette course-là. Toujours est-il qu’une bonne partie des staffs, fans de cyclisme devant l’Eternel, ont jugé bon d’assister à l’arrivée de Milan – San Rémo plutôt que d’assister leurs collègues pour la gestion de la fin de course. « Pour quoi faire? », rétorquerons les intéressés, mais c’est un autre débat.

Quoiqu’il en soit, sur ces entrefaits, deux personnes, ayant probablement développé un sentiment d’abandon très fort, surgissent à l’improviste dans la pièce où trônait le poste de télévision incriminé. Ni une, ni deux, l’un coupe la télévision, l’autre la dérègle… à 250 m de l’arrivée, en plein sprint, alors que tous les coureurs étaient sur le fil qui pour arracher la victoire qui pour se la faire dérober de justesse.

S’ensuivit alors une scène d’égarement collectif, d’incompréhension abasourdie, auxquelles succédèrent des scènes d’indignation incontrôlée, puis d’attitudes justificatrices. Dans un troisième temps, c’est la plaidoirie qui a doucement pris le dessus; il n’avaient pas le droit de couper cette télévision! Dieux, quel spectacle plaisant c’était là. Je me suis régalé. Je félicite tous les protagonistes de ce divertissement des grands jours. Bravissimo! Bis repetitae!

J’en ris encore. Si par hasard cela intéresse encore quelqu’un, Tom Boonen a bien levé les bras en passant la ligne d’arrivée, non pas pour saluer sa propre victoire, mais plutôt celle, inattendue, de son collègue italien Pozzato.

Passage à l’offensive

La presse tient notre ami commun à tous Jean-Claude van Cauwenberghe. On dirait carrément qu’elle va jusqu’à lui enjoindre un ultimatum, ou en tous cas cela y ressemble. Petit rappel: en fin d’année passée, juste après sa démission pour les affaire de la Carolorégienne, où le pauvre petit martyre s’était injustement fait traîner dans la boue, le Vif/L’express publiait un dossier incendiaire sur le bonhomme. Il y avait, dit-on, documents à l’appui, donné de très bons tuyaux immobiliers à un copain entrepreneur, en connaissance de cause. Van Cau avait également magouillé pour s’offrir une magnifique villa du côté de la Côte d’Azur avec ce même copain, relate encore le dossier. Bref, du gros rouge qui tache!

Suite à ces propos plutôt accablants, Van Cau a fait son va-t-en-guerre, dénonçant et annonçant urbi et orbi que l’affaire n’en resterai pas là. Il allait, selon ses propres termes, « faire parler la poudre ». Un mois plus tard, rien. Son avocat est contacté, cette fois par La Libre Belgique, afin de savoir où en est le dossier. « Ca vient, ça vient ». Effet d’annonce, on s’en rend bien compte. Quel intérêt Van Cau a-t-il à courir un procès médiatique à l’avance s’il n’est pas sûr de son coup? En même temps, pouvait-il décemment laisser l’article du Vif pour lettre morte? Non plus.

Donc, effet d’annonce, Van Cau tire à boulets rouges (forcément) sur le journaliste auteur du dossier, Van Cau promet un procès… Dieu sait si ce mécanisme est bien rôdé en politique, et combien l’inadéquation entre les promesses et les faits peut parfois se révèler abyssale. Mais voilà; cette fois, un journaliste tenace s’est fait le serment de ne pas oublier ces déclarations et d’en vérifier le suivi. C’est comme cela que, le 17 mars, un long article est publié dans La Libre Belgique, à nouveau, fustigeant les aises que prend Van Cau avec le dépôt de sa plainte.

Action/Réaction. Vendredi passé, Van Cau a déposé sa plainte en bonne et due forme. De mercredi à vendredi, il est difficile de dire si l’article de La Libre aura servi de déclencheur. Mais un chose est sûre: sans pression médiatique, cette plainte n’aurait jamais vu le jour. Attention, nous prévient un article tout récent de La Libre: l’affaire n’est pas finie, le procès n’est pas plaidé, et… L’intégrité rédactionnelle du journaliste du Vif ne doit pas être remise en cause! A bon entendeur!

City Parade

La City Parade 2006 n’aura pas lieu à Liège. Ce n’est pas foncièrement une mauvaise nouvelle, même si les autorités liégeoises ont encore été inadéquates dans la motivation de leur décision. Personnellement, j’ai du mal à trouver de l’intérêt à ce cortège tonitruant, qui grouille d’exentriques bon marché. Cela dit, je ne peux que constater le rayonnement international que ce type de manifestation donne à certaines villes… Alors je me demande si c’est en réduisant le chômage en engageant 35 stewards de la ville (j’en reparlerai un de ces jours) ou en créant une sorte d’aqualibi entre les Guillemins 2006 et le Holiday Inn que la ville va se trouver un second souffle!

La bourgeoisie

Extrait choisi du Manifeste du Parti communiste:

« Partout où elle [la bourgeoisie] a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du «paiement au comptant». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale« 

Marx & Engels

Chatoyantes nouvelles

Bonjour à toi, cher lecteur!

Veuillez m’excuser cette période de silence relativement longue, pour laquelle je m’excuse. En effet, mon attention – et mon temps libre, ont été méchamment accaparés par une vilaine « interrogation dispensatoire portant sur l’intégralité de la matière ». En bref, j’ai eu un examen, pour un cours dont l’intitulé était « Développement économique et social depuis la révolution industrielle ».

Pour l’anecdote, et comme ça, cher lecteur, je n’aurai plus de secret pour toi, il faut savoir que la matière a été arrêtée à… La crise et la consolidation de la Révolution industrielle en Belgique! Bref, on a vu absolument tout sauf ce que prévoyait l’intitulé du cours.

Enfin bref, ces conneries ne sont pas importantes. Ce qui importe vraiment aujourd’hui, c’est qu’on a découvert le premier spécimen d’une espèce probablement appelée à révolutionner la biologie. Cette nouvelle espèce, je te le livre sans ambage, cher lecteur, a été découverte suite à une mission, à environ 2300 m de profondeur dans les fonds marins.

Et oui, il existe bel et bien ce qu’il convient d’appeler des crabes poilus, des homards à fourrures, ou plus généralement une mode d’hiver, même chez les crustacés!

Voleur maladif


Georges P., le plus vieux voleur de Belgique (78 ans), a une nouvelle fois été placé sous mandat d’arrêt. L’individu avait été interpellé mercredi par la police locale de Zomergem alors qu’il était en train de voler de l’argent dans une urne de collecte de dons d’une église. L’homme avait été arrêté le 3 février dernier pour des faits similaires, puis libéré sous de sévères conditions, notamment se présenter quotidiennement au poste de police.

Spécial UMP!

Bienvenue dans ce spécial UMP!

Je vous propose, en marge de ce petit texte sans ambitions, de détecter l’intrus parmi les photos postées au long de l’article.

L’UMP française, et je commence par le plus grand, c’est tout d’abord un Président, que vous connaissez toutes et tous, lectrices et lecteurs, j’ai nommé Jacques Chirac. Son cas n’est pas si désespéré, rapellez-vous: il a gagné les dernières élections avec plus de 80 % des voix. Chirac est un homme pragmatique, politicien jusqu’au bout du bout, mais mauvais politicien. Il manque de courage et passe son temps à retourner comme il peut toute situation à son avantage, ou à essayer de le faire, bien souvent maladroitement, d’ailleurs. Et c’est l’Union européenne qui en prend pour son grade!

L’UMP française, c’est ensuite et avant le premier ministre, un ministre de l’intérieur. L’homme fort, c’est lui, c’est Sarkozy. Ha! Ca, du courage, il n’en manque pas. Politiquement, c’est un bélier. Tout droit sorti de la ferme. Ses initiatives populeuses aux relents xénophobes sont très appréciées par une partie des Français, et très peu par les autres. « Sarko », de son petit nom, ne s’embarasse pas de considérations qu’il estime inutile, manque de nuance, porte des jugements de valeur sur certaines catégories de personnes, mais au moins donne parfois le sentiment de faire avancer certaines choses, me dicte mon honnêteté intellectuelle.


L’UMP française, c’est enfin De Villepin, qui a une tête d’aristocrate, malgré qu’il se conduise en bon prolétaire vis-à-vis de son patron, le grand Jacques. De Villepin exaspère par ses discours creux et longs, mais auxquels il a vraiment l’air de croire; c’est peut-être pour ça qu’il est encore la où il est. Lui, on le critique pour son CPE, un plan d’embauche des jeunes. Précarité totale pendant 2 ans (période d’essai de la taillabilité et de la corvéabilité à merci du jeune), tout ça en postulant que réduire quelques charges va induire une augmentation d’emploi.


Solution 1: l’intrus, c’est Sarko, la photo n’est pas truquée, et c’est le seul dont le nom ne prête pas à un jeu de mots facile (chie, raque, et vile pine, c’est pas moi qui l’ai dit)

solution 2: si demain je suis patron et qu’on me permet d’engager des jeunes en réduisant à max les quotisations sociales, et qu’en plus je peux les virer quand je veux, c’est cool, je n’engage plus que des CPE, ce sera plus rentable. Le long terme, je l’emmerde.

solution 3: « pump my tunes » by PJ Chirac (le Président Jacques Chirac), un morceau d’anthologie à faire tourner sur vos platines! Yo! Click Click Click!

Dans le prochain numéro, nous nous occuperons de la gauche française et de son fameux PS. Comment? Ha, la régie me signale qu’il n’y a actuellement plus de PS en France. Mouais, je vais pas me rabaisser à rire de Le Pen ou Laguillier, hein.

GDF > Suez > Electrabel

Petit rappel des faits; sous l’impulsion de l’UE, l’Etat belge est contrainte de libéraliser Electrabel. Les activités de cette entreprise publique englobent la vente et le trading d’électricité et de gaz naturel, la production d’électricité et l’exploitation de réseaux de distribution.

Jusque là, cette entreprise était érigée en monopole public, et ce notamment dans un but d’assurer une mission de service public. L’idée de l’UE est la suivante; dans la mesure où l’Etat belge maintient un monopole (c’est-à-dire est le seul acteur économique sur le marché de l’électricité), il entrave le principe de libre-concurrence.

L’idéologie européenne, qui a entraîné des privatisations dans presque tous les secteurs où intervenait le public en Europe, soutient qu’une concurrence libre et non faussée privilégie le consommateur. Cela signifie que lorsque l’Etat ouvre au privé un marché dans lequel détenait un monopole, le privé est censé se développer, via un certain nombre d’entreprises. Interviennent alors les règles de concurrence; le prix vont naturellement s’ajuster vers le bas, sous l’impulsion commerçante des entreprises privées qui ne cherchent qu’à maximiser leur nombre de clients, et ainsi leur profit.

Rien de bien neuf jusque là. Sauf que des fois, le processus aboutit à des résultats totalement désorientants. C’est notamment le cas avec la libéralisation d’Electrabel. L’Etat belge libère le capital de l’entreprise; il n’en faut pas plus (en schématisant), pour que Suez, un groupe énergétique français, viennent racheter tout Electrabel.

Des conditions sont négociées, mais Electrabel échappe une première fois aux autorités publiques au profit d’un conglomérat économique plus important que le seul marché belge. Difficile, déjà à ce stade, pour un autre privé, d’investir sur le marché belge, qui est par définition un petit marché peu rentable, lorsqu’une entreprise de cette envergure y trône.

C’est alors qu’à peine quelques mois après ce rachat, une autre entreprise, encore plus grande, Gaz de France, annexe le groupe Suez. Cela se fait via une manoeuvre protectionniste du gouvernement française tout à fait douteuse du regard du droit européen de la concurrence (Suez était sur le point de fusionner avec Enel, un groupe italien).

Résultat; il n’y a toujours qu’une seule entreprise sur le marché belge de la distribution d’électricité, et elle est d’une envergure encore bien supérieure à ce que représentait l’ancien monopole de l’Etat belge. Le marché belge est entièrement sous contrôle d’un des groupes énergétiques les plus importants du monde, réduisant virtuellement à néant l’instauration d’une concurrence dans le secteur.

Comble du comble, et cela je le tiens d’un de mes professeurs, M. Herbiet: l’Etat belge aurait, dans le cadre de cette libéralisation, estimé qu’il avait encore une mission de service public à suivre, dans ce secteur. Or, le privé ne s’embarasse pas de mauvais payeurs. Donc, un fonds à la charge du contribuable sera mis sur place pour permettre à ceux qui ne paient pas leur facture d’électricité de ne pas en être totalement privé.

Quel effet pervers de la philosophie européenne; en l’espèce, en voulant casser un monopole, au prétexte qu’il était préjudiciable au consommateur, non seulement on en crée un plus conséquent, non seulement tout contrôle échappe à l’Etat belge, mais en plus c’est encore à lui de payer les pots cassés! Tout cela est en dépit du bon sens.

Il y a vraiment une réflexion de fond à mener sur ce principe de concurrence débridée soutenu avec tant de force par l’UE. N’est-il pas naturel qu’en laissant cinq lions affamés dans une arène, il ne finisse par n’en rester plus qu’un, énorme parce qu’il aurait mangé tous les autres. La libre concurrence n’a-t-elle pas une date de péremption, des limites dues au fait que la concentration du privé va nécessairement s’exercer jusqu’à des positions dominantes, voire de monopole.

La commission européenne veille au grain; j’attend sa réaction. En Belgique, Test-Achat est déjà monté au créneau. Avec quels résultats? J’attend de voir!

Ska Ska Ska!


Rendez-vous tous demain soir, samedi 4 mars, à la Soundstation, rue Pouplin, à 4000 Liège, pour un super concert de Ska!

Au menu: Skaïra, Orfeo et Skarbone 14. Du ska, du ska, du ska, de la musique de bourrin, mais ça va danser à crever, surtout peut-être avec les excellents Orfeo.

Venez vous défouler, vous faire du bien, et danser jusqu’au bout de la night, tout ça pour la très modique somme de 7 malheureux euros. Pour ressortir ma ritournelle culturelle; c’est plus rentable qu’un Kinépolis!

Be there or be damned!