Consultation populaire à Liège

Ce lundi 22 décembre, le conseil communal de Liège a voté à l’unanimité en faveur d’une consultation populaire portant sur la question : « Souhaitez-vous que la Ville de Liège pose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015 »? Il a été décidé qu’un quorum de participation de 16000 votants rendrait le suffrage recevable et que, dès maintenant, une commission issue du conseil communal et présidée par l’échevin de la culture travaillerait au montage d’un dossier de candidature. Cette commission sera appelée à ouvrir grand les portes du débat démocratique à tous les acteurs, associations et institutions concernés, ainsi qu’à travailler en toute transparence, avec de réguliers compte-rendus publics de l’état d’avancement du dossier.

Le collectif « Liège 2015 » se réjouit très sincèrement de cette issue, et tient à adresser ses sincères félicitations au conseil communal pour sa décision, aussi bien aux partis de la majorité qu’à ceux de l’opposition. Le vote à l’unanimité sur un sujet aussi politiquement délicat, à une encablure d’élections lourdes d’enjeux, est un témoignage de bonne foi de la part de tous les acteurs concernés. Le collectif estime maintenant réunies les conditions nécessaires à la tenue d’un débat de qualité et appelle le conseil à poursuivre ses travaux dans la voie de respect mutuel et d’esprit constructif pour laquelle il s’est prononcé, en se dotant pour ce faire des moyens suffisants.

Voici une belle manière de clore provisoirement la trilogie mouvementée, très mouvementée, de Liège 2015 et de l’introduction de la demande de consultation populaire annoncée dès le 27 juin. Pour rappel, en voici le mode d’emploi, qui donne peut-être une vague idée de l’immense travail accompli par Alain De Clerck, François Schreuer et tous ceux qui se sont investis avec beaucoup d’abnégation et un volontarisme en béton armé pour que cette consultation puisse avoir lieu. L’enjeu culturel sera maintenant placé pour un temps au cœur des débats publics.

Quelques remarques sur cet épilogue temporaire.

Avant

Quels qu’aient été les aléas menant à la décision adoptée à l’unanimité par le conseil communal de ce lundi 22 décembre, l’important est précisément qu’elle ait été adoptée, qui plus est à l’unanimité. Je suis persuadé que les épisodes animés, voire franchement bordéliques, qui ont conduit par une improbable alchimie à susciter la cohésion du conseil communal, font partie intégrante de sa décision unanime. Voudrait-on en réécrire la trame, voire le scénario, que nous serions bien en peine de le faire. C’est la raison pour laquelle je tiens à maintenir, après réflexion, mes deux billets précédents, pourtant rédigés dans le feu de l’action et sans le moindre recul. Je peux témoigner qu’il réside quelque chose de proprement initiatique dans le cours de ces événements.

Maintenant

D’ores en avant, le collectif va se doter d’une structure juridique et du cadre formel qui lui ont fait défaut jusqu’à présent. Il veillera bien entendu, tant que faire se peut, à la bonne tenue des débats initiés par le conseil communal et à y contribuer utilement. Pour ma part, je resterai bien entendu à la disposition du collectif pour jouer les petites mains, me rendre utile lorsque (et si) le besoin s’en fait sentir. En effet, d’ici quelques petites semaines, je serai appelé sous d’autres lattitudes pour des motifs professionnels, et ce pour une longue durée. Cher lecteur, n’aie crainte : pour le 22 février, je donnerai procuration!

Ils en parlent

La Libre

La Meuse (I et II)

Actu 24

RTL Info

Le phœnix Liège 2015

Poum! Bardaf… C’est l’embardée!

En effet, le collectif Liège 2015 a introduit ce jour les signatures nécessaires à la demande d’organisation d’une consultation populaire.

Attentif aux nombreuses réactions, il a préféré remettre le mandat démocratique qui lui avait été confié à ceux qui le lui réclamaient et qui en avaient le droit.

A titre personnel, je suis satisfait de ce qui, loin d’être un dénouement définitif, marque toutefois un aboutissement certain dans une démarche longue, harassante, épuisante, qui peut maintenant laisser à place au débat, aux idées, à la confrontation. Gageons que ceci se fera in fine au plus grand bénéfice de l’objectif final, qui est de promouvoir, de faire rayonner et de consolider la culture à Liège en général.

Les positions manifestées par le Collège communal restent pertinentes et le combat mené quant à la création d’un pôle des arts émergents devra être continué. Mais il ne peut faire l’économie d’une réflexion plus générale. Les 22000 signataires, les médias et les partis de l’opposition vont pouvoir s’approprier le débat qu’ils nous ont réclamé, au même titre que le collectif ou le Collège.

Voici le communiqué du collectif :

Mesdames,
Messieurs,

Le collectif « Liège 2015 » a annoncé mardi la conclusion d’un accord avec le Collège communal.

Toutefois, en accord avec les 22 000 signataires qui lui donnent sa force et sa légitimité, le collectif a décidé de ne pas en rester là et de soumettre au vote populaire la question « Souhaitez-vous que Liège dépose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015 »? Par cet acte, le collectif restitue le mandat démocratique qui lui a été confié à qui de droit.

Suite à la décision de la Communauté française de raccourcir au 1er mars 2009 le délais pour se porter candidat, le collectif exige l’examen de sa demande à la séance du conseil communal de lundi 22 décembre prochain, par son inscription en extrême urgence à l’ordre du jour. En outre, renseignements à l’appui, il affirme que la consultation peut matériellement être organisée d’ici la mi-février 2009 et que cette échéance doit être respectée par les autorités compétentes.

Enfin, le collectif se réjouit du débat démocratique qui va désormais s’ouvrir pour la culture à Liège et maintient son entière ouverture aux résultats des délibérations du conseil communal de lundi prochain.

Le collectif Liège 2015

Ma clarté sur Liège 2015

Cher lecteur, tu n’es pas sans savoir que le Comité Liège 2015 a décidé d’écarter la piste d’une consultation populaire et de nouer un accord avec le Collège communal concernant la création d’une fondation fonctionnelle (lieu, équipe, moyens financiers) et durable dédiée aux « arts émergents ». L’accord porte également sur différentes revendications à faire émerger conjointement devant les autorités compétentes – communautaires, régionales, européennes, etc.

Par souci d’honnêteté, de clarté et de transparence, je voudrais donner ma position strictement personnelle sur l’évolution du processus et sur l’accouchement difficile, très difficile, sur l’accouchement particulièrement douloureux de cette décision. Je voudrais revenir un peu plus longuement, pour ceux que cela intéresse, sur ma position au sein du bureau, en ma qualité d’initiateur de la consultation populaire.

1. Lancer la consultation populaire

Je n’étais pas spécialement partisan du lancement de la consultation populaire, en juin, mesurant les innombrables difficultés qui nous attendaient ; mes estimations les plus lourdes se sont, en sus, avérées bien en deçà de la réalité. Initier une consultation populaire est un processus extrêmement lourd, vraiment. Or, le collectif a réussi à obtenir 22 000 signatures, ce qui est un exploit, mais dont je voudrais que l’on restitue la juste portée. Ces 22 000 signatures sont avant tout le fruit du travail acharné d’une poignée d’acteurs très volontaristes, qui ont sué sang et eau à les récolter.

2. Pour l’ouverture et la négociation

Depuis septembre, j’ai lancé des signaux d’alerte concernant la suite des événements et les stratégies à long terme que le collectif aurait dû planifier et mettre en œuvre. En particulier, j’ai soutenu avec force l’amorce d’un dialogue avec les autorités et l’adoption de positions d’ouverture par le mouvement. Malheureusement, il s’est avéré extrêmement difficile de mener ces discussions de fond, si essentielles, notamment en raison de la collecte de signature qui accaparait toutes les énergies disponibles. J’en porte d’ailleurs mon entière part de responsabilité : je n’ai vraisemblablement pas été suffisamment disponible et impliqué, et/ou j’ai échoué à imposer ces débats sur lesquels a toujours primé la recherche de signatures, qui étaient et qui restent le ciment du collectif.

3. La consultation impraticable à tous points de vue

La consultation populaire n’est plus une issue envisageable depuis un bon moment. Pourquoi? Parce qu’endéans un délais raisonnable, il était encore possible de plaider un recomptage rapide des signatures. En deçà de ce délais, écoulé depuis maintenant plusieurs semaines, le Bourgmestre aurait parfaitement pu, et à bon droit, réclamer un délais légitime de vérification de la demande. De ce fait, les marges temporelles dont nous disposions étaient extrêmement serrées, trop sans doute.

Il était parfaitement impossible d’espérer pouvoir tenir la consultation dans une période propice et suffisante à l’introduction d’un dossier. Autrement dit, impossible de tenir la consultation avant le 1er mars, date limite de dépôt de la candidature. En outre, le temps manquait pour préparer un dossier cohérent, construit et sensé ; au-delà, rien ne garantissait son succès dans la décision prise par le Comité paritaire chargé de statuer sur le dossier, que du contraire.

Ajoutons à cela que je maintiens que la consultation était un processus éminemment dangereux et contre-productif :

– nous n’avions ni les moyens humains et matériels de mener campagne de manière adéquate ;

– partant, l’opposition aurait fait campagne à notre place, avec peu de moyens de riposte de notre part, et la consultation aurait sans nul doute été instrumentalisée à des fins pré-électorales bien éloignées de la culture, selon un jeu politique classique et de bon aloi, je n’en disconviens pas, mais différent de l’objectif du collectif ;

– en sus, nous courrions le risque – à ne pas sous-estimer – d’obtenir un taux de participation inférieur au minimum requis pour que le résultat soit recevable (10%) et de couler toute l’énergie investie. Comprenez : sept mois pour recueillir les signatures de 10 % de la population, au forcing. Il aurait fallu qu’au minimum tous ces signataires se déplacent en une seule demi-journée, non en sept mois… un fameux challenge!

– enfin, le processus risquait de s’avérer contre-productif sur le point de vue strictement culturel, d’entériner une logique d’opposition avec de trop nombreux acteurs (y compris culturels) et, in fine, de détériorer la situation existante.

Voilà pourquoi j’ai plaidé très tôt pour l’investigation de pistes alternatives à la consultation, ce qui supposait à tout le moins une négociation et éventuellement une issue concertée avec le Collège.

4. Des négociations houleuses, très houleuses

Toutefois, je suis en désaccord avec la manière dont les négociations se sont déroulées. De très nombreuses erreurs ont été commises, dues probablement au manque de structure et de formalisation des rôles et responsabilités de chacun. Ces erreurs, parfois manifestes et indiscutables, se sont répétées et font que les débats au sein du bureau (l’organe exécutif en charge de la gestion de Liège 2015) ont été – et restent – particulièrement houleux.

5. Prendre ses responsabilités ou dénier

Face à cela, il n’y a pas eu d’autre choix que d’endosser la décision prise, autant à contre-cœur que possible et vraiment très douloureuse au regard du volet démocratique et participatif de la démarche, de cela tout le monde est conscient. L’alternative?  Dénier, dénoncer, faire péter. A quoi cela aurait-il servi de ruer dans les brancards et de tout dénoncer en vrac, même sur des questions de pure forme du processus décisionnel?

D’une part, cela aurait probablement réduit à rien l’accord politique qui a été noué. Or, je suis convaincu que cet accord est une des moins mauvaises solutions qui était accessible au collectif. Partant du principe que la consultation n’était plus envisageable, que le collectif était en retard et donc en position de faiblesse, il lui a fallu faire ce qu’il pouvait avec les moyens (humains et politiques) dont il disposait. L’accord enregistre des avancées intéressantes, bien qu’insuffisantes. Autrement dit, je refuse de nuire au fond lorsque je ne puis dénoncer que certains vices de forme. Accessoirement, je réfute toute logique destructrice qui aurait pour effet de saboter ce qui est acquis, ce qui existe, sans proposer des alternatives constructives.

D’autre part, l’accord noué correspond grosso modo au collectif, c’est-à-dire qu’il promeut non pas la culture à Liège en général, mais une certaine culture alternative et, n’ayons pas peur des mots. Depuis le départ, notre mouvement est cantonné à une certaine frange de la population culturelle, probablement celle impliquée dans ces fameux « arts émergents », notamment en raison du refus de toutes les institutions culturelles de poids de rejoindre notre mouvement. Dès lors, premièrement, cet accord est en adéquation avec la portée du mouvement. Deuxièmement, il proscrit toute critique de la part de quiconque émargerait à une desdites institutions : que des gens du conservatoire ou de l’association X ou Y émettent des critiques ne peut être accepté que dans la mesure ou leur institution d’appartenance a publiquement pris fait et cause pour Liège 2015.

6. Conclusions : ma position

Ma décision est donc d’observer la neutralité par rapport à ce qui se passe. Je regrette certaines choses, mais j’ai maintenant la volonté de tourner la page et de ne pas générer des dommages superfétatoires. Liège 2015 fut une belle aventure, très instructive, et je tiens à en rester là malgré ce que je pourrais regretter ou dénoncer. Je n’ai aucune appartenance politique ni intérêt personnel dans l’aventure. J’ai simplement la volonté de ne pas envenimer à tout prix une situation déjà compliquée.

Toutefois, pour finir, j’accepte de cosigner une carte blanche, car j’estime qu’une position de neutralité en ce qui me concerne est inacceptable en tant qu’initiateur de la consultation : sur ce point, je me dois de rendre des comptes et je suis d’accord avec les faits que restitue – avec beaucoup d’honnêteté et avec vulnérabilité – cette carte blanche, en ce qui concerne la consultation.

Pourquoi Liège 2015 doit aller au bout

En lecteurs attentifs, vous aurez retenu qu’au mois de mai de cette année, un comité s’est constitué en vue de récolter 19 000 signatures pour l’organisation d’une consultation populaire à Liège. Le but? Pouvoir demander l’avis de la population sur le dépôt d’une candidature au titre de capitale européenne de la culture. Cet objectif en soi était une gageure et, pour le dire tout net, récolter ces signatures fut franchement harassant.

Je ne saurais féliciter assez tous ceux qui ont passé des journées entières, formulaire et bic à la main, à répandre l’initiative et y faire adhérer, à partager notre enthousiasme fondateur.

Aujourd’hui, la situation est la suivante : suite à ses déclarations dans la presse (Liège 2015? Une fausse bonne idée et la réplique du Comité Liège 2015), le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, est dans l’incapacité politique d’introduire une candidature sans aller à la consultation populaire. Il s’est clairement et fermement exprimé dans ce sens. Le comité Liège 2015, pour sa part, a été mandaté par plus de 10 % de la population pour porter le projet de capitale européenne de la culture auprès des autorités communales : il ne peut, sauf à trahir tous les signataires, se dédouaner de cette responsabilité. Impossibilité d’une candidature vs. nécessité d’une candidature : le dilemme est insolvable.

Dès lors, la consultation populaire est inéluctable. C’est donc maintenant que les choses sérieuses vont démarrer et une véritable campagne devrait s’amorcer à Liège, en vue de cette consultation.

Voici quelques raisons qui valident, encore actuellement et peut-être plus que jamais, la pertinence de la cause portée par le comité Liège 2015 :

1. Un enjeu démocratique

Indubitablement, avant d’être culturel, le projet porté par le comité Liège 2015 est intrinsèquement politique. Ce n’est pas forcément un choix spontané, mais il est évident que l’introduction d’une candidature est un acte qui relève de l’appréciation des autorités politiques. A Liège, leur appréciation conduit à refuser le dépôt d’une candidature. Finalement, la base du mouvement Liège 2015, c’est une contestation de la validité de cette appréciation et une volonté de rallier les autorités à un projet défendu par la population. A cet égard, l’enjeu démocratique est omniprésent et la meilleure preuve en est l’organisation de la consultation populaire, qui est un levier de démocratie directe. Soulignons que le mot d’ordre, pour tous les acteurs impliqués, est le respect de la procédure légale ; il faut s’en féliciter.

2. Une opportunité culturelle pour Liège

Ne nous y trompons pas : la consultation populaire joue également en faveur des autorités communales. Fortes d’une pression populaire intense et d’un débat aux résonnances importantes, les élus liégeois disposent d’un poids politique majoré dans toute négociation à venir. Autrement dit : avec leur population qui met la pression, les autorités pourront négocier des avantages et des compensations.

Ceci est vrai, par exemple, en ce qui concerne les multiples propositions avancées par Willy Demeyer depuis le début du mouvement « Liège 2015 » : Forum universel des cultures en 2016, exposition universelle en 2017, partenariats avec Mons en 2015, avec Maastricht en 2018 et, plus récemment, l’idée d’une « Métropole Culture ». Si j’ai dit par ailleurs le mal que je pensais de cette dernière initiative, il n’empêche que de nombreuses propositions ont vu le jour et que certaines d’entre elles sont vraiment intéressantes.

Il faut bien se rendre compte que rien de cet acabit n’était proposé avant l’irruption de la revendication « Liège 2015 » : en soi, c’est déjà une victoire. Sinon quant aux moyens, du moins quant à la fin.

3. Un projet en voie de prendre corps

Il a été reproché à Liège 2015 – probablement à juste titre – de manquer de corps et d’un projet culturel structurant. C’est vrai dans la mesure où, d’une part, le mouvement n’était pas légitimé à porter un tel projet et, d’autre part, n’avait pas les moyens humains et matériels d’en poser les fondations. Pourtant, une conférence de presse tenue hier a permis de clarifier les objectifs du mouvement et d’esquisser les bases d’un possible projet culturel pour Liège.

Les objectifs, outre celui de doter Liège d’une projet culturel cohérent – qui fait encore défaut aujourd’hui – consistent notamment à améliorer les conditions d’exercice des artistes, à améliorer la gestion des outils culturels institutionnels et à ouvrir le secteur culturel liégeois aux coopérations internationales.

Quant aux bases d’un projet culturel intéressant à mener, vu l’échéance de 2015 pour une série de projets urbanistiques connexes, la thématique de « l’espace public » pourrait être appropriée fort à propos. Outre l’urbanisme et l’architecture, la reconversion post-industrielle pourrait trouver sa place dans ce projet, de la même manière que la thématique de la place de la culture, du débat, de l’alternatif, de la mobilité douce, au sein de l’espace public commun.

A suivre donc, mais dans l’état actuel des choses, Liège 2015 est déjà une victoire pour avoir amené tous ces éléments…

Soutien international pour Liège 2015

C’est annoncé sur le blog de la campagne de Liège 2015, ainsi qu’un rendez-vous demain (lundi) à 18h30 à l’Hôtel de Ville, pour le conseil communal :

On le sait, le projet de capitale européenne de la culture n’ira pas sans de significatifs appuis internationaux. Fait diplomatique important : ce samedi, sur le coup de minuit, puisque la présipauté indépendante du Groland s’est ralliée à la candidature de Liège.

En attendant de plus amples analyses concernant ce ralliement inédit d’un état indépendant à un projet de capitale européenne de la culture, nous vous livrons ici en primeur l’enregistrement vidéo du duplex qui a eu lieu entre le Groland et la Grand’Poste, où étaient réunis quelques milliers de Liégeois.

On en parle chez himself

Liège 2015 : quand la Communauté française accélère (!)

C’est hier qu’a été lancé l’appel à candidature pour le titre de capitale européenne de la culture par la Communauté Française. Le délai pour introduire le dossier de candidature a été restreint au minimum acceptable en vue de torpiller toute velléité, fût-elle citoyenne (ou à ce motif, précisément), à concourrir à ce titre en dehors de la seule ville dont la candidature soit admise et officiellement soutenue.

Faut-il le rappeler? Depuis le départ, les enjeux de ce dossier se jouent contrairement à la règle européenne et au mépris des plus élémentaires droits procéduriers. Il est à déplorer que la Communauté française, traditionnellement lente et inefficiente, manifeste un entrain déplacé sur ce dossier en particulier. Il est également à déplorer que les édiles politiques communales liégeoises manifestent un manque criant de répondant à une requête légitime, portée aussi bien par des citoyens que des associations.

M. le Bourgmestre Demeyer a largement fait savoir dans les médias, au courant de la semaine dernière, qu’il irait « où il serait le plus utile » en 2009, et que ma foi après 10 ans de maïorat liégeois, un portefeuille ministériel ne lui déplaîrait pas. Interrogé sur le mouvement « Liège 2015 », qui prend bel et bien corps, que cela lui plaise ou non, il se déclare « fier de ce mouvement » le vendredi et, 2000 signatures et un week-end plus tard, se ravise en dénonçant « les pétitionnaires qui exploitent les événements organisés par la Ville ».

Au vu de ces éléments, le comité « Liège 2015 » a pris les choses en main et donné un coup d’accélérateur. Désormais, l’échéance du 18 octobre est fixée à toutes et à tous. À cette date, une énorme soirée est organisée :

Le samedi 18 octobre, une soirée exceptionnelle aura lieu, sous l’égide de « Liège 2015 », dans l’ancienne Grand-Poste, place Cockerill. Aux manettes : le collectif Chokuegambo. Et la programmation sera assurée, excusez du peu, par Jaune Orange, Empreintes digitales et Legendz, réunis pour la première fois. Et quelques-uns des meilleurs musiciens liégeois (Superlux, Compuphonic, Colonel Bastard, Sonar,…) et internationaux (Nathan Fake,…) seront présents.

La mobilisation doit atteindre son apogée : dès ce mardi prochain, tout un chacun est invité à l’inauguration de notre local de campagne, rue du Stalon 4 (voir groupe facebook). Si des proches sont susceptibles de soutenir l’appel et de signer le formulaire légal (il faut habiter Liège et avoir plus de 16 ans), foncez! Un groupe facebook est créé pour toute personne qui s’engage à ramener 10 signatures. S’il atteint 600 personnes, c’est dans la poche!

Consultation populaire, mode d’emploi

Voici la présentation technique que je livrais hier à un parterre de 100 personnes ébahies. Le but est d’organiser une consultation populaire pour que la ville de Liège dépose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015. Le décret prévoit une série de formalités à respecter afin que la candidature soit recevable, que j’ai brièvement exposées.

Précision pour ceux qui voudraient soutenir le mouvement et qui avaient déjà signé l’appel public en son temps : il faut impérativement signer et faire signer à partir de maintenant, sur papier, ce formulaire légal (à imprimer et renvoyer ici) délivré par les autorités communales (uniquement si vous êtes un habitant liégeois de plus de 16 ans). Plus d’informations sur le site internet de la campagne.

Pour le reste, voyez la présentation ci-dessous et la FAQ faite par mes soins (à compléter).

Consultation populaire pour Liège 2015 !

C’est maintenant officiel : une campagne en vue d’organiser une consultation populaire sera lancée ce lundi prochain à Liège. Elle portera sur la question suivante :

Souhaitez-vous que la ville de Liège pose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015 ?

Je me lance dans cette campagne fracassante avec Alain De Clerck et François Schreuer. Comme eux, j’estime que l’enjeu en vaut la chandelle, et je suis convaincu par la pertinence d’ébranler cette (lourde) machine démocratique (et procédurale).

Liège doit vibrer au son de la question culturelle. Un projet d’envergure et surtout – j’y insiste – fédérateur doit être entrepris en la matière. Pour le moment, nous ne sentons ni l’énergie ni la volonté de porter un tel projet au niveau des autorités communales et voilà pourquoi cette démarche prend tout son sens.

L’objectif : recueillir 19 000 signatures papiers de Liégeois favorables à l’organisation de cette consultation. Concrètement, un lancement en fanfare aura lieu lundi prochain, à l’ULg, salle Godefroid Kurth, dès 19h30. L’occasion de nourrir un débat sur la vision, l’envie, les énergies de tous les participants autour de la culture et de distribuer tout le matériel promotionnel (affiches, badges, flyers, t-shirts, autocollants, etc.).

Je peux annoncer un événement concocté par nos soins qui fera date. Cette soirée s’annonce grandiose ! Indice : ce sera la ruée vers l’or…

Voici le formulaire officiel, tel que délivré par le Secrétariat communal hier : imprimez-le, signez-le, diffusez-le auprès de vos amis liégeois, renvoyez-le, parlez-en, appropriez-vous la démarche, sautez dans le train démocratique ; il est lancé à grande vapeur !

Formulaire Ville de Liege

Liège 2015 : happening au conseil communal

Cher lecteur, tu as certainement suivi l’importante médiatisation – à l’échelle principautaire au moins – de l’appel public pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015. De quoi s’agit-il au fond ? D’un titre européen décerné par un jury d’experts au terme d’un examen attentif des candidatures valablement introduites. Voilà pour le principe.

Liège 2015

En réalité, deux problèmes se posent à deux échelles différentes.

Premièrement, ce n’est une surprise pour personne, une ville a été désignée officieusement depuis longtemps déjà, ce qu’ont entériné des décisions des gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne depuis quelques années. Ces décisions accordent notamment des moyens financiers pour monter une candidature solide à cette seule ville, au mépris le plus flagrant de l’égalité qui devrait régner entre les candidats en vertu des prescrits européens.

La procédure de sélection, qui doit respecter des règles européennes, n’est visiblement pas bien intégrée par la Ministre Laanan qui a démontré avec brio, à la fois son ignorance totale du dossier et son très haut respect des procédures en vigueur. En outre, la sélection de la capitale européenne de la culture 2015 serait en phase alléguée de « communautarisation », suite à un leurre grossier de Bart Somers qui jette un voile sur les mécanismes de décision. Bref, rien ne concourt à une grande transparence de la procédure de sélection de la capitale européenne de la culture en 2015. Les promoteurs de l’appel s’en sont ouvert dans un communiqué.

Deuxièmement, l’appel public met le doigt sur un point sensible et suscite une importante ferveur populaire. Or, quel constat peut-on tirer ? Pour l’instant, la majorité politique ne semble pas vouloir donner le change. Il faut espérer qu’un débat constructif se tiendra sur la culture à Liège mais ce n’est pas la voie dans laquelle s’engage actuellement l’échevin de la culture. François Schreuer, sur son blog, indique à quel point les promoteurs de l’appel sont déterminés à aller jusqu’au bout. À commencer par la tenue d’une conférence de presse, dès demain à 10h30 à l’An Vert, lieu de culture alternative en péril de disparition.

C’est pour inciter la classe politique liégeoise à adopter une attitude constructive qu’un rendez-vous est pris ce lundi 26 mai, à partir de 18h, en séance publique du conseil communal. Il ne s’agit pas de perturber les travaux du conseil mais bien d’exprimer pour notre ville de Liège l’envie d’un « mieux » sur le plan culturel.