« Populisme » : tare, qualité ou insignifiance?

L’entrée en campagne de Rudy Aernoudt, en vue des élections régionales de 2009, a causé un émoi certain en Région wallonne. Jusqu’ici, il était perçu comme le grand redresseur de torts de la Région flamande, ce dont les Wallons en général lui savaient le plus grand gré. Avec l’annonce de son programme, qui consiste à remédier aux maux de la politisation et du chomage, Aernoudt a soudainement suscité une fronde réunissant tous ceux qui estiment qu’il devrait cantonner son discours critiques à nos amis du nord.

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Le Soir qualifie hâtivement Aernoudt de « populiste », ayant convié autour d’une même table, dans une démarche dont la noblesse reste à démontrer, ledit Aernoudt et Jean-Marie Dedecker, annonçant un débat entre deux « populistes ». Toutefois, à en croire l’édito du Soir, « le populisme wallon sera propre et éthique ». Faut-il en déduire, par analogie, que le populisme flamand est sale et immoral?

Voici où je veux en venir : quelques soient les retournements d’attitude face à Aernoudt, et indépendamment de sa ligne politique (que je ne partage franchement pas des masses), à quoi correspond cette épithète nébuleuse de « populiste », que l’on accole selon l’humeur du chef ? Qu’est-ce qu’un « populiste » ? L’acception générale du terme est sans conteste négative, si l’on se réfère aux cas Pim Fortuyn ou Jorg Haïder.

Toutefois, Diederick semble penser, comme je l’avais évoqué ici, que le « populisme » – selon la tambouille usuelle faite avec ce terme – présente pour mérite de rendre le discours politique plus largement accessible. En simplifiant les enjeux, ceux-ci deviennent lisibles et, de ce fait, susceptibles d’être débattus. À outrance, diront certains, peut-être à bon droit ; mais la simplification est-elle systématiquement incompatible avec la nuance ?

Et si, finalement, le terme « populiste » ne voulait rien dire ? C’est l’impression qui me reste avec le plus de persistance. Sous cette appellation « fourre-tout », on trouve le meilleur comme le pire, toujours avec un préjugé péjoratif. J’attends avec une ferme impatience que l’on m’édicte les critères du populisme et que l’on me désigne l’autorité (fut-elle médiatique) la plus compétente pour en juger…

Di Rupo dans « Les Salons », campagne on the rocks

Didier Reynders lance la campagne électorale en donnant uppercut (le « mal wallon » ou « la Wallonie au cœur du mal belge« ) sur uppercut (« je suis disponible pour Namur« ).

L’Empereur contre-attaque : on va parler social, économique, écologique et… « dans les salons ». Le lieu nouveau de la lutte des classes est ainsi défini : on se battra « dans les salons ». C’est la prochaine marotte de notre As de la comm’, Elio di Rupo, qui nous déclare, dans une interview au Soir, à zéro question d’intervalle (autrement dit coup sur coup) :

Le président du Parti socialiste [Lui-Même!, nda] est toujours fâché de voir des gens qui gagnent jusqu’au-delà du million d’euros se réunir dans les salons et déclarer que, bien entendu, les autres doivent se serrer la ceinture ! Et que la Sécu ça coûte cher ! Ou que les chômeurs sont des fainéants assistés ! Tout ça, c’est de l’idéologie de droite.

La seconde citation est issue du même registre et le bon vieux salon y tient encore la vedette :

On ne va quand même pas me demander de plonger une partie de nos concitoyens dans la misère parce que, dans des salons, entre un morceau de foie gras et un verre de champagne, on considère qu’il y a trop d’assistés ! C’est juste le contraire.

Bien, vous constatez comme dans quel jus nous sommes partis pour mariner jusqu’en 2009, et je vous fiche mon billet qu’il va en pleuvoir dans tous les sens, tout à l’heure, sur les plateaux télé dominicaux. La campagne est partie et sera, en francophonie, résolument « socioéconomique » (vous savez, le grand-amalgame-qui-vous-parle-de-tout-sauf-d’institutionnel).

Archives gratuites (Le Soir)

À la recherche de vieux sujets poussiéreux, je suis tombé sur un de ces bons vieux articles archivés par Le Soir. Jusqu’à présent, en vertu d’une politique de l’information complètement rétrograde, l’accès à ces archives avait été rendu payant.

Désormais, elles sont gratuites. Où plutôt, elles ne représentent plus qu’un coût dérivé, puisque dorénavant un enregistrement est requis. Il était temps ! À titre d’exemple, j’achevais très récemment un travail universitaire pour lequel les sources citées avant 2007 étaient essentiellement empruntées à La Libre. C’est avant tout une histoire de simplicité et de rapidité à l’ère du trop d’information.

Sur la gratuité de l’information, lire cet article.