Cohen, juste pour le plaisir

Léonard Cohen était en concert à Bruges le 10 juillet dernier. Si je n’en ai pas rendu compte, c’est pour la simple raison que les mots ne suffiraient pas à restituer les émotions indescriptibles que ce moment hors du temps m’a procuré.

Alors, pâle ersatz numérique, voici l’une ou l’autre vidéo comme prix de compensation… (la première est un live de la tournée 2008, enregistré au Canada… Qualité amateur, mais une des moins désastreuses que propose ToiTube).

Via Paul Jorion.

Les Citrouilles, bon pied bon oeil

Forêt nationale, je n’aime pas. C’est une espèce de remise à moutons où s’entassent les ignorants venus consommer du média culturel comme on se baffre de pop-corn au Kinepolis. Le principe ; premier arrivé, premier servi en ce qui concerne les meilleures parties de la salle (celles où on se trouve à moins de 200 m de la scène). Dans la pratique, l’idée est d’arriver super tôt avant le concert pour réserver ses places et pouvoir aller dévaliser un bar prohibitif. Forêt nationale, je n’aime pas.

Smashing Pumpkins

Des milliers de têtes de citrouilles (pumpkins) réunies, donc, et – ça tombe bien – un groupe venu précisément les faire éclater en mille morceaux, j’ai nommé ; les Smashing Pumpkins. Les Smashing Pumpkins, c’est ce groupe qui a bercé mon adolescence avec des tubes dantesques, comme Today, Disarm, Bullet with butterfly wings, Zero et tant d’autres. Séparés en 2000 (j’étais allé à Gent pour la tournée d’adieu) et de retour en 2008 avec une partie historique du groupe amputée.

On déplorera pour la forme l’absence d’écran ; des tribunes où je me suis trouvé parqué, on ne pouvait que vaguement distinguer des silhouettes là-bas au loin.

Hé bien, les Smashing sont de retour et ils sont pas contents! Ils sont venus donner une leçon de rock bien trempé aux amateurs et ils sont plutôt doués dans ce registre. Les tubes s’enchaînent, la plupart joués up-tempo, les atmosphères aussi. Le light show est tout simplement somptueux. La voix de Billy Corgan n’a pas changé d’un iota. Le groupe est solidement en place et balance assez bien ses standards mâtinés de compos plus récentes.

Smashing Pumpkins

Les moments forts se situent au départ, lorsque le groupe entame avec une de mes préférées de leur double CD Mellon Collie & The Infinite Sadness, à savoir Porcelina of the Vast Ocean. Ensuite, on retiendra Tonight, Tonight, vachement bien maîtrisé ; le 1979 version Corgan en solo, seul face à Forêt ; la transition énorme entre Blue Heaven et la destructrice Everlasting gaze ; enfin, Bullet with Butterfly wings scandée à la folie.

Le concert finit sur un délire bruitiste qui tire un peu en longueur, laissant un public comblé et saturé (niveau oreilles), avant un bref rappel pour la forme (c’était une reprise de Superbus, oui ou non?). Un groupe qui tient encore la route du rock aujourd’hui!
chronique sur 7 sur 7

NB : cette chronique s’était égarée dans mes brouillons, la voici publiée beaucoup trop tardivement à usage exclusif de ceux que cela intéresserait…

Déboires du Country Hall : à boire pour Daerden!

Country HallPetit billet pour partager cet excellent article, extrêmement intéressant, du journal Le Soir sur le Country Hall de Liège. Une infrastructure voulue à tout prix par ses promoteurs, inadéquate et inadaptée (quels artistes? quel public? quelle accessibilité?). Véritable gouffre financier pour la Région wallone, le ministre Daerden a voulu faire payer la facture à la Communauté française : le ministre des sports, Eerdekens, refuse. Lors du remaniement ministériel de Juillet 2007, Daerden hérite des sports…

Heureux hasard! Comme le mentionne Le Soir, le ministre n’avait plus qu’à… conclure un accord avec lui-même! Bref, cet article très complet et très bien renseigné est un pavé dans la marre de Daerden. Toujours est-il que la gestion calamiteuse de ce dossier pointe du doigt un manque réel à Liège, celui d’une infrastructure réellement culturelle implantée dans le centre-ville. La Soundstation traverse des heures difficiles et, à ma connaissance, va connaître des bouleversements de ses instances dirigeantes sous peu ; il se rapporte qu’elle pourrait y perdre des plumes culturelles au passage.

A Liège, une salle de 500 à 2000 personnes de capacité, prévue expressément pour des activités culturelles serait la bienvenue, genre l’Eden ou l’Aula Magna (même si cette dernière salle a connu des déboires aussi!). Seraing et son centre culturel, super et bien géré, sont situés trop loin ; la salle des fêtes à Droixhe, c’est fort décentré… la Soundstation est trop petite, pas prévue pour ça à l’origine (l’artiste doit traverser la salle pour monter sur scène, pas de backstages facilement accessibles) et située dans un quartier qui n’attire pas forcément le grand public (Jonfosse, c’est parfois lugubre). Pourquoi vouloir du mégalo? Pourquoi faire un énorme Forum bis au Sart-Tilman, l’endroit le plus inaccessible du monde (aucun bus le soir)? Pour faire venir Jean-Marie Bigard?

Zita Swoon en velouté

Zita Swoon live

Douces sensations chatoyantes. Zita Swoon un soir d’hiver, c’est une opportunité immanquable. La configuration que le groupe propose est inédite pour moi ; A band in a box. Une scène est reconstituée à même le sol, au beau milieu de la salle ; le public l’entoure de toutes parts. C’est intimiste : risqué pour toute formation musicale. La mise à nu est totale.

Zita Swoon dans la configuration A Band in A Box

Et pour le coup, quelle nudité flamboyante! Zita Swoon, ce sont 7 personnes sur scène (un chanteur, un batteur mode lo-fi, un percussionniste cubain, un synthé fou, un guitariste tendre et deux choristes solaires), 7 personnes sur scène et autant d’artistes et de belles individualités. Pour autant, le groupe est synchronisé avec une rare maîtrise et le tout acquiert une cohérence remarquable.

Le flow est intense, l’intimité forte, la générosité ambiante. Le groupe délivre sans fard ses plus belles compositions, faisant la part belle à son répertoire français. Le son, calibré à l’excellence, se répand avec une douce harmonie. La setlist est particulièrement bien équilibrée. Plus tard, un rappel très dansant animera la salle sur des titres moins connus, mais si bons! Le concert s’éteindra paisiblement sur deux titres splendides, très calmes, sur lesquels le public prendra l’initiative de s’asseoir. Magie.

Que rajouter? Ce groupe dépasse tous les clivages, transpire l’originalité et l’amour de son art. A ne manquer sous aucun prétexte!

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=AzKYaVmlidE[/youtube]My Space

Léonard Cohen à Bruges!

Léonard Cohen

C’est officiel, c’est confirmé!

Le plus grand poète de ce siècle, ce songwriter hors pair, cet artiste de grand talent, Léonard Cohen, sera de retour sur les planches en 2008.

73 ans au compteur, des albums précieux et qui ont su se faire attendre.

Grand moment en perspective! Cela se passe à Bruges, le 10 juillet 2008. Pour les tickets, je vous recommande la Fnac (moins de l’arnaque que Sherpa, 52,50 € en placement unique). Autres dates (F, P-B, etc.) sur ce lien.

Radio Léonard Cohen

 

Vidéo de Suzanne au festival Isle of Wight

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Zqu3U05tkAw[/youtube]