Archives de catégorie : Grand Bazar

Le poids des mots

Nuage de tags généré sur l'article "Crise financière" sur Wikipédia

Irène Kaufer écrit un excellent article sur l’importance de problématiser le vocabulaire de la crise économique, autrement dit de refuser le diktat des termes communément employés – et qui pourtant sont lourds d’implications, de significations, de partis-pris.

Dans une chronique de Libération, Pierre Marcelle écrit : « De « la crise » et tout ce qu’elle recouvre, on devrait cesser de gloser avec les mots de l’adversaire (marchés, taux d’intérêts, croissance, déficits publics, inflation, déflation, etc.) qui, la désincarnant, la réduisent à une inéluctable abstraction ; à une expertise » (1).

D’abord, la « compétitivité » (…).

Autre exemple, le « non marchand » (…).

Une intervention salutaire que je complémente de la réflexion suivante:

Excellent, excellent! Très stimulant.

C’est vrai qu’on porte rarement assez d’importance à la signification des mots et à leur portée. Je pense au terme de « gouvernance », aussi, qu’on rabâche à tue-tête dans tous les domaines de recherche, de l’économie à la science politique… Personne n’a la moindre idée d’où ce terme provient, de ce qu’il veut dire (controverses infinies) et surtout de son profond ancrage idéologique. Beaucoup d’oripeaux dont il faut se débarrasser avant de faire usage du terme…

Autre exemple: le Ravel. Le réseau des voies lentes. Dans une société du tout-à-la-vitesse, on ne saurait mieux qualifier ces rares spaces alloués à la mobilité « inutile », lente car elle n’est pas rapide… Piétons, cyclistes, autant dire le réseau de « voies boulet », des voies de cul-de-sac productiviste!

Voir le blog d’Irène Kaufer

Chef Seattle ou la conception sacrée de la nature

Ce petit texte, trouvé récemment sur le site de l’A.S.B.L Grappe, m’a beaucoup touché. Il décrit un rapport de l’homme à la nature fondé, au fond, sur la vertu d’humilité. Cette vertu conduit, par modestie plutôt que par superstition, à conférer au monde qui nous entoure une dimension sacrée. Celle-là même qui est foulée du pied, bien trop souvent, par les développements galopants d’une civilisation technicienne, fondée sur la démesure et l’excès. Aujourd’hui, un certain point de non-retour a été atteint, par rapport à l’état d’harmonie qui a pu prévaloir, jadis, entre l’homme et son environnement. Trop de décennies ont eu l’effet de séparer radicalement ces deux entités, pourtant si étroitement imbriquées l’une dans l’autre. Toutefois, au quotidien, il est bon de se rappeler ce genre de textes, au moment de poser des actes concrets, qui influent un tant soit peu sur le cours des événements et permettent, fut-ce subrepticement, de renouer avec un peu de cette symbiose perdue…

C’est l’homme qui appartient à la terre et non l’inverse

Réponse du Chef Seattle en 1854 au gouvernement américain qui lui proposait d’abandonner sa terre aux blancs et promettait une  » réserve  » pour le peuple indien.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?

L’idée nous paraît étrange.

Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.

Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères.

Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme – tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons, donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres.

Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l’homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l’homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-petre est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y-a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas.

L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle – la bête, l’arbre, l’homme, ils partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir.

Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre. J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait.

Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ?

Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit.

Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune.

Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour – c’est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent.

Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu.

Bons baisers de Belgique

Comme c’est désormais la tradition en Belgique, le Royaume a l’infini plaisir et le très grand honneur d’offrir aux Belges son gouvernement nouveau. Cet année, le bouquet est amer et la coupe est pleine. Le gouvernement neuf de l’an (200)9 est de composition délicate et aux multiples arômes divergents, qui lui donnent une amertume vacillante, avec un arrière-goût de BHV.

Profitez-en bien, petits veinards!

Bons baisers de Belgique et très bonne année 2009!

NanObama

Périscope est de retour après un long week-end d’armistice dans une nature sublime et déconnectée de tout (ce que le lecteur attentif aura remarqué, la cadence de publication sur Périscope s’en étant trouvée ralentie…).

Puisque le bien-être est de mise, reprenons en mode mineur avec cette information insolite relative au nouveau Président des USA, Barack Obama. Un centre d’étude dans le domaine des nanotechnologies, de l’Université du Michigan, a recrée une image d’Obama à l’échelle du nanomètre (le standard de comparaison, pour donner une idée, correspond à un nanomètre = 1/80.000ème du diamètre d’un cheveu…). Son petit nom, cousu de fil blanc : le NANOBAMA.

Cette image, véritable prouesse technologique, est constituée de 150 millions de nanotubes de carbone, soit un des composants les mieux maîtrisés issus de la recherche en nanotechnologie. À cette échelle, le carbone présente la particularité d’être particulièrement résistant.

L’intérêt de cette démonstration technologique? Elle est avant tout envisagée par ses concepteurs comme une voie ludique et privilégiée de communiquer au sujet de la science et de la technologie auprès du plus vaste public.

Source : Obama under the microscope

Nanobama.com

En attendant la fin du monde…


Petite page de publicité sur Périscope, pour un petit blog « BD » vraiment très chouette que je prends plaisir à consulter qui s’appelle « En attendant la fin du monde« .

Je laisse le soin à ses auteurs de se présenter:

« En attendant la fin du monde » est un blog dessiné où les grandes oreilles (Bat) dessine la vie du gros nez (Alex) et le gros nez dessine la vie des grandes oreilles.

Et en guise d’appât, leur dessin du jour (que je me permets de reproduire avec un lien vers leur blog) :

Le message ambigu de la Tchéquie

La République tchèque présidera l’UE à la suite de la France, dès le premier semestre 2009. Les autorités locales lancent dès maintenant une campagne de sensibilisation de l’opinion publique, avec pour slogan un message ambigu. En effet, le mot d’ordre de cette présidence sera, à en croire cette vidéo,
« Evrope to Osladime ». Cette accroche a pour propriété de signifier à la fois « Nous allons adoucir l’Europe » et « Nous allons en faire baver à l’Europe ». Un message à double sens, donc, en forme de clin d’œil aux franges eurosceptiques qui ont le vent en poupe en Europe de l’Est, consécutivement à l’élargissement bâclé de 2004.

Source : cet article du Figaro