L’Euro : stop ou encore ?

flouzeL’Euro, problème ou solution?

Il y a une dizaine d’années, l’Europe se dotait d’une politique monétaire commune.

Une crise financière plus tard, elle se pose des questions: l’Irlande, après la Grèce, connaît une explosion des taux d’intérêts de sa dette et voit son économie gravement menacée. L’Euro, cette politique commune, en est-elle la cause ou la solution?

D’un côté, l’Euro a causé cette crise. Pourquoi? Comme le suggère Paul Krugman, Prix Nobel d’économie, l’Euro est trop rigide et a privé les gouvernements nationaux de marges de manoeuvre dans leurs politiques économiques. Par exemple, il n’est plus possible de dévaluer sa monnaie pour attirer des investisseurs et des emplois sur un territoire national. L’Euro est donc un problème à ce titre, d’autant plus que certains États, l’Allemagne au premier chef, jouent à plein le jeu de cette rigidité.

D’un autre côté, l’Euro peut-il résoudre cette crise? Il est permis d’en douter. En effet, l’Euro, comme toute monnaie, nécessite une véritable politique économique, dont l’Union Européenne peine à se doter. La Commission tente, pourtant, de parvenir à cette fin, mais elle se heurte aux oppositions de bon nombre d’États membres: c’est une question de souveraineté sensible.

Le piège de l’Euro, c’est d’avoir dissocié politique monétaire et économique, de sorte que les États-nation sont dépossédés d’une partie de leur compétence politique, que l’Europe ne parvient pas à prendre en charge. La nature ayant horreur du vide, et les marchés encore plus, les investisseurs s’engouffrent actuellement dans ce vide.

Pour autant, quelles sont les alternatives?

La première est la sortie de l’Euro et le retour aux monnaies nationales. Une plus grande résilience générale du système, sans doute; le maillage formé par les monnaies différentes des États de l’UE serait plus diversifié et, au total, plus stable que ce « grand corps malade » qu’est l’Euro. Au total, je dis bien. Parce que, selon le scénario le plus plausible, cette résilience générale ne serait achevée qu’au prix du sacrifice de quelques États au marché: l’Irlande, la Grèce, demain le Portugal, pourraient devoir faire aveu de faillite, déposer le bilan, restructurer leur dette, et en générer une nouvelle à prix d’or, endettant des générations.

La seconde est une étape significative vers une Europe fédérale, dotée de compétences élargies de politique économique. C’est peu probable à ce stade, comme je l’ai dit, et pourtant n’est-ce pas la seule issue?

Lalibre.be – De l’Irlande au Portugal, la zone euro de nouveau ébranlée.

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