La page blanche de l’avenir de la Belgique

Et voilà. Un blocage de plus.

Le dernier soubresaut d’une série proprement vomitive de circonvolutions en tous sens. Franchement, j’en ai ma claque.

Je ne trouvais déjà pas de mots assez durs pour dénoncer cette irresponsabilité infantile en 2007-2008. Depuis lors, j’en ai perdu jusqu’à l’envie de me forger une quelconque opinion sur ces querelles de bas-étage qui ne conduisent à rien, ni d’ailleurs sur cette situation de blocage permanent.

Lion Rooster fight Walloon Flemish
Cela fait quatre ans que l’on sait que le « compromis à la belge » est mort. Nous ne sommes qu’en train de chercher la manière d’éviter la mort concomitante du pays. Bien évidemment, cette espèce d’improvisation permanente et urgentiste va nous conduire droit dans le mur… La question à se poser est de savoir comment aménager au mieux les dégâts collatéraux.

On part d’une page blanche.

Où sont les politologues? Je les entends égrener des options A, B et C. J’entends des discours rationalisants, rassurants, très cadrants sur ce qui se produit. Aucun ne met en évidence la profonde et intrinsèque irrationalité de ce qui se passe et n’admet avec honnêteté la profonde incertitude liée à cette page blanche.

Alors, allons-y. À l’heure où certains idiots se demandent si on va provoquer (encore) de (nouvelles) élections anticipées, je propose l’option bien plus intéressante de supprimer de facto le gouvernement fédéral. Nous avons assez de gouvernements de parlements en Belgique, et la structure est suffisamment résiliante pour absorber le choc.

une bonne bagarreQue chacun prenne ce qu’il veut, qu’on ouvre la guerre des tranchées, qu’on déclenche la guerre d’intérêts. Espérons simplement ne pas en arriver aux mains. Après une période de chaos et de bordel surgira la stabilité. Essoufflés, exsangues, défoulés, épuisés, peut-être allons-nous alors nous donner une petite tape dans le dos et – pourquoi pas? – esquisser un petit sourire complice. « Qu’est-ce qu’on s’est foutu, pas vrai? ». Un tantinet hasardeux, je le concède. Mais certainement très productif en fin de compte.

D’alternative, il n’y a point. Le chaos a déjà commencé. Vouloir l’organiser est illusoire. La seule règle crédible est d’éviter les affrontements physiques dans la mesure du possible. Alors, laissons les passions se déchaîner dans une tourmente salvatrice.

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