Il faut scinder la sécurité sociale

Lisez cette tribune de Walkowiak: il y explique que l’analyse de Bart de Wever sur l’état de la Belgique est partiellement fondée. Tout plaide, tout est prêt aujourd’hui pour deux entités politiquement et juridiquement distinctes, réunies sous une coupole confédérale, chargée des attributions régaliennes: justice, intérieur, affaires étrangères.

Le reste, tout le reste, il faut maintenant commencer par le brader, sécurité sociale y compris. Tout. Après, on peut reconstruire des mécanismes de solidarité, pleinement délibérés et consentis. On peut aussi ne pas le faire.

Car, que se passe-t-il pour le moment? Les francophones persistent à entretenir de savantes confusions. D’une part, ils maintiennent un flou absolu sur les compétences à régionaliser. Du bout des lèvres, il lâchent à reculons un point de détail. D’autre part, ce faisant, ils font perdurer une logique centrifuge, celle d’un Etat central en voie de délitement au profit de ses entités fédérées. Enfin, ils sont unanimes pour refuser toute modification du régime de sécurité sociale.

Les partis francophones savent ce qu’ils ont à y perdre: ces millions d’euros qui transitent de la Flandre à la Wallonie. Dans leur logique, il faut préserver ces mannes à tout prix. Pas de choix politiques douloureux ni d’arbitrages contraignants dans l’immédiat, certes. Mais, à terme, les partis francophones se tirent une triple balle dans le pied.

Primo, ils cautionnent par leurs actes les reproches qui peuvent leur être adressés par la Flandre: ils reconnaissent bel et bien l’existence d’une solidarité fédérale – c’est-à-dire d’un soutien financier opérant du Nord au Sud. Secundo, sur fond de crainte de déclin économique en Flandre, ils attisent la panique d’une Nation qui sent sa destinée lui filer entre les doigts; ils exacerbent le nationalisme flamand. Tertio, et c’est sans doute le plus important; en se cramponnant à ces mannes financières, les partis francophones s’inféodent de facto, proscrivent la possibilité de reprendre leur sort en main et d’affirmer leur autonomie, dans la douleur certes, mais avec le panache de celui qui sait que demain lui appartient.

Bart De Wever a raison? | RTBF INFO.

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