La stratégie douteuse de l’Open-VLD

Coup de poker: l’Open-VLD se retire du gouvernement, Yves Leterme va présenter sa démission.

Pourquoi avoir adopté une telle stratégie? Alors que le ton était consensuel, qu’un accord semblait à portée de main – à défaut d’être atteint, alors que les rapports semblaient tendre vers une réconciliation pragmatique, l’Open-VLD prend le parti de tout envoyer promener. Alors, pourquoi?

On expliquera doctement ici que c’est un positionnement pré-électoral pour 2011, une stratégie délibérée d’opposition pour faire la cure de jouvence de l’Open-VLD, etc.

Ces motifs ne tiennent que partiellement: voici 4 mois que le parti s’est doté d’un nouveau Président, fraîchement émoulu, un outsider. Si c’était là les vraies raisons, il aurait eu tout intérêt, en concertation avec la base, à quitter le gouvernement dès son accession au pouvoir, en janvier par exemple1.

En réalité, l’Open-VLD se cherche et souhaite s’affirmer en adoptant une position aussi radicale maintenant que le contexte communautaire se (re)-tend, à l’aube d’un accord bégayant sur BHV. Cela pourrait tout aussi bien lui jouer des tours. En se retirant unilatéralement du gouvernement, l’Open-VLD endosse clairement la pleine et entière responsabilité de cet échec, de cet énième échec à résoudre un vieux dossier qui hante la politique belge et dont les citoyens sont usés jusqu’à la corde.

Tous les partis vont maintenant leur tomber dessus et s’en donner à coeur joie. Ils seront unanimement désignés comme responsables. En termes de positionnement électoraux, le parti fait donc le pari que l’électorat flamand – devant lequel il doit rendre des comptes – lui saura gré d’avoir eu la vertu de l’intransigeance et d’avoir adopté cette attitude… Sauf que… Sauf que, cette fois, BHV n’était sans doute plus très loin d’être scindé et qu’à mon sens cette nouvelle crise sera aussi mal vécue au Nord qu’au Sud.

En attendant, les dégâts de cette attitude visiblement réfléchie sont immenses et, pour une fois, je rejoins les commentaires qui la qualifient d’irresponsable. Contrairement à certains éditorialistes flamands, je soutiens avec force que la Présidence de l’UE do matter et que, vu les incertitudes qui à mon sens pèsent sur ses succès électoraux à venir, l’Open-VLD aurait pu s’abstenir de jouer la carte du grand chambard.

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