Le choix du tandem vert-orange

Sur le plan de la colorimétrie, c’est une insulte. Sur le plan des idées politiques, c’est plutôt une bonne chose qu’ECOLO et le CDH soient capables de s’entendre. Les deux partis ont un positionnement qui va un peu plus loin que le clivage matérialiste auxquels se réduisent parfois les deux mastodontes PS et MR.

En ce sens, ils peuvent exploiter des convergences pour monter ensemble une vrai projet d’alternative politique aux niveaux régional et communautaire, pas simplement une oscillation du même balancier, un peu plus à gauche, un peu plus à droite.

Bien entendu, il faut rester modeste : tout d’abord, ceci n’est vrai qu’aux échelons fédérés de l’État et se heurtera nécessairement au fonctionnement de l’État fédéral où, malgré les invectives sévères, PS et MR continuent de gouverner ensemble. Ensuite, ECOLO et le CDH auront en toute hypothèse affaire à un parti plus volumineux que chacune des composantes de leur association (qui par essence est précaire).

Reste donc l’alternative : la Jamaïquaine ou l’Olivier.

La première aura l’avantage d’inclure un MR qui joue le profil bas et la courbe rentrante et qui, numériquement, en impose moins que le PS. Cette option rendrait justice à Bruxelles. Pour autant, elle aurait l’inconvénient d’une forte incompatibilité de programmes (et, partant, d’électorat – ECOLO pourrait notamment perdre des plumes en s’alliant au MR). Nul n’ignore qu’ECOLO se positionne nettement à gauche et que la tendance marquée à gauche du CDH est actuellement prédominante au sein du parti.

La seconde possibilité, l’Olivier, aurait l’avantage d’intégrer le premier parti wallon, le PS, rendant in finejustice au verdict de l’électeur. En outre, les convergences programmatiques seraient probablement plus aisées à établir. Cependant, ECOLO et CDH, forts de leur nouvelle alliance, se trouveraient dans une position délicate par rapport à un partenaire écrasant (numériquement, politiquement et administrativement), le PS, qui ne donne aucun signe de modestie, malgré son résultat en baisse très nette, lors du scrutin.

Alors, la conclusion?

Sur le plan stratégique, le choix du MR semble indubitablement plus intéressant pour l’alliance “orange-verte”, dans l’absolu. Sur le plan de la démocratie formelle (le verdict de l’électeur stricto sensu) et la convergence de programmes, le choix du PS comme troisième larron s’impose. Cette analyse sommaire ne livrera son dernier mot, cela dit, qu’en intégrant une multitude d’éléments de contexte qui feront pencher la balance dans un sens ou dans l’autre : les multiples affaires du PS et leur immodesties, les risques électoraux d’une alliance avec le MR, la composition du gouvernement fédéral, etc.

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