Mensonge et populisme

Décidément, la pilule a du mal a passer. Je lis dans Le Soir de ce jour, sous la plume de Pierre Bouillon, cette formulation qui a manqué de me faire avaler mon café de l’après-midi de travers, tant elle cumule les amalgames que je dénonce sur ce blog : “Quelques jours après la pitoyable mission en Californie”.

Je regrette, mais lorsque l’on parle de “la pitoyable mission en Californie”, c’est un mensonge et du populisme ;

1) C’est un mensonge car la mission de dix jours passait également en Nouveau-Mexique et en Arizona, lesquels États, convenons-en, sont nettement moins sympathiques : dès lors, limiter ce voyage à la Californie est un mensonge ou à tout le moins une contre-vérité ;

2) Cette mission n’est bien évidemment pas “pitoyable” en soi, ce sont certaines des conditions financières (limitées) dans lesquelles cette mission s’est déroulée qui sont – au plus – susceptibles de faire l’objet de ce jugement de valeur. Dès lors, dénoncer par amalgame l’ensemble de la mission et de ses résultats comme pitoyables, messieurs du Soir, c’est du populisme.

Le résultat de tout cela est que l’ensemble des partis se sont accordés sur un règlement concernant les voyages parlementaires, ce qui est globalement une bonne chose ; mieux vaut avoir un cadre de référence partagé par tous. En particulier, je trouve que “l’ajout Ecolo” fait sens (train en deçà de 800 km et fonds de compensation CO2 pour les trajets en avion).

Toutefois, on peut déplorer cette regrettable manie de vouloir laver plus blanc que blanc à une encablure d’élections et de céder le pas à une malsaine pression médiatique en avalisant, sans autre forme de procès, la couleuvre de l’ignominie supposée de cette délégation parlementaire.

UPDATE : à lire cet intéressant point de vue d’Henri Goldman, sur son blog, selon lequel ce voyage est un témoin d’une glissade vers les barreaux 2 ou 3 de “l’échelle de Richter” de la petite corruption. Inutile de préciser que je suis bien plus que d’accord avec ces maux qu’il dénonce, et qui me semble peu ou mal représentés dans l’affaire de ce voyage (même si le point 2 me paraît discutable au nom de l’expérience et de la connaissance du fonctionnement des rouages complexes de la démocratie) :

Un : personne ne peut cumuler plusieurs mandats s’ils requièrent plus qu’un temps plein pour les exercer tous. Deux : personne ne peut exercer plus de deux fois de suite un mandat politique à temps plein, pour conserver intacte sa motivation et sa créativité, et aussi pour éviter la cristallisation d’une caste coupée de la société. Trois : les revenus cumulés de tout mandataire doivent être proportionnés à ceux de la fonction publique, pour des responsabilités et des charges de travail similaires, même s’il faut sérieusement tenir compte de la précarité de la fonction élective.

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