Voyage parlementaire aux USA, en direct d’Arizona

Les parlementaires du Parlement wallon se trouvent actuellement en Arizona, dans le cadre de leur voyage aux États-Unis, passant par le Nouveau Mexique, l’Arizona et la Californie. Ils viennent de passer deux jours et demie (et deux nuits) à Scottsdale, qui est la banlieue cossue (la destination de villégiature privilégiée) de l’agglomération de Phoenix (qui compte pas moins de 4 millions d’habitants).
L’on entend dans les médias ces derniers jours un vacarme assourdissant autour de cette mission, qui pourrait en étonner plus d’un, étant donné la fréquence de ce type de missions, si toutefois nous n’étions en période pré-électorale. Saluons ici l’hypocrisie des groupes de l’opposition qui prônent les voyages-qui-forment-la-jeunesse, sauf à trois mois d’élections et/ou ceux qui usuellement ne se privent pas de participer à de tels voyages et qui ont, très opportunément, décliné cette invitation particulière. Saluons par ailleurs la toute aussi grande servilité médiatique des groupes de la majorité wallonne qui se sont empressés de s’agenouiller sur la carpette et de baiser, émus, les pieds du lecteur choqué (voir Le Soir et La Libre). Mea culpa feint et vil prétexte pour tirer, une fois de plus, la ficelle de la crise économique.

Lavons plus blanc que blanc, adoptons le “Grand Livre Blanc de la Gouvernance des Voyages Parlementaires à l’Étranger à Deux Mois d’un Scrutin”.

Que ce voyage comporte une part trop importante consacrée aux loisirs, je n’en disconviens pas. En revanche, voici ce que je peux dire concernant la journée de travail prévue ici à Phoenix, AZ, au jour d’aujourd’hui :
1. L’Arizona, et en particulier la mégapole de Phoenix (la treizième des États-Unis), sont deux victimes particulièrement meurtries de la crise économique. C’est un coup d’arrêt qu’a subitement expérimenté une économie jusque là exponentiellement florissante. Il est intéressant de s’attarder sur les leviers de cette situation préoccupante, ne fut-ce que pour éviter de les reproduire.

2. Comme la Région wallonne, l’économie de l’Arizona repose de manière réduite sur les industries primaires et secondaires, et peine à trouver des voies satisfaisantes de reconversion économique (d’où l’intérêt d’examiner des pistes de collaboration?).

3. La visite prévue ce 9 avril après-midi à la Shamrock farm ne manque pas d’intérêt : voilà une entreprise agricole / fermière qui joue, en plein désert, la carte du développement durable, du “naturel” et du biologique (dans certaines limites, étant donnée la taille de cet établissement). Les produits de laShamrock farm, très populaires ici, sont par ailleurs très bons (mais ceci n’a rien à voir avec mon propos).

4. Examiner les pistes de coopération économique entre l’Arizona et la Région wallonne fait sens, notamment parce que c’est ici, à Phoenix, que sont situés les headquarters de l’entreprise aéro-spatiale, Techspace Aero, l’un des moteurs du “redéploiement économique” de la Région wallonne et fer de lance du pôle de compétitivité “Skywin” (dans le cadre du Plan Marshall).

5. De manière générale, je constate tous les jours ici combien le système économique et politique fonctionne différemment du nôtre, avec bien sûr des bons côtés et d’autres plus critiquables ; il me semble toujours intéressant pour des parlementaires de confronter leur expérience, leur cadre de pensée ou leurs pratiques, avec celles d’autres instances politiques d’autres pays, d’autres continents. Par exemple, le croira-t-on?, les autorités politiques américaines sont beaucoup plus perméables aux mécanismes consultatifs et délibératifs que leurs homologues belges.

Bref, il me semble que voilà une dossier sur lequel un peu de bon sens et d’esprit critique médiatique ne seraient pas malvenus. Si l’on réfute le bien-fondé de cette pratique en tant que telle, qu’on le fasse de manière constante et pas à deux mois d’élections ; si, en revanche, on en admet le bénéfice de principe, alors il convient de faire preuve d’un peu de circonspection et de faire la part des choses, in concreto, dans le programme, du bon grain et de l’ivraie, de ce que peuvent (ou non) retirer nos élus de ce type de missions.

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