Ma clarté sur Liège 2015

Cher lecteur, tu n’es pas sans savoir que le Comité Liège 2015 a décidé d’écarter la piste d’une consultation populaire et de nouer un accord avec le Collège communal concernant la création d’une fondation fonctionnelle (lieu, équipe, moyens financiers) et durable dédiée aux « arts émergents ». L’accord porte également sur différentes revendications à faire émerger conjointement devant les autorités compétentes – communautaires, régionales, européennes, etc.

Par souci d’honnêteté, de clarté et de transparence, je voudrais donner ma position strictement personnelle sur l’évolution du processus et sur l’accouchement difficile, très difficile, sur l’accouchement particulièrement douloureux de cette décision. Je voudrais revenir un peu plus longuement, pour ceux que cela intéresse, sur ma position au sein du bureau, en ma qualité d’initiateur de la consultation populaire.

1. Lancer la consultation populaire

Je n’étais pas spécialement partisan du lancement de la consultation populaire, en juin, mesurant les innombrables difficultés qui nous attendaient ; mes estimations les plus lourdes se sont, en sus, avérées bien en deçà de la réalité. Initier une consultation populaire est un processus extrêmement lourd, vraiment. Or, le collectif a réussi à obtenir 22 000 signatures, ce qui est un exploit, mais dont je voudrais que l’on restitue la juste portée. Ces 22 000 signatures sont avant tout le fruit du travail acharné d’une poignée d’acteurs très volontaristes, qui ont sué sang et eau à les récolter.

2. Pour l’ouverture et la négociation

Depuis septembre, j’ai lancé des signaux d’alerte concernant la suite des événements et les stratégies à long terme que le collectif aurait dû planifier et mettre en œuvre. En particulier, j’ai soutenu avec force l’amorce d’un dialogue avec les autorités et l’adoption de positions d’ouverture par le mouvement. Malheureusement, il s’est avéré extrêmement difficile de mener ces discussions de fond, si essentielles, notamment en raison de la collecte de signature qui accaparait toutes les énergies disponibles. J’en porte d’ailleurs mon entière part de responsabilité : je n’ai vraisemblablement pas été suffisamment disponible et impliqué, et/ou j’ai échoué à imposer ces débats sur lesquels a toujours primé la recherche de signatures, qui étaient et qui restent le ciment du collectif.

3. La consultation impraticable à tous points de vue

La consultation populaire n’est plus une issue envisageable depuis un bon moment. Pourquoi? Parce qu’endéans un délais raisonnable, il était encore possible de plaider un recomptage rapide des signatures. En deçà de ce délais, écoulé depuis maintenant plusieurs semaines, le Bourgmestre aurait parfaitement pu, et à bon droit, réclamer un délais légitime de vérification de la demande. De ce fait, les marges temporelles dont nous disposions étaient extrêmement serrées, trop sans doute.

Il était parfaitement impossible d’espérer pouvoir tenir la consultation dans une période propice et suffisante à l’introduction d’un dossier. Autrement dit, impossible de tenir la consultation avant le 1er mars, date limite de dépôt de la candidature. En outre, le temps manquait pour préparer un dossier cohérent, construit et sensé ; au-delà, rien ne garantissait son succès dans la décision prise par le Comité paritaire chargé de statuer sur le dossier, que du contraire.

Ajoutons à cela que je maintiens que la consultation était un processus éminemment dangereux et contre-productif :

– nous n’avions ni les moyens humains et matériels de mener campagne de manière adéquate ;

– partant, l’opposition aurait fait campagne à notre place, avec peu de moyens de riposte de notre part, et la consultation aurait sans nul doute été instrumentalisée à des fins pré-électorales bien éloignées de la culture, selon un jeu politique classique et de bon aloi, je n’en disconviens pas, mais différent de l’objectif du collectif ;

– en sus, nous courrions le risque – à ne pas sous-estimer – d’obtenir un taux de participation inférieur au minimum requis pour que le résultat soit recevable (10%) et de couler toute l’énergie investie. Comprenez : sept mois pour recueillir les signatures de 10 % de la population, au forcing. Il aurait fallu qu’au minimum tous ces signataires se déplacent en une seule demi-journée, non en sept mois… un fameux challenge!

– enfin, le processus risquait de s’avérer contre-productif sur le point de vue strictement culturel, d’entériner une logique d’opposition avec de trop nombreux acteurs (y compris culturels) et, in fine, de détériorer la situation existante.

Voilà pourquoi j’ai plaidé très tôt pour l’investigation de pistes alternatives à la consultation, ce qui supposait à tout le moins une négociation et éventuellement une issue concertée avec le Collège.

4. Des négociations houleuses, très houleuses

Toutefois, je suis en désaccord avec la manière dont les négociations se sont déroulées. De très nombreuses erreurs ont été commises, dues probablement au manque de structure et de formalisation des rôles et responsabilités de chacun. Ces erreurs, parfois manifestes et indiscutables, se sont répétées et font que les débats au sein du bureau (l’organe exécutif en charge de la gestion de Liège 2015) ont été – et restent – particulièrement houleux.

5. Prendre ses responsabilités ou dénier

Face à cela, il n’y a pas eu d’autre choix que d’endosser la décision prise, autant à contre-cœur que possible et vraiment très douloureuse au regard du volet démocratique et participatif de la démarche, de cela tout le monde est conscient. L’alternative?  Dénier, dénoncer, faire péter. A quoi cela aurait-il servi de ruer dans les brancards et de tout dénoncer en vrac, même sur des questions de pure forme du processus décisionnel?

D’une part, cela aurait probablement réduit à rien l’accord politique qui a été noué. Or, je suis convaincu que cet accord est une des moins mauvaises solutions qui était accessible au collectif. Partant du principe que la consultation n’était plus envisageable, que le collectif était en retard et donc en position de faiblesse, il lui a fallu faire ce qu’il pouvait avec les moyens (humains et politiques) dont il disposait. L’accord enregistre des avancées intéressantes, bien qu’insuffisantes. Autrement dit, je refuse de nuire au fond lorsque je ne puis dénoncer que certains vices de forme. Accessoirement, je réfute toute logique destructrice qui aurait pour effet de saboter ce qui est acquis, ce qui existe, sans proposer des alternatives constructives.

D’autre part, l’accord noué correspond grosso modo au collectif, c’est-à-dire qu’il promeut non pas la culture à Liège en général, mais une certaine culture alternative et, n’ayons pas peur des mots. Depuis le départ, notre mouvement est cantonné à une certaine frange de la population culturelle, probablement celle impliquée dans ces fameux « arts émergents », notamment en raison du refus de toutes les institutions culturelles de poids de rejoindre notre mouvement. Dès lors, premièrement, cet accord est en adéquation avec la portée du mouvement. Deuxièmement, il proscrit toute critique de la part de quiconque émargerait à une desdites institutions : que des gens du conservatoire ou de l’association X ou Y émettent des critiques ne peut être accepté que dans la mesure ou leur institution d’appartenance a publiquement pris fait et cause pour Liège 2015.

6. Conclusions : ma position

Ma décision est donc d’observer la neutralité par rapport à ce qui se passe. Je regrette certaines choses, mais j’ai maintenant la volonté de tourner la page et de ne pas générer des dommages superfétatoires. Liège 2015 fut une belle aventure, très instructive, et je tiens à en rester là malgré ce que je pourrais regretter ou dénoncer. Je n’ai aucune appartenance politique ni intérêt personnel dans l’aventure. J’ai simplement la volonté de ne pas envenimer à tout prix une situation déjà compliquée.

Toutefois, pour finir, j’accepte de cosigner une carte blanche, car j’estime qu’une position de neutralité en ce qui me concerne est inacceptable en tant qu’initiateur de la consultation : sur ce point, je me dois de rendre des comptes et je suis d’accord avec les faits que restitue – avec beaucoup d’honnêteté et avec vulnérabilité – cette carte blanche, en ce qui concerne la consultation.

15 réflexions sur « Ma clarté sur Liège 2015 »

  1. Alors, va falloir m’expliquer la contradiction entre ce post et celui « Pourquoi Liège 2015 doit aller au bout » !!!!
    Je ne sais pas si vous n’avez vraiment pas d’opinions politiques, mais vous devriez vous y mettre : vous êtes déjà très doué pour retourner votre veste…
    Vous avez réclamé à corps et à cris nos signatures pour avoir un mandat clair : obtenir une consultation populaire. Le reste n’est que du vent.
    Et en parlant de vent, les belles promesses qui vous sont faites sans le moindre budget pour y arriver !
    Vous êtes pitoyables, tous les trois !

  2. Malheureusement, je crois que le monsieur du dessus à raison : vous êtes pitoyables !
    D’un autre côté, vous avez un certain aplomb : parvenir à tenir un discours aussi niais à travers vos différents communiqués du jour, c’est certain qu’il faut assumer ou être complètement déconnecté de la réalité… En attendant, il vous reste la Dentisterie pour en faire un Tapsala 2 !
    Sincèrement, vous croyez un seul instants aux promesses qu’on vous a faites ? Vous avez un accord écrit, avec des engagements formels ? Un calendrier ?
    Je crois que vous avez lâché votre « Tiens » (les 22.000 naifs qui vous soutenaient) pour un bon « Tu l’auras » mais bien profond celui-là !

  3. @ vl

    Merci pour votre réaction. Nous recevons certes beaucoup de réactions aussi virulentes que la vôtre, mais également des réactions modérées ainsi que des réactions parfaitement positives.

    J’ai des opinions politiques, très certainement, sans quoi je n’aurais pas milité au sein du mouvement Liège 2015. Déposer les signatures aurait pu faire sens fin novembre au grand plus tard : or, il se trouve que nous avons fait appel à un statisticien qui nous a démontré que 3000 signatures étaient une marge de sécurité indispensable. Dès lors, nous avons poursuivi la quête de 3000 signatures : le temps nous a manqué. Déposer les signatures maintenant n’a plus de sens : la demande sera examinée au mieux à la mi-janvier par le conseil communal et la consultation ne sera pas organisée avant mai, voire, en vertu du code de la démocratie locale, en juillet, août, septembre ou octobre. Quel intérêt sachant que le dossier doit être rendu en mars?

    Vous qui critiquez avec sévérité et ne cherchez pas à comprendre notre position, où étiez-vous lorsque nous cherchions des soutiens et des relais pour faire signer? Ces signatures, ce sont quelques personnes qui se sont tuées à la tâche pour les obtenir. Quand il faut aider, s’investir, tremper les mains dans le cambouis : personne. En revanche, lorsqu’il s’agit de critiquer, là les esprits chagrins sont légion. C’est une attitude qui, bien que légitime, est un peu légère. J’aimerais de votre part une critique plus construite de ce billet.

  4. @ Helmond

    De nouveau, votre discours tout à fait catégorique méprend l’argumentaire développé. Il faut garder son calme. La présomption de malhonnêteté et de manipulation systématique dans le chef des autorités communales n’est à mon sens pas démontrée à travers vos propos peu nuancés et à tout le moins réfragable.

    Vous devez comprendre que personne au sein du mouvement n’avait intérêt à adopter cette solution, mais que nous avons préféré adopter une attitude constructive, quoiqu’il en coûte.

    Si nous étions allés à la consultation, auriez-vous renoncé à votre croissant du dimanche matin pour venir signer? Vous, peut-être. Mais je vous avoue que je nourris les pires préoccupations sur le degré d’implication de la population sur cette question… Etre d’accord sur le principe, tout le monde l’est. Mais dès qu’il faut se bouger, s’investir ou payer de sa personne… les mêmes casquent. Tout le temps. Cela, vous devez bien le comprendre.

  5. Ma critique peut être construite, mais ma déception peut s’exprimer.
    Si je n’étais pas membre du liege 2015, je me suis battu pour obtenir un max de signatures valables (habitant Liège, 16 ans, etc.). Ce n’était déjà pas si mal que ça, non? Car, si c’était votre combat, nous étions vos guerriers et sans les petites mains que nous avons été, vous n’auriez rien obtenu du tout.
    Je critique car le bourgmestre se serait « tué » politiquement parlant s’il avait essayé de jouer à vérifier les signatures et respecter les délais que vous citez. Car, là, vous nous expliquez le code de la démocratie locale, mais rien n’empêche un Collège de mettre en place une consultation populaire le plus rapidement possible, s’il le souhaite et s’il veut rester en phase avec sa population. Que je sache, 22.000 signatures, c’est plus que le nombre de personne ayant choisi Willy Demeyer comme bourgmestre aux dernières élections communales. N’est-ce pas là une demande qu’il ne pouvait ignorer ?
    Et il le savait, si vous aviez déposé vos signatures, il était dans l’impasse. Sa seule solution était de vous contrer en vous faisant miroiter monts et merveilles, ce qu’il a fait et réussi…
    A mes yeux, votre revirement n’a que 2 explications possibles: une grande naïveté ou un intérêt caché pour l’un d’entre vous. Je préfère croire la première, en espérant que l’avenir me donnera raison.
    Mais là où VOUS n’avez pas du tout été corrects, c’est cette décision de ne pas déposer les signatures n’a pas été prise par le comité Liège 2015, mais par vous 3 seulement, soit en laissant le reste du comité sans explication, soit en ne tenant pas compte de leur avis puisqu’ils étaient contre. Et là, vos justifications ne tiennent plus le coup…
    Que représentent des promesses non budgétisées, un bâtiment en ruine et un accord signé avec une tutelle qui n’est pas la bonne dans ce domaine?
    Et puis, à qui va-t-on accorder toutes ces choses ? A trois personnes qui ne représentent personne, puisqu’ils ont renié 22.000 signatures et qu’ils ne sont élus de nulle part? Va-t-on encore créer une énième asbl pour gérer le tout, dans laquelle vous serez intégrés, en même temps qu’une réprésentation politique répartie selon la clé d’hondt, et donc ou le PS sera majoritaire?
    Qui décidera des personnes qui seront engagées? Et qui payera leurs salaires?
    Non, votre navaïté (ou votre retournement de veste) n’arriveront pas à me convaincre.
    Ma déception est grande et je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas
    Prenez du recul et regardez un peu la situation d’un oeil extérieur, en réfléchissant bien aux intérêts de chaques parties : peut-être reverrez-vous votre position avant qu’il ne soit trop tard !

  6. une réaction sur le site de La Meuse :
    le 17/12/2008 ,6:42.
    Super Giorgio
    Alain De ClerckFrançois SchreuerFrançois ThoreauHonte sur vous.De quel droit avez vous utilisé ma signature pour négocier ?Votre demande était claire. J’y avais souscrit.Je m’étais déjà fait piégé lors de la consultaton publique pour fontaine place St Lambert. Pensant qu’une initiative populaire serait plus démocratique, j’ai signé votre pétition.Aujourd’hui fort de 22 000 signatures vous négociez… je ne vous ai pas demandé de négocier.C’est la dernière fois que je participe à des pétitions, Sorry pour les SDF, les victimes de toute sorte et tutti quanti…

  7. Et contre le genre d’avis exprimé ci-dessus (@ Guy Leboutte), vos arguments ne tiennent pas une seule seconde… Vous essayez de vous rassurer, d’objectiver vos choix et c’est naturel. Mais, en définitive, vous avez joué avec les signatures des pétitionnaires. Et il n’y a rien à ajouter là-dessus… C’est sur ce seul point que votre décision est intolérable…

  8. Bon, relativisons quelque peu…

    Le « collectif » n’avait de légitimité que celle des 22.000 signatures: une fois celles-ci court-circuitées par ses propres porte-parole, il perd définitivement tout crédit. Il ne peut donc plus décemment représenter les Liégeois qui leur ont donné cette position d’interlocuteur privilégié, notamment auprès des instances communales.

    Le collectif n’ayant jamais cru bon de se doter de structures organisationnelles définies, il perd de fait toute légitimité dans la dynamique de promotion de Liège 2015.

    Pour le dire vraiment clairement: c’est la fin de ce collectif, mais, paradoxalement, pas de Liège 2015, dont on risque de continuer à entendre parler, selon un mode opératoire décidément bien liégeois. L’opposition (MR en tête, Ecolo derrière) l’a d’ailleurs très bien vu, qui n’a plus qu’à creuser le sillon et surfer sur la vague d’indignation populaire que ce méchant « compromis » (euphémisme pour reddition, résignation, abandon, sabordage ?) ne manquera pas de susciter… Mon avis est dur, mais ce n’est rien à côté de ce que la presse, la population et certains responsables politiques diront.

    On accusera (on accuse déjà) les personnes à l’initiative de la pétition (particulièrement les deux autres, plus souvent cités – tu es relativement à l’abri) de s’être auto-propulsés pour obtenir des « avancées » finalement très personnelles – et qu’on présente comme des acquis comparables à l’organisation d’un événement culturel européen (selon un système de mesure qui n’est pas sans rappeler l’équation « Liaison CHB-Liège 2015 »). C’est évidemment mesquin et injuste. Il faut voir ce que donnera cette structure dédiée aux arts émergents – il est possible que Liège y trouve son compte à moyen terme, mais ça donne vraiment l’impression que Liège doit se contenter de peanuts au profit de la « Kapitale Kulturelle » (définie selon le Bureau du Plan du PS wallon).

    Il y aurait beaucoup, beaucoup de choses à dire, mais d’une certaine façon, Liège n’a que ce qu’elle mérite – en réagissant trop tard, en ne se dotant pas d’outils de promotion crédibles et stables, en manquant tout simplement d’ambition.

    Tout cela sent le « d’ji vou d’ji n’pou » à plein nez – ce méchant génie qui plane si souvent sur les projets les plus amnbitieux de la ville…

  9. Sur que j’ai eu mal, dans un premier temps. Mais est-ce le fait d’abandonner un bras de fer frondeur, de liégeois bien trempé qui me fait mal ? Ou le vrai but de cette masse de signature ? En mon âme et conscience ? je n’en sais rien. Ou plutot si. Je pense, que la culture, finalement, ce n’est pas ma tasse de thé. J’en suis pas spécialiste. Mais j’ai trouvé cette pétition d’abord, ce défi ensuite intéressant, presque grisant. Patatra. Voilà que les responsables (il y en faut, bien sur) ont l’esprit pratique, et se battent, eux , pour ne pas sortir moulus, détruits, et sans rien offrir. Ils choisissent la raison. Tout le monde hurle à la trahison, de voir ses fiers destriers revêtir la tenue de l’efficacité. Mais finalement, qu’est-ce qui nous gêne le plus ? De ne pas jouer dans ce concours « culture2015 », ou de voir nos représentants défiant les arrangements politiques se ranger pour rejoindre simplement leur but primaire ? Soyons francs. Si le résultat est quelque peu décevant, si il y a peu de promesse, le combat en lui même a porté ses fruits. Et détruire totalement les acquis sur l’autel de la fierté citoyenne liégeoise un peu enfantin. Je me calme donc. Persuadé que la leçon servira aux hommes politiques, et qu’une fois relevés, nos chevaliers repartiront. Secondés, ou non. A voir si NOUS, on s’aplatit en se retranchant derrière la lâcheté des suiveurs. J’ai confiance en eux pour leur intégrité. J’ai confiance en nous pour notre esprit liégeois. Avançons. Merci à eux, malgré toutes mes hésitations. Courage.

  10. Ce soir, je n’en peux plus face à ce qui vient de se passer avec la consultation avortée autour de Liège 2015.
    J’ai lu les arguments de la plateforme Liège 2015 mais je n’avale pas la manière désinvolte dont ces jeunes se sont servis de cet outil de démocratie locale pour, à mes yeux, l’envoyer définitivement à la casse.
    Qu’ils aient négocié une sortie au bénéfice de leur cause, c’est plutôt bien vu quand on traite avec des politiciens où tout se règle dans le rapport de force. Sur ce point, on peut se dire qu’ils ont été moins naïfs qu’ils se plaisent à le dire sur leur site.
    Mais qu’ils aient utilisé pour la première fois à l’échelle de la ville l’outil de la consultation populaire; qu’ils aient réussi, grâce à notre appui et à leur énergie, à rassembler les signatures nécessaires; qu’ils nous aient encore relancé il y a quelques semaines à peine, pour finalement accepter de jeter nos signatures au feu, ça me reste au travers de la gorge. J’estime qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser nos signatures pour autre chose que pour organiser la consultation populaire. Le lancement d’une consultation populaire n’est pas de la démocratie représentative, . Ceux qui lancent la pétition ne sont pas les représentants de ceux qui signent, détenteurs d’un mandat auprès des politiques pour négocier quelque chose à l’avantage d’une cause qu’ils n’ont pas fait sanctionner auprès des signataires.
    Vraiement, aujourd’hui, en jouant de la sorte, ils ont pris sur eux la responsabilité, avec l’aide de nos édiles communaux, de dévoyer à tout à jamais un outil de gouvernance démocratique que d’autres démocraties plus mûres que la nôtre utilisent pour dynamiser la vie citoyenne.
    Ce soir, la démocratie citoyenne liégeoise est en berne !

  11. Les signatures sont encore là non? La structure de Liège 2015 est assez souple non? Si les gens que ça fait hurler de voir leurs signatures toucher leur but veulent aller plus loin, qu’ils se bougent et apportent du soutien à ces 3 jeunes.
    La démocratie en berne… laisser 3 personnes parler pour 22000, ce n’est pas de la démocratie.
    Moi quand j’ai signé cette pétition, j’ai d’abord apporté le peu que je pouvais à « liège 2015 ». Je voulais qu’ils sachent qu’ils ont mon estime et que je leur fais confiance pour régler le dossier. C’est comme ça qu’il le règle, c’est dommage, je sais mais c’est mieux que rien. Et si j’étais convaincu que c’est de leur faute et qu’ils n’ont pas assumé leur objectif, et bien ce serait de ma faute, parce que j’aurais signé un papier sans savoir qui se cachait derrière, sans savoir comment, en ignorant tout sauf le but ultime, en exigeant un résultat dont je ne connais pas les méandres politiques qu’il a fallu parcourir pour finalement ne pas l’atteindre.
    Et qui d’autre s’est battu? Il n’y a pas eu 4 groupes Liège 2015, il y en a eu un seul, formé par qui le voulait vraiment, en l’occurrence 3 personnes, celles qu’aujourd’hui on salit alors qu’elles ne le méritent pas!

    Avant de les guillotiner sur la place public, faisons p-e un tour d’horizon pour savoir si c’est vraiment eux qui doivent payer pour ça, ou bien le bourgmestre, les échevins, la société civile liègeoise et wallone, l’europe, ou p-e même nous même…le coupable n’est p-e pas celui qu’on pense!

  12. Mon avis est un peu long, mais je l’argumente. Rien n’est perdu, sauf l’honneur. Et c’est pourtant la seule valeur qui compte encore dans la guérilla avec le monde politique.
    Le moment est idéal pour un joli coup de théâtre qui sauverait Liège2015 et l’honneur de tous les signataires. Je l’exlique en détail ici : http://ancion.hautetfort.com

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