Di Rupo, les Experts BHV et la crise financière

L’hiver s’annonce rude et l’un des premiers à en subir les effets est Élio di Rupo, le Pap’ du PS. Ayant précocement troqué le col roulé qu’on lui a vu à l’occasion contre son classique noeud papillon (qui fait son grand retour avec la rentrée politique), notre ami Élio a visiblement attrapé une crève des grands jours.

C’est donc enroué comme un chat de gouttière chantant la sérénade qu’Élio di Rupo nous parle de la crise financière au JT de la RTBF (les vidéos sont sur le blog d’himself). À moins qu’en réalité ce ne soit l’émotion qui l’étreigne… Monseigneur di Rupo nous réserve plusieurs citations tructulentes. Morceaux choisis.

Je pense qu’il faut plus de régulation, je pense qu’il faut un Kyoto de la finance

Excellent, camarade : fixons des objectifs indicatifs à l’horizon de 2018, comme ça on est sûr de pouvoir ne pas les remplir!

Les financiers, c’est pour moi une exigence, doivent revenir à la fonction de base de la banque, c’est-à-dire aider les entreprises, soutenir l' »économie réelle » et protéger l’épargne des citoyens !

Bravissimo ! Fortissimo ! Leader Maximo ! Très belle exigence. Comme moi cependant, M. De Brigode est immédiatement taraudé par cette question : n’est-ce pas là un voeux pieux ? Hé non ! Élio di Rupo stocke dans son noeud papillon la solution magique pour mettre les financiers au pas :

Non, ce n’est pas un voeux pieux ! Par exemple, à l’Internationale socialiste, nous mettons au point un groupe de travail avec des Prix Nobel (…).

No comment.

Autres extraits, pur régal :

Comme il y a une enquête du FBI aux États-Unis, il nous faut en Europe et singulièrement en Belgique une commission d’enquête parlementaire.

Le FBI ! Gasp ! On imagine aisément Herman de Croo diligenter une enquête avec une cellule spéciale de parlementaires – agents secrets façon Les Experts Bruxelles-Halle-Vilvoorde. Le grand cadavre à la renverse ! Technologie, laboratoire, analyse ADN de Maurice Lippeux, tout ça pour un rapport imbuvable et inutile de 500 pages… À paraître aux éditions La Chambre en 2010 (si tout va bien).

Maurice Lippens (parlons-en, puisqu’on y fait allusion) pourrait-il avoir un parachute doré ?

Ha, moi, j’espère que non ! C’est une question d’éthique. Il faut remettre de la morale dans les affaires !

À ce stade, je m’embrouille : de quelles affaires parle-t-il ?

Bref, tout ça pour dire que je suis et reste parfois un grand naïf. Les inepties noeud papilloniennes ne devraient même plus m’interpeller, tant il est vrai que la capacité d’Élio di Rupo à tenir un discours en phase avec les événements semble s’effilocher depuis longtemps et n’être plus actuellement que l’ombre d’elle-même.

Le constat de crise grave de la gauche s’étend par-delà l’Europe entière. Si l’on excepte une ou deux sorties médiatiques annuelles (1er mai, etc.), cela fait longtemps que le PS a démissionné du terrain économique, voire a investi sans vergogne ce « néo-libéralisme » ou ce marché débridé qu’aujourd’hui, événements aidant, il aimerait dénoncer. Pour être crédible ce faisant, il aurait fallu que la critique anticipe l’incendie.

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