Archives mensuelles : septembre 2008

Fortis : quel intérêt (tardif) ?

La décision est donc tombée hier soir : les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois vont racheter 49 % de la banque Fortis, pour un montant total de 11,2 milliards d’euros, dont 4,7 milliards à charge du gouvernement belge. Comme le fait remarquer Alain Destexhe, cette somme est équivalente, en ce qui concerne la Belgique, à 10 % du budget du gouvernement fédéral hors sécu. C’est un montant énorme.

Plusieurs éléments de réflexion (deux) : comment se fait-il qu’il ait fallu en arriver à une situation de crise à ce point critique pour que, d’un coup de baguette magique, les éminences politiques sortent du bois ? Fortis allait mal depuis avril et la crise de confiance guettait sérieusement depuis le 26 juin, date d’un appel à capitalisation qui fut un monumental échec (5 % de capital supplémentaire et… 20 % de baisse du cours en bourse). Sans être analyste financier, je m’étais demandé dans ce billet ce qui arriverait si le colosse avait bien les pieds d’argile que l’on apercevait de mieux en mieux. Bref : à quoi est imputable cette énième carence des responsables politiques, débarqués beaucoup trop tard sur ce dossier ? Étaient-ils trop occupés à ne pas résoudre la crise politique belgo-belge ?

Deuxième réflexion : quel intérêt l’État tire-t-il à « nationaliser » (venant de Reynders, le mot prête à rire), autrement dit à dépenser la susdite considérable somme en vue de sauver les meubles de Fortis, sans pour autant y prendre un contrôle majoritaire ? Le PS, Onkelinx et Di Rupo en tête, hurlent à la défense du petit épargnant. Les autres ont l’air de considérer comme normal ou évident qu’une institution bancaire qui va mal doive être sauvée. Alors, de deux choses l’une ; soit l’État s’est fait plaisir en investissant dans une institution en crise, acte qui en soi devrait participer au redressement de la confiance envers ladite institution et, par là, générer à terme du profit pour l’État belge (actionnaire). Soit l’État n’y trouve pas un intérêt direct, mais alors quelle est la raison de cet investissement massif à l’heure où le gouvernement rabâche sans cesse l’étroitesse des marges budgétaires et la nécessité de l’austérité ? Tout cela est encore peu clair à l’heure actuelle, mais gageons que l’on en reparlera.

UPDATE : la confiance est loin d’être restaurée, les gouvernements semblent aussi peu crédibles que les banques. Fortis plonge et Dexia avec. On en parle chez Je suis belge mais je me soigne.

En attendant la fin du monde…


Petite page de publicité sur Périscope, pour un petit blog « BD » vraiment très chouette que je prends plaisir à consulter qui s’appelle « En attendant la fin du monde« .

Je laisse le soin à ses auteurs de se présenter:

« En attendant la fin du monde » est un blog dessiné où les grandes oreilles (Bat) dessine la vie du gros nez (Alex) et le gros nez dessine la vie des grandes oreilles.

Et en guise d’appât, leur dessin du jour (que je me permets de reproduire avec un lien vers leur blog) :

L’Overshoot Day

Brève reproduite via himself :

Ce 23 septembre 2008 : La Terre ne peut plus suivre la vitesse à laquelle nous consommons ses ressources.
En ce 23 septembre, nous avons déjà consommé toutes les ressources naturelles que la Terre aura produites entre le 1er janvier et le 31 décembre 2008, c’est ce que nous appelons l’Overshoot Day. Notre demande actuelle dépasse de 40% la capacité de la planète. Autrement dit, la Terre a besoin d’un an et quatre mois pour produire ce que nous consommons en un an. Ces chiffres proviennent du Global Footprint Network, un organisme de recherche qui mesure la quantité de ressources naturelles disponible et la part que nous en utilisons.

Cela me fait penser à une initiative à la fois semblable et exactement opposée, qui est, si ma mémoire est bonne, le Tax Freedom Day. Si par exemple, l’ensemble de vos revenus est taxé à 40 %, et bien le jour qui se situe à 40 % de l’année, entre le 1er janvier et le 31 décembre, est ce Tax Freedom Day (en Belgique, il se situe aux alentours du 10 juin). C’est-à-dire que, sur la base d’une année, vous arrêtez, à ladite date, de contribuer à l’impôt pour commencer à empocher les fruits de votre labeur ou de votre rente, c’est selon.

C’est amusant comme un même concept (le rapport relativisé sur une année, soit de l’impôt payé, soit de la consommation globale), peut accoucher de deux conceptions totalement différentes. À ma droite, le contribuable égoïste et revanchard qui rouspète contre les finances publiques, la mauvaise gestion de son argent et le délitement de l’État-gendarme. À ma gauche, l’altermondialiste révolté ou le bobo larmoyant, l’un vivant en deça du seuil de l’empreinte planétaire (et ce n’est pas facile!), l’autre vivant largement au-dessus…

N’importe quoi à tous les étages

Ce jour, la NV-A a initié un pseudo-scandale en prenant ses distances avec une majorité qu’au demeurant elle ne soutenait plus que du bout des lèvres depuis un bon bout de temps. Geert Bourgeois démissionne du Gouvernement flamand, ce qui est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver à ce dernier. Le but de ces manoeuvres est clairement pré-électoraliste. Ainsi auto-marginalisée, la NV-A retrouve l’aisance de l’aboiement et devrait japper en tous sens d’ici juin 2009… On s’en fatigue déjà. Au moins, d’ici là, ils seront plus ou moins hors d’état de nuire à la majorité, quoique celle-ci soit sévèrement fragilisée par sa mise en minorité au sein du groupe linguistique flamand. Leur durcissement de ton prévisible aura-t-il les effets électoraux escomptés?

Il me semble que ce soit une hypothèse probable dans la mesure où le reste du gouvernement s’avère incapable de … gouverner, dans la droite ligne de son incurie permanente post-juin 2007. L’ensemble des observateurs est unanime sur l’impossibilité d’arriver à quoique ce soit d’ici juin 2009, soit avant les élections. Au demeurant, ce n’est pas l’indigent rapport des médiateurs (long d’une page et demi et truffé de lieux communs, ce qui est un exploit vu la brièveté du document!) qui va un tant soit peu arranger les choses.

Le scénario est le suivant ; le vrai-faux gouvernement fédéral continue de se voiler la face, et véhicule en façade un message rassurant : « Nous pouvons gouverner et nous nous occupons de vos problèmes ». Bien entendu, l’approche des élections le paralyse, personne n’est dupe ni convaincu et le gouvernement sombre dans l’auto-parodie. Du pain béni pour la NV-A qui peut assouvir son programme de vitupération incessante.

Pour remédier à cela, il suffit au gouvernement de prévoir dès maintenant des élections couplées en 2009 (lesquelles ne semblent plus à l’ordre du jour, malgré un scénario qui a longtemps fait plus ou moins consensus) et d’admettre publiquement son impuissance relative d’ici là, autrement dit d’entériner officiellement l’entrée en campagne électorale. Et de gérer les affaires courantes…

L’écologie au quotidien

Depuis longtemps maintenant, j’entretiens une réflexion sur l’écologie et une série d’enjeux qui gravitent autour de cette thématique générale, comme la mobilité, l’alimentation, etc. Au long de cette période, j’en suis venu à concevoir théoriquement une ébauche de modèle de vie particulier, que j’aspirais à pouvoir implémenter dans la pratique.

C’est désormais chose en train de se faire, dans la mesure où j’ai quitté le cocon familial depuis deux semaines, pour aller investir mon humble demeure du centre-ville de Liège. Loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçons ou en porteur d’un quelconque idéal à atteindre ; il me semble toutefois intéressant de témoigner de mon expérience de l’écologie au quotidien.

Quelle expérience ? Et bien, certains choix de consommation ou de mode de vie que je pose, à titre tout à fait individuel, et qui sont le fruit d’une réflexion de longue haleine menée avec Anne, ma compagne. À raison d’un billet par semaine pendant quatre ou cinq semaines (et plus si affinités), j’essayerai de vous faire partager le plaisir de la confrontation des expériences !

PARK(ing) Day

Ce bref billet a pour but de jeter un éclairage sur un concept que je trouve complètement génial, le PARK(ing) Day. Conçu par le rebar group (« remixing your landscape »), l’idée en est très simple : en s’acquittant de la facture de l’horodateur, il s’agit d’occuper une place de parking et de la transformer, l’espace d’un instant, en un lieu de convivialité.

Un carré de pelouse, une soupe chaude en hiver, lecture de magazines, un stand informatif pour associations, un projet créatif (comme le redesign de panneaux routiers auquel pourrait participer n’importe quel passant), une auberge espagnole, un stand de signatures pour Liège 2015, … les déclinaisons sont potentiellement illimitées. Encore, selon moi, une belle et originale tentative de réappropriation de l’espace public, même si elle présente l’inconvénient de devoir honorer l’affreux bouffe-fric.

UPDATE : le site officiel (moche) du PARK(ing) day 2008 (le 19 septembre prochain)… L’idée d’organiser une espèce de Retrouvailles off (à Liège), ou d’alter-Retrouvailles, sur ce mode-là, pourrait être intéressante à creuser.

Licencié en sciences politiques!

Chère lectrice, cher lecteur,

C’est une page qui se tourne (bien!) pour Périscope.

Votre humble serviteur a été officiellement proclamé licencié en sciences politiques de l’Université de Liège, avec la plus grande distinction, ce samedi 13 septembre dernier. Voilà qui marque la fin d’un parcours dans l’enseignement supérieur long de sept ans (2001-2008) au cours duquel j’ai pu épanouir mes capacités, d’abord en tant que gradué en droit puis, ensuite, en tant que licencié en sciences politiques.

Bien entendu, je serai très prochainement appelé à relever de nouveaux défis, que j’espère tout aussi passionnants et enrichissants que l’a été mon apprentissage scolaire. Concrètement, dans l’immédiat, j’ambitionne de poursuivre la recherche universitaire, éventuellement dans le cadre d’un doctorat (selon les opportunités qui vont se présenter).

J’ignore encore les suites et les contours que je donnerai à Périscope, qui est devenu une interface familière d’expression de mes opinions, de la même manière qu’une nécessaire redéfinition de mes priorités laisse pendante la question du temps que je pourrai lui consacrer. Bref, si j’ai toujours l’envie de présenter des réflexions relativement approfondies et, parfois, mieux fouillées et/ou originales, je navigue à vue pour la suite des événements.

En attendant, je vous remercie, chère lectrice et cher lecteur, pour l’attention que vous portez à Périscope et les riches débats qui en découlent. Quelles que soient les formes que prendra cette plateforme à l’avenir, j’espère vous y retrouver, échanger avec vous et continuer longtemps, en votre compagnie, à porter toutes les idées, bonnes ou mauvaises, à ébullition.

Di Rupo dans « Les Salons », campagne on the rocks

Didier Reynders lance la campagne électorale en donnant uppercut (le « mal wallon » ou « la Wallonie au cœur du mal belge« ) sur uppercut (« je suis disponible pour Namur« ).

L’Empereur contre-attaque : on va parler social, économique, écologique et… « dans les salons ». Le lieu nouveau de la lutte des classes est ainsi défini : on se battra « dans les salons ». C’est la prochaine marotte de notre As de la comm’, Elio di Rupo, qui nous déclare, dans une interview au Soir, à zéro question d’intervalle (autrement dit coup sur coup) :

Le président du Parti socialiste [Lui-Même!, nda] est toujours fâché de voir des gens qui gagnent jusqu’au-delà du million d’euros se réunir dans les salons et déclarer que, bien entendu, les autres doivent se serrer la ceinture ! Et que la Sécu ça coûte cher ! Ou que les chômeurs sont des fainéants assistés ! Tout ça, c’est de l’idéologie de droite.

La seconde citation est issue du même registre et le bon vieux salon y tient encore la vedette :

On ne va quand même pas me demander de plonger une partie de nos concitoyens dans la misère parce que, dans des salons, entre un morceau de foie gras et un verre de champagne, on considère qu’il y a trop d’assistés ! C’est juste le contraire.

Bien, vous constatez comme dans quel jus nous sommes partis pour mariner jusqu’en 2009, et je vous fiche mon billet qu’il va en pleuvoir dans tous les sens, tout à l’heure, sur les plateaux télé dominicaux. La campagne est partie et sera, en francophonie, résolument « socioéconomique » (vous savez, le grand-amalgame-qui-vous-parle-de-tout-sauf-d’institutionnel).

Liège 2015 : quand la Communauté française accélère (!)

C’est hier qu’a été lancé l’appel à candidature pour le titre de capitale européenne de la culture par la Communauté Française. Le délai pour introduire le dossier de candidature a été restreint au minimum acceptable en vue de torpiller toute velléité, fût-elle citoyenne (ou à ce motif, précisément), à concourrir à ce titre en dehors de la seule ville dont la candidature soit admise et officiellement soutenue.

Faut-il le rappeler? Depuis le départ, les enjeux de ce dossier se jouent contrairement à la règle européenne et au mépris des plus élémentaires droits procéduriers. Il est à déplorer que la Communauté française, traditionnellement lente et inefficiente, manifeste un entrain déplacé sur ce dossier en particulier. Il est également à déplorer que les édiles politiques communales liégeoises manifestent un manque criant de répondant à une requête légitime, portée aussi bien par des citoyens que des associations.

M. le Bourgmestre Demeyer a largement fait savoir dans les médias, au courant de la semaine dernière, qu’il irait « où il serait le plus utile » en 2009, et que ma foi après 10 ans de maïorat liégeois, un portefeuille ministériel ne lui déplaîrait pas. Interrogé sur le mouvement « Liège 2015 », qui prend bel et bien corps, que cela lui plaise ou non, il se déclare « fier de ce mouvement » le vendredi et, 2000 signatures et un week-end plus tard, se ravise en dénonçant « les pétitionnaires qui exploitent les événements organisés par la Ville ».

Au vu de ces éléments, le comité « Liège 2015 » a pris les choses en main et donné un coup d’accélérateur. Désormais, l’échéance du 18 octobre est fixée à toutes et à tous. À cette date, une énorme soirée est organisée :

Le samedi 18 octobre, une soirée exceptionnelle aura lieu, sous l’égide de « Liège 2015 », dans l’ancienne Grand-Poste, place Cockerill. Aux manettes : le collectif Chokuegambo. Et la programmation sera assurée, excusez du peu, par Jaune Orange, Empreintes digitales et Legendz, réunis pour la première fois. Et quelques-uns des meilleurs musiciens liégeois (Superlux, Compuphonic, Colonel Bastard, Sonar,…) et internationaux (Nathan Fake,…) seront présents.

La mobilisation doit atteindre son apogée : dès ce mardi prochain, tout un chacun est invité à l’inauguration de notre local de campagne, rue du Stalon 4 (voir groupe facebook). Si des proches sont susceptibles de soutenir l’appel et de signer le formulaire légal (il faut habiter Liège et avoir plus de 16 ans), foncez! Un groupe facebook est créé pour toute personne qui s’engage à ramener 10 signatures. S’il atteint 600 personnes, c’est dans la poche!