Archives mensuelles : juillet 2008

Francofolies + Ardentes = tuer Dour

Une vilaine rumeur se fait jour ces derniers temps au sujet du paysage des festivals musicaux francophones. Selon cette rumeur, les Francofolies de Spa et les Ardentes de Liège feraient expressément alliance, avec l’appui de Clear Channel (prononcez : live nation), dans le but de torpiller leur grand frère à tous, Dour.

Continuer la lecture

Le compromis à la Belge est mort

Un commentaire donné à cet article clamait, comme un slogan, que « le compromis à la Belge [était] mort ». Cette assertion faisait suite aux propos décriés du Ministre De Gucht, connu par ailleurs pour son sens aigu de la diplomatie frontale. De quoi est-il question et comment en est-on (nous, les Belges) arrivés là ?

Il est question de loi du nombre versus compromis à la belge. Pour schématiser, les Flamands voudraient violer la minorité francophone, abusant de leur supériorité numérique pour imposer leurs vues aux francophones. Francophones qui seraient, au demeurant, de fervents héraults du « compromis à la belge », autrement dit des personnes censées et ouvertes au dialogue. Admettons. En effet, c’est une très belle vue de l’esprit, qui fait la part belle aux francophones.

La réalité est toute autre. De part et d’autre de la frontière linguistique, c’est l’obtusion d’esprit qui fait loi. Indéniablement. Il est devenu radicalement impossible de penser la réforme de l’État en termes rationnels ; l’émotif a pris le dessus. La décision politique semble être devenue impensable en elle-même à nos édiles politiques, engoncés dans une dévastatrice lutte des minorités. D’où ma question : comment en est-on arrivés là?

Hé bien, si j’ose me permettre, à mon sens, la Belgique en est arrivée à ce point de non-retour, au pourrissement ultime de la situation institutionnelle, à force de « compromis à la belge ». Aucun accord n’a été enregistré sur la réforme de l’État depuis les années ’70, ou alors sur un plan strictement minimaliste. Il s’agissait plutôt de non-désaccords. La seule réponse trouvée aux blocages a été l’élaboration d’un système politico-administratif ultra-complexe, permettant à chaque partie de défendre son bilan devant ses électeurs tout en ne résolvant les problèmes de fond qu’à court, voire moyen terme.

Personne n’y a jamais trouvé pleine et entière satisfaction, et chaque étape de démantèlement de l’État unitaire fut non seulement source de frustration, mais source de complexité également. Ce phénomène a sans nul doute empiré avec le temps. Les accords de 2001, exécrables, en sont un excellent exemple. D’où un État-pelote emberlificoté, l’impossibilité sévère de jeter de nouvelles bases pour un nouvel État ex nihilo. Tout au plus discutons-nous d’emplâtres sur une jambe de bois, actuellement.

Aujourd’hui, chaque communauté regarde son nombril et accuse l’autre de tous les maux, la faute à des accords bâclés dont personne n’est jamais vraiment sorti satisfait. L’émotionnel a pris le dessus, les réactions se font sanguines. De quoi cela augure-t-il ? Je n’ai pas la réponse à cette question. Mais ce que je sais, c’est que ce n’est pas un énième « compromis à la belge », bancal, boîteux, complexe et, in fine, frustrant pour tout le monde qui résoudra la crise.

C’est plus probablement un « compromis belge », tout court. Sans fioritures, sans excès. Qui jette les bases profondes d’un vivre-ensemble renouvelé, qui fasse fi des médiocrités et turpitudes de rigueur à l’heure actuelle. Qui pratique à un degré élevé (parce que tout cela est allé loin) la tabula rasa institutionnelle. En sera-t-on seulement capables un jour ?

Les Belges bientôt tous encartés!

La carte d’identité électronique est un échec patent, imposé à tous les Belges en dépit de tout bon sens élémentaire. En effet, ce gadget électoral s’est mué en ineptie technologique et laisse perplexe la plupart des usagers. Inutile de le préciser, la plus-value technologique est nulle, faute d’une adresse écrite concrètement sur la carte et/ou faute d’équipement des structures publiques, qui sont loin de posséder le lecteur de cartes ad hoc, en ce compris en Belgique. Résultat : ce fameux papier A4 certifié par les services communaux, qui est la risée du bon peuple. De ce point de vue, c’est carrément de moins-value technologique dont il est question.

Exemple savoureux : une amie proche en séjour à Londres devait faire la preuve de son adresse, par un papier officiel, afin de pénétrer dans le sanctuaire de la British Library (The World’s Knowledge) – dans lequel elle menait des recherches sur des manuscrits enluminés du XII° siècle, soit dit en passant. N’ayant jamais reçu le fameux papier de la commune, elle était incapable de présenter un papier officiel mentionnant son adresse. Allant solliciter, comme de bon droit, le concours du consulat, elle se vit rétorquer avec la dernière sécheresse que « on ne lit pas ces choses-là, ici« .

Cher lecteur, rends-toi compte ! Non seulement ce gadget inutile, voire dangereux (en terme de protection de la vie privée) est très loin de l’efficience intra muros, mais il est de plus totalement inopérant dès que l’on sort des frontières étriquées du petit Royaume ! À Londres, métropole européenne située à 2h de train de Bruxelles, le consulat belge (dont la mission consiste en un appui aux citoyens belges dans les matières civiles)  n’est même pas équipée !

Faut-il lire ici un plaidoyer contre les cartes électroniques ?

Non pas. Une autre carte, quant à elle, malgré son utilité voire sa nécessité, se fait désirer. La carte « hypermobile » (qu’Ecolo appelait de ses vœux aux dernières élections), à savoir la carte de la multimodalité et de l’intermodalité totale, en matière de mobilité, se fait désirer. À l’heure ou la politique de mobilité doit combiner avec la plus grande aisance tous les types de transports en commun (bus, train, métro, tram, vélo partagé, voire même taxi ou pousse-pousse, etc.) et malgré la maturité technique qui rend possible la création de cette carte, son arrivée sur le marché belge semble postposée à 2012.

Faut-il le seriner ? Il y a urgence ! Cette carte devrait, à mon sens, apporter une grande facilité aux plans tarifaires compliqués (parfois jusqu’à l’opacité) des structures de transport en commun et rendrait dans les faits le transport en commun beaucoup plus accessible. Espérons que cette expérience pourra être menée en Belgique dans les meilleurs délais et à l’échelle du pays !

Avis discordants sur la carte tout-en-un en matière de transport en commun :

Carte à puce commune aux transports en commun. Et après ?

Transports en commun et anonymat

Crash annoncé pour Leterme Ier

Plus dure sera la chute…

Information d’une grande importance relayée ce matin par Charles Bricman. Selon un dossier constitué par De Standaard, les carottes seraient cuites pour Leterme Ier. Lui-même serait en train de jeter l’éponge. Les États majors de certains partis seraint mobilisés en vue d’élections anticipées.

Jusqu’à preuve du contraire, on discerne de plus en plus mal quelles solutions de rechange existent encore. Peut-être une campagne anticipée (couplée avec les régionales ?) permettrait-elle de dégager une majorité plus claire ?

Cela dit, les sondages prédisent une montée du cdH et d’Ecolo, combinée à un déclin du MR et du PS. Si ces chiffres devaient être vérifiées, il y aurait au niveau francophone convergence des quatre partis vers un score similaire. Pas évident pour dégager une majorité nette…

Périscope et la Révolution française

Cher lecteur,

Petit billet pour signaler que, comme tout bloggeur qui se respecte, je suis un petit peu attentif à mes statistiques de fréquentation. Inscrit comme il se doit sur wikio, je consulte chaque début de mois ma progression dans le classement (dont je ne comprends pas toujours, au demeurant, les irrégularités).

Bref, je suis passé de la 2749 à la 1789 ème place.

1789, ça ne vous dit rien ? Et si, la Révolution française ! Pour un mois, je suis donc bloggeur révolutionnaire officiel.

C’est également pour moi l’occasion d’annoncer du changement sur ce blog pour le mois d’août et de remercier chaque lecteur de ce blog !

Consultation populaire, mode d’emploi

Voici la présentation technique que je livrais hier à un parterre de 100 personnes ébahies. Le but est d’organiser une consultation populaire pour que la ville de Liège dépose sa candidature au titre de capitale européenne de la culture en 2015. Le décret prévoit une série de formalités à respecter afin que la candidature soit recevable, que j’ai brièvement exposées.

Précision pour ceux qui voudraient soutenir le mouvement et qui avaient déjà signé l’appel public en son temps : il faut impérativement signer et faire signer à partir de maintenant, sur papier, ce formulaire légal (à imprimer et renvoyer ici) délivré par les autorités communales (uniquement si vous êtes un habitant liégeois de plus de 16 ans). Plus d’informations sur le site internet de la campagne.

Pour le reste, voyez la présentation ci-dessous et la FAQ faite par mes soins (à compléter).