Sur le populisme de Dedecker…

Je viens d’achever à l’instant la lecture de cette interview du « trublion » de la démocratie belge qu’on ne présente plus, Jean-Marie Dedecker. Celui-là même qui est taxé de « populisme de drrrrroite (entendez « très à droite ») » et conspué par bon nombres de confrères politiques.

Et pourtant…

dedecker

Et pourtant Dedecker a des côtés séduisants, il faut le dire. Sur son seul nom, on gratifie sa liste de 10 % d’intentions de vote ; cet argument n’est pas insignifiant à l’époque où de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer le respect de l’opinion publique irlandaise. Et puis, à l’instar d’un Alain Destexhe, c’est un franc-tireur ; il ne manie pas la langue de bois. 

 Pour clarifier le débat, je ne suis certainement pas en accord avec bon nombre de ses propos (loin, très loin de là), tels l’exclusion par principe des partis socialistes, ses détestables positions sur l’immigration ou encore sa préférence monomaniaque pour un système majoritaire. Cela dit, il a le mérite d’avoir une ligne politique claire, de tenir des propos cohérents et d’assumer son référentiel idéologique.

Et vient un moment dans un pays compliqué, trop compliqué, où la clarté se fait éloquence, où la simplicité parle aux égarés du dédale politico-institutionnel. A fortiori lorsque 5, voire 7 des 8 partis « démocratiques » (auto-proclamés, par exclusion des autres) sont mêlés directement à la gestion de la chose publique : le discours d’opposition touche forcément une corde sensible.

Bref, ces quelques digressions pour se mettre dans la peau d’un électeur de Dedecker et se dire que, franchement, ce derniers doivent avoir parfois l’impression de tenir une corde – fût-elle fragile, fût-elle gluante – pour sortir du marécage… 

0 réflexion sur « Sur le populisme de Dedecker… »

  1. @ himself

    « Avec les socialistes? Jamais! »

    « La critique est facile quand on est dans l’opposition. Une fois au pouvoir, c’est tout de même normal de faire des compromis…

    Mais moi, je ne monterai pas dans un gouvernement avec les socialistes. C’est ce qui cause la mort de ce gouvernement : il faut composer avec trois idéologies différentes. Et ils ont besoin d’Ecolo en prime pour le communautaire. »

  2. C’est impressionant comme ce type est inintéressant, je ne comprends pas comment La libre a pu lui consacrer 2 pages entières…

    Ses propos sont d’un simplisme affligeant, et on le sent renâcler à l’idée de trop critiquer le vlaams belang…

    Les seuls passages vaguement intéressants étaient ceux où il faisait des considérations purement stratégiques, comme le fait que la LDD est un peu l’assurance-vie de la N-VA (pas faux) ou que la composition de sa liste pour les dernières élections n’était pas vraiment sérieuse (pas faux non plus :p)

    Et quand il parle d’ « islamo-socialisme » à propos de Philippe Moureaux, on est en plein dans la stigmatisation raciste… Mais comme il dit lui-même qu’il n’est pas raciste, ça va alors !

    Comme disait J-M Le Pen : « Je ne suis pas raciste, la preuve mon jardinier est noir !! »

  3. @ Xime :

    Oui, mais c’est clair, hein, il est bien évident que je ne souscris en rien à ses propos. Par exemple, il remet en cause de manière scandaleuse le pouvoir judiciaire lorsqu’on lui demande s’il trouve le Belang raciste :

    « Et le Belang, il est raciste ?

    Il a été condamné pour racisme. »

    Sous-entendu : il n’est pas raciste en tant que tel et subsiste la possibilité, sous couvert d’énoncer un fait, que la justice (acharnée du cordon sanitaire qu’il dénonce par ailleurs) se soit fourvoyée par cette condamnation…

    Ce que j’essaye d’exprimer dans ce billet, c’est ce que tout le monde dénonce et redoute, mais dont les politiciens habituels ne semblent pas prendre la mesure : à savoir tout l’impact d’un discours simpliste et – je le répète – cohérent. Qui ne donne pas l’impression de dire une chose en en pensant une autre, de nourrir des arrières-pensées, etc.

    Honnêtement, si une liste LDD se présente aux régionales de 2009, elle aura clairement un potentiel de dégât impressionnant. Il existe en Wallonie une niche grosse comme un palais d’Orient pour les populismes et les partis-décharge-à-frustration-populaire.

    En bref, sans rien cautionner des propos de LDD, je constate qu’il tient une ligne politique claire (même si simpliste, même si raciste qui ne s’avoue pas) qui possède indubitablement une force de frappe puissante au vu de la gabegie politique actuelle !

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