La vérité sur le Pouvoir d’Achat

Débats schizophréniques dans les médias de ces derniers jours. Le thème est celui qu’on ressasse de manière chronique, à la suite de la France, depuis un bon bout de temps : le Pouvoir d’Achat (je maintiens les majuscules). Qu’en est-il réellement ?

Mes notions d’économie me font dire que l’expression « pouvoir d’achat » désigne la capacité nette de dépense des particuliers, une fois qu’il a été tenu compte de l’inflation. Il s’agit donc de mesurer cette capacité sur une échelle temporelle, en établissant une base comparative solide et pertinente.

Pour autant, sous l’impulsion d’une certaine presse, cette expression qui parle directement aux « gens » (ce sont des mots très percutants, « votre pouvoir d’achat ») a été largement galvaudée au point d’en acquérir la majuscule, sorte d’entité métaphysique plus tellement discernable, leitmotiv irrationnel, chef de file des « vrais problèmes des gens ».

Cher lecteur, vous aurez compris mon malaise : quelle réalité recouvre exactement la chute abyssale – à tout le moins alléguée – du Pouvoir d’Achat?

À vrai dire, ô déception!, je n’ai pas la réponse à cette question et je crois que je ne suis pas le seul dans le cas. En témoignent ces articles parus à deux jours d’intervalle dans la presse, (La Libre et Le Soir) qui semblent souffler le chaud et le froid, soit que leurs bases comparatives divergent, soit que leurs conclusions fassent l’objet d’interprétations radicalement différentes.

Exemple tiré du site du Soir (cliquez pour agrandir) : n’y a-t-il pas une contradiction dans le fait de s’effaroucher d’une inflation galopante comme jamais (titre de l’article) et, dans le même temps, de renvoyer à un article qui annonce que la vie était plus chère avant (colonne de droite) ?

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Une réflexion au sujet de « La vérité sur le Pouvoir d’Achat »

  1. charles

    Plutôt que de parler de « capacité de dépenser », il me parlait préférable de se référer à la capacité à satisfaire ses besoins et ses envies avec l’argent dont on dispose. Car le taux d’inflation nous parle de la valeur de la monnaie avant de nous informer sur le prix des biens. L’inflation se produit quand la masse monétaire croît plus rapidement que la production, avec diminution corrélative de la valeur de la monnaie, et donc augmentation des prix des biens. C’est pour ça que la BCE refuse de diminuer ses taux d’intérêt: s’ils baissent, le volume de crédit va augmenter, et donc la création de monnaie.
    La contradiction entre les deux titres du Soir n’est à mes yeux qu’apparente. Le premier expose qu’il faut une quantité de plus en plus importante d’euro pour acquérir le panier de biens de consommation qui sert au calcul de l’indice des prix, au moment où celui-ci est calculé. Dans le second article, Philippe Defeyt explique que la perception subjective de « perte de pouvoir d’achat » provient en grande partie des modifications intervenues dans les besoins et envies de consommation.
    Mais cela aussi peut vous plonger dans des abîmes de perplexité: suffirait-il d’être en retard sur son époque, de ramener ses besoins et envies à ce qu’ils étaient il y a vingt ou trente ans pour échapper à la baisse du pouvoir d’achat?
    Bonne réflexion!
    😉

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  2. Francois

    Gosh!

    Quelle entrée fracassante dans les sphères érudites de la macro-économie!

    A bien vous comprendre, il s’agirait de ne pas situer le débat sur des terrains différents, d’une part sur la valeur de la monnaie à proprement parler, d’autre part sur les modifications des habitudes de consommation.

    Je ne suis pas encore certain de maîtriser parfaitement tous ces mécanismes économiques, mais votre commentaire jette un éclairage précieux sur la question, merci !

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  3. Francois

    Merci Gilles pour le commentaire et le renvoi vers votre article très intéressant. Il s’était égaré dans les limbes du cyberspamming, je viens de l’en exhumer 🙂

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  4. marie cecile

    le pouvoir d’achant ça me fait rire les même qui se plaignent mais les restos sont pleins, les agences de voyages marchent super bien, faut qu’on m’explique .

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  5. Francois

    Selon le CRIOC, la part des revenus des ménages consacrées à l’alimentaire (un des besoins primaires de bases) n’a cessé de diminuer, pour atteindre un seuil historiquement bas.

    Sans égard au niveau de revenu (13 % des dépenses totales pour les revenus les plus faibles, 11 % pour les plus hauts).

    Ca laisse de la marge, en effet, pour de l’accessoire (une fois épongés les frais de chauffage)… Mais le rapport montre bien que c’est avant tout un changement des habitudes de consommation qui est en jeu…

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  6. seronval

    bonjour,
    je suis un jeune de 19 ans je me tracasse beaucoup sur l’avenir
    pensez vous que de simple ouvrier puisse faire évoluer les chose???
    somme nous obliger de rester sans rien faire ???
    oui il y a des grève mais serve t elle reelement a grand chose ???

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  7. Francois T

    Seronval,

    Vous avez raison de vous interroger et probablement, dans une moindre mesure, de nourrir des inquiétudes.

    Il faut résolument croire en le pouvoir du collectif, quel qu’il soit. Des personnes qui s’associent autour d’une volonté ferme peuvent toujours faire bouger les choses et diriger une partie de leur avenir.

    Je reviendrai probablement sur la grève de ce lundi prochain bientôt…

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