« Prise d’otage » : illustration

Comme à l’accoutumée, les mouvements de grève du personnel de la SNCB ont suscité de nombreux débats sur le service minimum. Il y a-t-il une spécificité de la grève dans le cadre d’un service public? En d’autres termes, les travailleurs d’une entreprise privée ne prennent-ils pas en « otage » les clients et fournisseurs de ladite entreprise? Je veux dire par là : il est difficile d’apprécier la réalité d’une « prise d’otage », a fortiori lorsque le fait de porter le mouvement contre l’usager est le seul moyen de donner un écho aux revendications manifestées.

Pour autant, la réalité est là, brute et méchante : je suis venu à Liège ce matin par mes propres moyens. J’apprends à l’instant que les chauffeurs de Liège ont débrayé par « solidarité » avec leur collègues. Or, les motifs de cette manifestation sont tout simplement inacceptables : un chauffeur, ancien paracommando, a commis des violences graves, qui plus est sur une personne handicapée, pour lesquelles il est inculpé.

Bon, je l’ai déjà exprimé, je n’ai pas encore de position dogmatique tranchée sur les questions de grèves dans les services publics, ni sur le service minimum. Cela dit, les chauffeurs et syndicalistes devraient prendre garde aux conséquences de leurs actes, car les faits sont là : en l’espèce, les motifs de la grève sont inadmissibles et, en l’absence de tout avertissement, des usagers se retrouvent dans des positions inconfortables. Dans ces conditions, les futurs mouvements sociaux et leur légitimité seront probablement moins bien acceptés… Moi, ce que j’en dis, hein?!

0 réflexion sur « « Prise d’otage » : illustration »

  1. Les bus qui font grêve dans toute la Wallonie parce qu’un de leur conducteurs qui a sévèrement tabassé un handicapé passe en pénal.
    Heureusement que la solidarité est là parce que c’est vrai que la vie est injuste tout de même.

    On se doit de protester, c’est vrai, ils ont raison les bussiers, parce que personne ne défend les pauvres Chauffeurs tabasseurs!

    Mais, on en oublie encore beaucoup et beaucoup trop souvent dans bien d’autres domaines, des injustices: les policiers ripoux, les banquiers détourneurs, les curés pédophiles, les politiciens carolos, les militaires facho, les wallons chomeurs, les flamands séparatistes, les princes magouilleurs, les étudiants tricheurs, …

    Alors pour tout ceux là, les TEC ont décidé d’organiser encore plein d’autres journées de grêves surprises (pas la peine de demander quand, mais pour vous aidez j’ai une indication quand même: quand vous en aurez vraiment besoin), pour ces vraies causes, qui sont tout à fait défendables et surtout honorables.

    D’ailleurs les TEC ont trouvé un nouveau slogan dans un chanson de Jacques Brel:

    TEC: pour toujours au service (public) de l’honneur!

  2. @ Gillou : oui j’ai laissé un message et j’en ai profité pour laisser traîner une URL… 😉

    @ Kw8 : excellent! « Les Tec : nous défendons l’indéfendable pour mieux ne pas vous servir ».

    On pourrait se lancer dans concours de slogans scandaleux et les envoyer à la TEC

    Plus sérieusement, hier j’ai franchement mal apprécié la fin de journée. J’étais crevé, j’étais à une dizaine de borne de chez moi et j’ai franchement galéré, jusque 19h, avant de trouver une solution. C’est le genre de mésaventures qui remonte contre le personnel des transports en commun, à tort ou à raison!

    La grève d’hier était superfétatoire, comme en atteste ce billet posté sur un blog pas franchement réputé pour être à droite…
    http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/index.php?post/2008/05/22/A-propos-de-salauds-de-grevistes

  3. Je vois que beaucoup n’ont pas froid aux yeux, et n’hésitent pas à s’en prendre directement au pouvoir démesuré détenu par cette classe de personnes qui monopolisent les postes clefs de la domination de l’univers: les chauffeurs de bus. Merci pour votre courage. Il fallait oser, ne pas craindre les représailles. C’est très courageux de votre part. Vous me faites penser à notre héros à tous, Jacques Attali, qui lui, dans un élan quasi-suicidaire, n’avait pas hésité à s’en prendre aux privilèges des chauffeurs de taxis. Je pense que dans cette révolution en marche, il ne faudrait pas oublier l’autre vesrant caché de l’ordre capitaliste mondial: les caissières de supermarché. Mais osera-t-on aller aussi loin dans la contestation? Pas sur.

    JD

  4. @ JD

    Sauf erreur, vous semblez parler du ton détaché de celui qui possède une voiture ou à tout le moins n’est pas dépendant des transports en commun. Je n’ai rien contre les chauffeurs de bus, ni contre les syndicats. Ces derniers ont au demeurant affiché profil pas et refusé de cautionner le mouvement, ce matin dans la presse, preuve selon moi qu’en l’espèce ce mouvement n’était pas justifié.

    Donc, je n’ai rien contre les chauffeurs de bus mais vous devez comprendre que la grève spontanée prohibe toute capacité pour l’usager de prendre ses dispositions. D’où situations inconfortables. Vous imaginez bien, également, que la grève des caissières de supermarché m’indiffère au plus haut point… Pourtant, ces dernières subiraient d’autres représailles en cas de mouvement social.

  5. Bah je voulais juste dire que cette grève est un problème dérisoire, tout d’abord. Il ne faut pas oublier, que même si les chauffeurs, ou n’importe classe tout en bas de l’échelle, se coalise pour avoir du pouvoir, ou même en abuser, comme cela semble être le cas ici, les effets néfastes sont vraiment ridiculement dérisoire à côté de coalition de pouvoir et d’abus de pouvoir, infiniment plus fréquentes, dans les classes dominantes. Les médias ne parlent jamais, ou presque, de ces dernières. Un exemple qui me traverse l’esprit: la formation de cartel sur les marchés. Ca c’est un vrai problme social. Autre exemple: les coalitions de traders qui arrivent à s’octroyer des salaires qui dépassent l’entendement.

    Cette grève est un vulgaire fait divers. En faire un débat de société révèle les choix idéologiques de la presse, c’est tout. Par ailleurs, je pense que si le débat du service minimum survient en des temps ou le service public est pour le moins menacé, ce n’est pas un hasard. Par exemple, je pense que Sarko veut instaurer un service minimum pour pouvoir mieux gérer le démentellement.

    Voilà, je suis pas mal dépendnant du train. Je m’étonne toujours de ce que les gens versés dans l’écologisme (et d’une certaine manière, je pense en être) sont attachés à leurs confort.

    A+
    JD

  6. Merci JD pour votre réplique. Il va sans dire que je vous rejoins sur la pusillanimité qui consiste à s’en prendre systématiquement à des problèmes qui sont finalement relatifs au regard d’autres enjeux, beaucoup plus essentiels, qui sont trop souvent sous-traités…

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