Exit Laloux

Laloux lors de sa prestation de serment devant le Roi

On a fait grand foin du cas Laloux, je ne vais pas m’amuser à répertorier les liens qui ont parlé de cette affaire tellement ils sont nombreux. Il a donc « remis son mandat« … C’est ce qui arrive lorsqu’on avale de travers, on remet. Sans le savoir, je présume que cette rémission s’est faite sous la pression du Président Di Rupo. Le pauvre Laloux, dire qu’il venait hier de se « mettre en congé » de ses divers autres mandats… Pour des congés, s’en sont de brefs!

C’est amusant, je comptais en toucher un mot sur ce blog. Car l’affaire, au delà des broutilles de carte à essence etc., était tout à fait significative, un cas d’école de la présidence dirupienne. Et cette nomination en particulier avait été l’axe pivotant d’un basculement important. Jusque là, les dissidents publics internes – rares – existaient au PS. Pour la plupart, des dinosaures mis précocement à la prépension politique ; que l’on songe à Van Cau ou à De Clercq.

M. De Clercq avec son bouc Élio...

Dans le cas Laloux, cependant, il s’est produit un basculement, c’est-à-dire qu’avec la sortie de Moureaux, la révolte a été mise sur la place publique. Pour clarifier, avec ces « erreurs de casting » voire de « scénario » dans les Secrétariats d’État, l’opposition à la politique présidentielle a cessé d’être marginale pour être ouverte. Fabrice Grosfilley évoque des parlementaires socialistes qui auraient eu les larmes aux yeux à l’annonce des nominations.

Peut-être faut-il, dès lors, interpréter cette démission précoce comme un signal fort adressé par Di Rupo à son parti, qui le montre combatif et prêt à ré-endosser sa constestée pourpre cardinalice à l’issue du round médiatique de demain.

Une réflexion au sujet de « Exit Laloux »

  1. Ping : Fredéric Laloux démissionne

  2. himself

    Je ne pense pas que Di Rupo a fait quoi que ce soit, en ce compris un soutien à l’objet de son propre choix ou encore l’inverse; il a été très passif dans cette affaire (« Comptez sur moi pour être dur s’il faut être dur » – http://grand-barnum.blogspot.com/2008/04/entendu-100-x.html )

    Lire ici (http://www.ps.be/Source/PageContent.aspx?ParentID=342&MenID=5926&EntID=1) le communiqué de presse, qui me donne l’impression que le conseil de démission vient d’autre part… (anselme ?)
    Elio est mort, vive le nouveau président du PS

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  3. Francois

    Oui mais avec la montée au créneau de Moureaux, largement postérieure à ton article du 8 avril, la protestation qui gronde et l’opinion majoritaire des analystes (voir Grosfilley et Konen) selon laquelle Di Rupo était directement remis en cause par le truchement de cette nomination… Notre animal politique, car Élio en est un, a dû sentir le vent tourner… Le fumet de l’incendie qui approche!

    A mon avis, il a précipité la douche froide pour éviter de se retrouver fumant sur un plateau d’argent, du persil dans les narines…

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  4. Francois

    Copié / Collé du communiqué de presse, le lien semble inopérant

    Réaction du PS
    à la démission de Frédéric Laloux

    Le Président du PS, Elio Di Rupo, prend acte de la décision de Frédéric Laloux de remettre son mandat de Secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté.

    Le Président regrette cette issue mais comprend et respecte les raisons qui ont motivé cette décision.
    Frédéric Laloux estime que la polémique créée autour de sa personnalité risque de nuire à la mission essentielle qui lui a été confiée en matière de lutte contre la pauvreté.

    Son retrait l’honore.

    Le Président du PS proposera dans les plus brefs délais au Premier Ministre, le nom du candidat PS qui pourrait remplacer Monsieur Laloux au poste de Secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté.

    Elio Di Rupo souhaite que chacun puisse poursuivre son travail, dans un climat serein et constructif en faveur de nos concitoyens.

    Pour prendre connaissance du communiqué de Frédéric Laloux ainsi que de tous les éclaircissements sur les attaques non fondées à son égard, consultez : http://www.fredericlaloux.be.

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  5. Francois

    Le petit jeune est bien trop ambitieux que pour démissionner de sa propre initiative. S’il n’avait été aveuglé par l’appât du poste, il aurait flairé l’embrouille à cent lieues… Cela dit, à noter que Fernandez-Fernandez s’en sort plutôt pas mal, elle 🙂

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  6. himself

    @François

    je viens de prendre connaisance des déclarations de Laloux à la RTBF: il semble dire que Elio ne lui a demandé que de réfléchir suite à sa volonté de démission; il a « consulté » également, dit-il.

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  7. himself

    François, j’ai trouvé ceci dans un article du Soir (http://www.lesoir.be/actualite/belgique/politique-un-namurois-succede-2008-04-20-593017.shtml)

    La décision a-t-elle vraiment été prise vendredi soir, par le seul intéressé ? « Oui », jurent, en chœur, Frédéric Laloux et Elio Di Rupo. « La pression devenait insupportable pour lui, souligne le président du PS. Elle l’était déjà le week-end d’avant et ça n’a fait que s’amplifier. Vendredi soir, il a consulté des amis et les responsables namurois. Mais il a agi seul. »

    « La décision avait été prise plus tôt, corrige ce ténor socialiste. Il était prévu qu’il démissionne au début de la semaine dernière. Mais la sortie de Moureaux dans Le Soir, mardi, a chamboulé la stratégie : le faire démissionner à ce moment-là, cela devenait impossible. » « Faux », dénonce la porte-parole du PS. Il semble pourtant que l’hypothèse d’une démission avait été étudiée au PS. Pendant les vacances de Pâques, lorsque Laloux faisait déjà la une des médias. « Cela aurait été injuste : rien, dans le dossier, ne le justifiait. »

    Excellente journée, himself

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  8. Chaos Theory

    Di Rupo ne se sent en tout cas pas fragilisé :
    http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-15929/di-rupo-sort-du-bois-et-riposte-a-l-affront.html

    Ceux qui espéraient le voir gentiment s’éclipser et faire place nette à la tête du PS en seront pour leurs frais. C’est fort mal connaître Elio Di Rupo que de l’imaginer reconnaître l’erreur d’avoir sorti de l’anonymat Frédéric Laloux pour en faire un éphémère Secrétaire d’Etat.

    Le président du PS a au contraire saisi l’occasion pour affirmer son intention de rempiler à la fonction en… 2011.

    Le message est clair, et à usage avant tout interne au PS: on ne met pas impunément en doute les capacités d’Elio Di Rupo à gérer le parti socialiste et à le sortir de la mauvaise passe qu’il traverse depuis sa dégelée électorale de juin 2007. Ceux qui se hasardent à remettre en question la ligne présidentielle ne peuvent être, aux yeux du patron du boulevard de l’Empereur, au mieux que des envieux, au pire des traîtres.

    Conclusion
    Huuummmm, ça sent bon le totalitatrisme et la liberté de pensée…

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