Flamands, je vous aime bien, mais avec modération!

Ces derniers jours auront été marqués par les provocations et les vexations en provenance de la Flandre. Les plus fidèles parmi vous, chers lecteurs, auront sans doute remarqué qu’il m’est arrivé de me faire l’avocat du diable, plus souvent qu’à son tour, tout au long de la crise politique qui a secoué notre pays. Ainsi, j’ai souvent pris la défense d’un Leterme qui, à une époque et selon moi, était véritablement la cible d’une campagne de diabolisation dans les journaux francophones.

Cela dit, je rejoins cette fois les inquiétudes exprimées notamment par Jean Quatremer (ici, ici ou ). Le refus de nommer les bourgmestres démocratiquement élus tourne à l’obsession. Les justifications flamandes ne tiennent pas la route une seule seconde, cela n’est pas nouveau, il y a une affirmation proprement politique dans cette attitude, c’est clair. En revanche, il me semble inquiétant d’opposer au dialogue une logique butée et intransigeante. Et sur ce point, la ridicule cède progressivement la place à l’extrémisme…

En outre, le peu de crédit accordé aux plus hautes instances internationales (Commission européenne et ONU) par Yves Leterme, au sujet de l’ONU, sont significatives d’un changement d’attitude. Cette désinvolture, cette nonchalante indifférence vis-à-vis de ces « cogitations », de ces « savants rapports », incapables de saisir dans son essence le « drame social » qui se déroule ; ces attitudes indiquent à suffisance – et c’est selon moi un élément inédit -le repli de la Flandre sur elle-même, y compris sur un plan international. Que diable, en poussant ce mépris au bout de sa logique, ces propos semblent indiquer que la Flandre toute puissante est tout aussi indépendante sur les scènes européenne et mondiale que sur la scène belgo-belge! Ma parole, c’est qu’ils ne laisseront personne leur remonter les bretelles, fût-ce à juste titre!

Enfin, que penser de ce dessin du Standaard, où lorsque le mauvais goût se fait caricature? Mes lecteurs assidus savent ma position en matière d’humour : « on peut rire de tout, sauf lorsque ce n’est pas drôle ». Ici, les registres retenus sont sans nul doute ceux du vexatoire et l’attaque blessante. C’est dommageable.

Standaard

Pour être parfaitement honnête, les francophones ne sont pas non plus avares en turpitudes, avec ces grandes envolées lyriques sur « Wallonie-Bruxelles » sans queue ni tête ni quelconque chance de réalisation effective (je rejoins l’excellent Charles Bricman sur cette énième sortie médiatique)… Cela dit, ce n’est pas bien méchant et cela n’engage, in fine, que les « franco-wallons ». Au rebours des attaques flamandes dont la cible privilégiée, nous, commence à être sérieusement criblée d’un certain venin populiste.

Une réflexion au sujet de « Flamands, je vous aime bien, mais avec modération! »

  1. Francois

    Merci beaucoup, cette controverse est intéressante. Il est vrai que M. « J4M », sans faire l’inventaire de ses multiples qualités, défend plus souvent les points de vue francophones que flamands…

    Et cette controverse avec Charles Bricman, qui se caractérise par sa grande pondération, montre que cet état de fait n’est pas toujours neutre… Les coulisses de Bruxelles sont nettement pro-francophones, on ne va pas se le cacher!

    Répondre
  2. Ping : La Libre ou l’art de racoler | Périscope

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *