« L’histoire au présent »

« Je photographie des gens ordinaires dans des situations extra-ordinaires. Extra-ordinaire dans le sens premier du terme. » C’est à peu près en ces termes que Bruno Stevens définit son travail de photoreporter. Depuis plusieurs années, il couvre les conflits. Il fait partie de ceux qui nous ramènent ces images à la fois belles et dérangeantes sur ces noms si communs et si lointains en même temps. Iran, Irak, Liban, Angola, Soudan, Kosovo, Tchétchénie.

Il fixe le temps d’une image des scènes du quotidien, capte des regards. Bruno Stevens ne fait pas à proprement parlé des photos esthétisantes. Toutes ne vous frappent pas dans l’œil par leur composition, leur lumière ou leur netteté. Certaines sont floues, d’autres coupent les têtes. Rien de classique, pas de construction dans les règles. Juste des hommes, des femmes, des regards, des visages, chacun d’entre eux portant une histoire : la faim, la perte de sa maison, le décès, la guerre.

Parmi les clichés exposés au Botanique, quelques perles. Toutes les photographies accrochées au mur sans cadre racontent une histoire, mais seules quelques unes vous attrapent sans avertissement. Des mères, des cadavres, des immeubles détruits.

Et puis des scènes, séquencées photo par photo. Un enfant touché au crâne par une explosion, opéré par un chirurgien dans des conditions vétustes, la tête maintenue dans la main d’un parent. Sur le dernier cliché, il ouvre les yeux. Il a survécu. Plus loin, un enfant, famélique, squelettique, meurt quelques instants après la photo. Bruno Stevens raconte tel un témoin impliqué, mais impuissant.

« L’histoire au présent » révèle ces images, ces autres facettes de notre présent. À voir au CC du Botanique.

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