Gouvernement de désunion nationale

La première réflexion qui m’est venue à l’esprit en prenant connaissance de la composition du gouvernement est : bon sang, Jean Quatremer et le GERFA avaient raison. Le gouvernement intérimaire était bien une version bêta (je maintiens l’accent circonflexe) du gouvernement 2.0.0.8 (définitif, jusqu’à la version 2.0.0.9?). En substance, les francophones ont laissé filer tous les ministères régaliens (fonctions traditionnelles de l’Etat-Nation : justice, police, affaires étrangères etc.) à des ministres flamands. A ce titre, il est très intéressant de prendre connaissance de l’article de Jean Quatremer.

Je voudrais prolonger la réflexion. Un observateur, même peu averti, remarquera (comme le fait M. Quatremer), que les portefeuilles échus aux francophones sont ceux de nature « sociale ». A mon sens, cela confirme et entérine la grave rupture entre les deux communautés du pays. En cherchant à défendre farouchement les domaines touchant de près ou de loin à la « solidarité interpersonnelle », et en s’accaparant les postes y relatifs, les francophones ont tout simplement démissionné de la gestion de l’Etat. Ils se sont retranchés dans un bastion intra-gouvernemental dans lequel les flamands n’ont pu que les enfermer avec bonheur.

On pressent déjà l’attitude défensive et peu constructive qui sera celle des francophones lorsque les flamands reviendront à la charge avec leurs revendications, cette fois dans une position de force figée par la représentation gouvernementale, dans le cadre du groupe Octopus ou de je-ne-sais-quel comité des « sages ».

Post-Scriptum : attention image aggressive à laquelle je ne souscris pas mais dont je me dis qu’elle est de circonstance, pour la touche humoristique

La volaille francophone enc***

4 réflexions au sujet de « Gouvernement de désunion nationale »

  1. Jean-Yves

    Il reste quand même le ministère des Finances comme compétence régalienne confiée à un francophone. Pour le reste, je partage l’inquiétude quant à l’attitude à attendre des Francophones lors de la prochaine volée d’assauts du nord du pays…

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  2. Francois

    Merci pour le correctif, Jean-Yves.

    Pour être tout à fait précis, j’ajouterai encore qu’il ne faut pas confondre la Belgique avec un État-Nation, puisqu’à l’évidence le patchwork de la population belge peine à exister en tant que nation.

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  3. himself

    la remarque de Jean-Yves est très pertinente; mon inquiètude est plus ce qu’il décrit que ce problème d’attribution de postes actuelle, qui est une vision fort franco-française.
    Je ne dis pas pour autant que cela n’a aucune importance, mais les défis de demain son beaucoup plus délicats et importants à négocier.

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  4. Francois

    Entièrement d’accord. Le post parle de l’attribution générale des portefeuilles parce que c’est d’actualité mais cette question reste franchement au ras des pâquerettes politicardes.

    Parce que les francophones éprouvent clairement d’énormes difficultés à définir leur identité culturelle et les ciments de leur unité. Cela n’est pas très pratique lorsqu’il s’agit d’être efficace et clair dans les négociations.

    Peut-être arriveront-ils un peu moins en ordre divisé lors du prochain round Octopus maintenant qu’ils sont tous dans la majorité … (sauf Ecolo, mais Ecolo n’est pas le facteur le plus « diviseur »)

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