Alors, Reynders au 16?

Seize

La question est sur toutes les lèvres et a déjà fait couler beaucoup d’encre. On en parle encore avec Laurette Onkelinx ce matin dans La Libre, dans cette interview. Avant de bêler avec le troupeau pour évaluer les « chances » de Didier Reynders d’accéder au premier portefeuille, il convient de tenter de prendre un peu de recul.

Sur la réalité des ambitions de Didier Reynders, il me semble que ne règne aucune équivoque. Il ne s’est jamais caché de ce que l’accession au 16, rue de la loi, serait un aboutissement et une consécration de sa carrière nationale. Le chef des libéraux a de nombreuses facettes tout à fait insupportables. Notamment, sa propension à distiller son venin médiatique à des adversaires politiques qui (pour être honnête) le lui ont souvent bien rendu, ont largement contribué à ce climat de méfiance morose et délétère. Toutefois, il serait malhonnête de ne pas lui reconnaître le mérite de la franchise sur la question du 16.

On la croyait résolue, cette question. Elle ressurgit fort mal à propos, il faut bien le dire, à l’occasion des problèmes de santé d’Yves Leterme et elle rebondit, à 3 semaines de la passation du sceptre, suite au refus de la NV-A d’entrer dans le gouvernement. Et tout le monde d’en parler, et tous les journaux de poser cette fameuse question. Pour être honnête, je trouve inquiétante l’exposition que reçoit l’expression de cette ambition personnelle et la fausse naïveté qui consiste à relayer cette possibilité, « on sait bien qu’il n’a aucune chance mais on essaye quand même sans l’assumer ouvertement« .

Reynders

Je m’explique. A en parler tous azimuts, l’ensemble des acteurs donnent corps à cette hypothèse et la rendent crédible. Une indifférence généralisée aurait le même effet sur cette ambition qu’une mauvaise cuisson sur un soufflé ; elle resterait cantonnée au domaine de l’ambition personnelle de Didier Reynders, dont personne n’a à juger de l’opportunité. A la limite, il n’est pas illégitime de se demander publiquement qui dirigera le gouvernement. Mais à mon sens la question ne peut être prise isolément.

En effet, réduire l’enjeu stratégique de la formation du gouvernement à la question du 16 me semble parfaitement tronqué, pour ne parler que de « basse stratégie » (pas de programme politique). En outre, en donnant corps et en soulignant les déclarations du patron du MR à cet égard, les médias crédibilisent une candidature à laquelle pourtant ils se refusent à apporter un soutien explicite (à ma connaissance, pas d’édito prônant un premier ministre francophone).

Alors, faut-il en parler? Si oui, faut-il isoler la question ou poser celle d’un équilibre politique global? Et surtout, au-delà de la distribution des portefeuilles, le contenu politique des discours ne doit-il pas être préféré?

Une réflexion au sujet de « Alors, Reynders au 16? »

  1. Cédric

    Salut François,

    n’y a-t-il pas une toute petite contradiction dans ton post d’aujourd’hui ?…

    En résumant, tu fustiges le fait que tout le monde (y compris les autres partis et la presse) commente la candidature de Didier Reynders au poste de Premier Ministre, et tu regrettes – à raison – l’absence de programme politique lié à cette candidature.

    Alors, j’en reviens à ma question (impertinente) n’est-il pas un peu contradictoire de parler de la candidature de M. Reynders et de critiquer ceux qui la commentent également ? Bref, ne crédibilises-tu pas, toi aussi, cette hypothèse du leader libéral ? 😉

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  2. Greenman

    Un premier ministre francophone ? Mais tout à fait, absolument ! Mais alors, posons nous cette question, Reynders est-il réellement le candidat idéal? A force de crier victoire sur tous les toits, on risquerait d’oublier qu’il s’est quand même pris une sacrée déculottée face au « vieux » Demeyer à Liège.
    Donc reprenons, Reynders, c’est non, il a perdu. Di Rupo, pas possible, il a perdu. Milquet ? Aah, Milquet, on aimerait bien, une belle plante comme elle avec l’habit de premier, mais ça se fait pas de voler la place du grand frère flamand. Dommage, ça va pas. Ah ben zut alors, il reste qui?… Bon sang, mais c’est bien sur, il a gagné et n’a de rendre de compte à personne. Jean-Michel Javaux bien sur !!!! Quoi ? que je sorte ? bon d’accord, poussez pas je connais la sortie.

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  3. Zorro

    Reynders n’a pas pris une déculottée face à Demeyer,ils étaient aux coudes à coudes, et au dernier scrutin, il a quand remporté la palme de ce coté-ci de la frontière linguistique…Donc argument nul!

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  4. Francois

    Là j’ai en tête l’image de Super Javaux peps-o-dent qui vient sauver la Belgique avec sa brightitude 🙂

    Reynders / Demeyer, j’aurais qualifié l’épilogue de « déconvenue », peut-être pas de déculottée. Et vu l’enthousiasme débordant dont font preuve les équipes socialistes sur Liège, leur place au soleil face à l’ennemi libéral est de moins en moins garantie…

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  5. tao

    Pour moi c’est une fausse question, un écran de fumée pour occuper la population. Il y a un accord autour de Yves Leterme, point. L’heure de Reynders viendra peut être un jour, mais pas là maintenant.

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  6. Francois

    Cela paraît en effet indiscutable. Cette question est d’autant plus rhétorique qu’elle est évoquée dans une sorte de bruit de fond permanent du récit médiatique. Un écran de fumée, c’est bien cela. L’heure de Reynders viendra peut-être… Peut-être. Mais à jouer à la politique « de la terre brûlée », probablement a-t-il galvaudé pas mal de ses chances. Objectivement, toutes les conditions sont réunies, là, maintenant, pour qu’il obtienne le poste. Sauf que personne ne veut de lui… 🙂

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