Archives mensuelles : février 2008

Bienvenue sur Périscope!

Cher lecteur,

Bonjour et bienvenue sur Périscope.

Qu’est-ce que c’est? Périscope est le développement logique de mon ancien blog, pour lui donner une interface plus personnelle et moins indigeste. Très vite, c’est un projet qui sera appelé à prendre une certaine ampleur participative. J’en étudie l’opportunité.

Pourquoi « Périscope »? Excellente question. Du haut de mes 24 ans et de ma naïveté revendiquée, j’aime assez l’idée insubmersible d’un voyage, immergé dans un milieu dont on tente pourtant de s’extraire, dans le but d’apercevoir ce qu’il y a au-delà de ce qui nous entoure directement. En d’autres termes, j’essaye d’apporter une contribution personnelle et un point de vue analytique propre sur les évènements dont je traite.

Pourquoi un blog? Tout au long de mes études qui devraient s’achever cette année, j’ai été amener à rédiger de nombreux travaux avec des cadres d’analyse plus ou moins précis. L’idée du blog est de livrer un commentaire plus ou moins autorisé à brûle-pourpoint, c’est donc un espace interactif totalement différent!

Pourquoi ce slogan? « Plongée dans les tréfonds du monde moderne« , c’est beau, n’est-ce pas? Ne vous y trompez pas, c’est avant tout racolleur. Il se trouve que j’ai régulièrement été amené à réfléchir à la notion de « modernité », sous des angles différents, dans le cadre universitaire. Je voudrais apporter quelques contributions plus théoriques ici, où s’entrecroiseront fait religieux, rationalité positiviste, technoscience et développement industriel, politique et pluralisme.

Reste la question la plus importante.

Pourquoi procéder à l’ouverture un 29 février? C’est un objectif ambitieux : tenir la route jusqu’au premier anniversaire, dans quatre ans!

Périscope

Le Vif et les Francs-Maçons


Je me dois de faire part ici de ma perplexité.

Vendredi dernier, comme chaque vendredi, je prends connaissance de la Une du « Vif L’Express » qui titre sur un sujet on ne peut plus insignifiant et inintéressant : « Les grandes sagas familiales ». Et d’expliquer en bref l’histoire de quelques familles dans un article digne des numéros de remplissage d’été (s’ensuit un dossier sur Liège qui a le mérite de soulever pas mal de questions pertinentes pour la ville, concernant la mobilité et l’aménagement du territoire notamment).

Entre les deux, mon attention est attirée par un article sur les Francs-Maçons. Que Diable! Leur confrérie n’est pas anodine au sein de nos pouvoirs publics. Sans poser de jugement sur la Loge que je ne connais pas, je constate qu’elle a colonisé le Parti Socialiste dans toutes ses strates supérieures, ce qui apparement est plutôt de notoriété publique. Di Rupo, Onkelinx, Moureaux, Van Cau, Busquin, mais aussi Magnette, Daerden, Lizin, Despi, etc (Quelqu’un sait-il pour Demotte?). Et, pour rétablir l’équilibre, Hasquin ou Michel père pour les libéraux.


So what?

Ce matin sur le campus du Sart-Tilman (ULg) dont je reparlerai d’ailleurs sous très peu, était distribué gratuitement un numéro du Vif imprimé mais retiré des canaux de grande distribution in extremis pour lui substituer le platissime « saga des grandes familles ». Ce numéro titrait : « Jeux d’influence. Complots. Le vrai pouvoir des francs-maçons ». Slogans : « Pourquoi les loges ont été infiltrées par des affairistes » et encore « Comment les frères pèsent sur la scène politique belge ».

Le dossier revient sur la douloureuse affaire Agusta, où les têtes politiques coupées (Spitaels, Coëme, Mathot père et Claes) appartenaient toutes à la loge. Ensuite, il reprend le dossier sur Charleroi de A à Z en essayant de montrer comment les « affairistes » ont infiltré la Loge. L’article pose la question pertinente : « jusqu’où va la solidarité maçonnique ? ». Des témoignages rapportés parlent d’obstruction d’enquête, de freins apposés sur dossier d’instruction voire d’infiltrations dans la magistrature.

S’il faut, comme le stipule l’article, trier le bon grain de l’ivraie et attendre le prononcé des jugements concernant Charleroi, il est quand même interpellant que ce numéro n’ait pas atteint les présentoirs… La Loge possèderait-elle également des relais efficaces dans le milieu médiatique voire chez Roularta?

(quelques infos sur la Loge en France et en Belgique, ainsi qu’un Weblog franc-maçon)

La NV-A est allée trop loin

La décision de la NV-A de ne pas entrer dans le Gouvernement « définitif » (jusqu’en 2009?) n’a rien de surprenant.

Ils ont abusé de leur pouvoir de blocage numérique lors des crises à répétition. Ils se savaient indispensables. Résultat : ils en ont lassé plus d’un et ont commis l’erreur de croire qu’ils pouvaient manifester la même intransigeance à l’heure où les partis commençaient à faire preuve de pragmatisme et où, en outre, ils devenaient arithmétiquement insignifiants, puisque contournables.

Finalement, ce qui a été annoncé hier, c’est bel et bien une rupture implicite du Cartel, que cela plaise à ses dirigeants ou non. C’est un aveu d’impuissance frustrée qu’a formulé De Wever.

C’est un pas dans la bonne direction : une négociation à « tête reposée » où l’on discute de vrais enjeux politiques et pas d’une sombre idéologie sécessionniste. Maingain, malgré toutes ses gesticulations de ce week-end, ne fait que chercher à exister médiatiquement. Mais nul doute que devant lui aussi, bien que le FDF ne l’assume pas publiquement, bien des horizons de blocage se sont bouchés.

Vivement la suite!

[NB: beaucoup moins d’agitation médiatique autour de ces accords nocturnes sur le « premier paquet » et sur le « budget »… l’un et l’autre ont abouti, sans fuites mais également avec moins de pression me semble-t-il. Faut-il voir dans cette accalmie du jeu médiatique un lien de cause à effet avec l’aboutissement plus rapide de négociations concrètes?]

Un Noscar pour la Belgique!

SCOOP EXCLUSIF!

C’est tombé cette nuit, peu après 6h du matin.

La Belgique vient de se voir décerner un Noscar et pas n’importe lequel : celui du pays le plus compliqué politiquement. Le jury de la Noscar company, qui décerne le prix, est encore hilare au souvenir de la lecture de l’accord du comité des sages portant sur le « premier paquet » de réformes institutionnelles et de compétences à transférer aux entités fédérées dans le cadre d’une modernisation de l’Etat belge.

Le Nonos, surnom de ce fameux trophée, a été décerné vers 6h12 à GMT + 1 aux émissaires du Gouvernement belge qui, pour l’anecdote, ont été un peu gênés par le poids de l’objet, semble-t-il trop pesant pour un si petit pays que la Belgique.

Allez… Tout cela ne nous rendra pas le Congo, c’est bien entendu, mais qu’il est bon de temps en temps de pouvoir flatter sa belgitude!

Cher anonyme, …

Cher anonyme,

[votre commentaire]

Après mûre réflexion, voici quelques-uns des éléments qui me sont venus en tête suite à ton commentaire. Ils donneront probablement lieu à quelque chose de plus construit ultérieurement sur le positionnement politique. Je vais d’abord tuer le suspense : non, je ne suis pas Ecolo. Bien que la thématique de l’environnement me préoccupe au premier plan, je ne suis pas convaincu qu’elle soit soluble dans un parti politique. A fortiori dans un parti qui attend encore le Grand Soir et l’Emancipation de l’Humanité pour arriver à ses fins écologiques…
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Le train gratuit

Lundi, Elio di Rupo déclare dans Métro qu’il souhaite la gratuité du train pour dans dix ans. Un grand écho est donné à ses déclarations ; pour autant, que cachent-elles et que faut-il en penser?

Premièrement, il ne faut pas avoir fait des études en communication politique pour deviner l’intérêt d’annoncer la gratuité du train aux lecteurs du … métro, le journal de tous les navetteurs. Cela, c’est pour l’effet d’annonce. Qui se trouve largement tempéré par la lecture de l’interview en question. Jugez-en : « Je sais que ce n’est pas quelque chose que l’on fera du jour au lendemain. Je demande cependant que, dans les prochains contrats de gestion, on impose à la SNCB de proposer des moyens pour réduire le coût du train, notamment pour les familles« . Et d’évoquer une « politique de soutien » à la SNCB en contrepartie.

Entre l’annonce « gratuité pour dans 10 ans » et l’application concrète que M. di Rupo entend lui donner, qui consiste à « imposer de proposer » … il y a de la marge! En fait, « il faudra entamer une réflexion plus fondamentale sur le chemin de fer et les transports en commun« .

Deuxièmement, que faut-il penser de la gratuité du transport en commun? De manière étonnante, cette simple suggestion concernant le train soulève une levée de boucliers dans le forum instauré sur cette question par La Libre Belgique. Il faudrait vérifier les chiffres de M. di Rupo, qui estime en substance son coût à 600 millions d’Euros (l’équivalent des recettes passagers, sauf erreur). Ils sont de toutes façons irréalistes, car la gratuité entraînerait une extension importante du trafic ferroviaire et in fine l’obligation d’étendre largement un réseau déjà saturé.

Cependant, ce réseau doit déjà faire l’objet d’une extension. L’accroissement des prix du pétrole et de celui des automobiles a d’ores et déjà poussé le réseau existant dans ses retranchements. Alors, quitte à l’agrandir ou à proposer un beaucoup plus grand nombre de liaisons, pourquoi ne pas en profiter pour le faire dans le cadre d’une politique ambitieuse et volontariste des transports en commun, beaucoup moins polluants malgré tout?

En outre, la gratuité du train existe déjà pour un grand nombre de citoyens – les fonctionnaires, les seniors, les jeunes enfants, etc. Or, malgré cela, toutes les infrastructures de délivrance de titre de transport et de contrôle sont maintenues pour ceux qui payent encore. Rendre le train gratuit, c’est aussi faire de substantielles économies sur ces postes… et faire grincer les dents des syndicats cheminots. Il y faut donc aussi un certain courage politique!

Bref, au-delà de l’effet d’annonce, il existe un vrai potentiel dans cette mesure qui permettrait d’avoir enfin un service public à la hauteur de ses ambitions à un coût tout à fait mesuré et écologiquement très rentable!

Un cortège écologique

Passe par Liège, on fait la fête!

Comme chaque année, les étudiants dont je suis encore vont déferler sur le Val-Benoît et sur la ville de Liège pour la grande guindaille de fin d’année, la Saint-Tôré. Cette grand-fête est une institution du folklore liégeois qui s’accompagne d’un traditionnel cortège.

Pour autant, ses organisateurs connaissent pas mal de démêlés avec la ville de Liège ces derniers temps. On en trouve un résumé ici. Le Bourgmestre de Liège n’est pas conciliant avec les étudiants, c’est le moins qu’on puisse dire. Quelques illustrations de ses positions sont expliquées ici. On ne peut pas dire en toute honnêteté que la Ville affiche un enthousiasme débordant, ni même la volonté univoque que tout le monde y trouve son compte!

Alors que c’est un cortège parfaitement écologique! Jugez plutôt : aucun véhicule polluant comme à la City Parade, ni la pollution sonore intempestive qui accompagne cette dernière au demeurant. Pas d’émissions de CO2 relatives au chauffage ; la Saint-Tôré, c’est chaleur humaine! Encore moins de particules fines ; grâce au cortège, l’espace urbain est fugitivement réapproprié par les piétons, et de la sorte soustrait au règne sans partage de l’automobile-toute-puissante. Enfin, la consommation massive de produits du terroir (hum…), qui de Jupille n’ont dû franchir qu’une petite dizaine de kilomètres, évitant par là un import douloureux écologiquement de Chine ou du Pérou!

Inutile, bien entendu, de préciser la nature et la teneur des seuls rejets émis par une telle manifestation!

Je comprend que tout le monde ne trouve pas cela à son goût. Pour autant, la Saint-Tôré me semble avant tout afficher la bonne humeur et la festivité d’une ville réputée pour cela. C’est un des rares moments de liesse populaire dans un cadre différent des omniprésents « Village xxxxx (le nom ici, choix entre une quinzaine, de noël, gaulois, wallon, etc.) » ou autre foires au boudin. Soyons sympathiques et accordons aux étudiants ce qu’ils demandent : des jeux! (pour le pain, ils ont ce qu’il faut… une bière = deux tartines!).

Une pétition a été mise en place. La signer (bas de page).

Marketix stratégix

Avant d’effectuer un petit retrait de carnaval bien mérité, je voudrais toucher un mot de la gigantix campagne médiatix qui accompagne la sortie du film Astérix.

D’après Arrêt sur Images, l’accès des journalistes aux salles de projection a été considérablement limité, suivant une procédure propre à certaines méga-productions. Officiellement, pour éviter les fuites (il y aurait eu une et une seule séance officielle de projection). Officieusement, une sorte de « tri’ aurait été opéré entre les journalistes, laissant sur la touche tous ceux susceptibles d’être trop critique.

Après ça, le rouleau compresseur marketing fait son effet. Le but stratégix de la manoeuvre? Qu’on parle beaucoup du film mais si possible pas trop de son contenu. Alors on apprendra dans tout sujet qui se respecte qu’il s’agit là du film le plus cher de l’histoire du cinéma. On aura droit aux détails, par le menu, d’un casting auto-proclamé « pharaonique », etc.

On enverra en Belgique le tueur des rédactions, celui par qui toute campagne de promotion devient forcément une méga-réussite. Celui-là, je l’adore comme tout le monde, mais il est plus connu pour ses pitreries (ou sa récente face comico-dépressive) que pour la discussion de fond sur le film qu’il est occupé à promouvoir.

Tout cela est si parfaitement huilé que c’en devient oppressant. D’autant plus qu’il ne faudrait pas s’offusquer qu’un journaliste traite ce film pour ce qu’il est très probablement : une bonne comédie populaire à la grosse louche, sans prétention historique au plus prestigieux palmarès pour la quête torturée d’un bonheur illusoire…