Mon expérience à la télé

Stress et cravate! Voilà qui caractérise mon intervention audiovisuelle dans l’émission Decode de ce samedi 12h10.

Pour être franc, je ne suis pas satisfait de ma prestation. Je me suis trouvé rigide et sévère, j’ai l’impression d’être un peu passé à côté du message que j’aurais souhaité délivrer. De toute évidence, je me suis laissé tétaniser par un enjeu dont l’importance se doit, toutefois, d’être relativisée!

L’émission m’a beaucoup préoccupé ces derniers jours, j’avais très à coeur de bien assurer mon intervention. A chaud, hier après-midi, au sortir du plateau de tournage, voilà quelles étaient mes impressions : aucune. Ma tête était entièrement vide, j’aurais même été incapable de restituer la teneur de ma conversation avec MM. Gerlache et Daout.

La télévision est une machine infernale. Tous ces écrans, micros, caméra, l’omniprésent chrono – qui découpe votre vie en tranches d’une seconde -, cela génère un environnement radicalement impensable pour le néophyte, et les difficultés que j’ai éprouvées à m’y accoutumer transparaissent sans nul doute à l’écran. A tel titre d’ailleurs qu’une bonne moitié de la période enregistrée n’a pas été diffusée.

Sur le plateau, j’ai vraiment eu le sentiment à un moment de perdre pied.

Il faut dire, avec le recul, que ma présence sur ce plateau était culottée. En réalité, j’étais là pour critiquer, pour être confronté, sur son terrain et avec ses armes, à un journaliste chevronné pour lequel la caméra n’a plus de secret. J’ai essayé d’être nuancé, d’expliquer mon opinion selon laquelle la RTBF a certainement fait des erreurs dans sa quête de la question choc, mais qu’elle n’est pas la seule. La presse écrite joue la surenchère du titre racoleur. Mais les principaux artisans de la crise sont vraisemblablement les politiciens, qui n’ont pas ménagé la presse et qui ont aussi, en premier lieu peut-être, joué au jeu de la phrase qui tue.

L’audiovisuel est ainsi fait qu’on attendait de moi une position offensive et relativement radicale – à exprimer en trente seconde chrono. D’autant plus vis-à-vis de personnalités pour lesquelles j’éprouvre le plus grand respect, à l’instar de Alain Gerlache et Sacha Daout, lequel m’est apparu comme quelqu’un de très rigoureux dans son travail – c’est le moins que je puisse dire. Difficile exercice. Trop grande rigidité, assurément. Dans la vraie vie, je sais aussi sourire! Que tous ceux qui ont déjà été confronté à mon sourire dévastateur en attestent (ainsi que la photo ci-dessous)!

Comment suis-je en Sylvester Stallone?

Allez, dressons le bilan. J’ai des choses intéressantes à dire, je continue à le croire. En toute humilité, je me rallie aux opinions de Frédéric François, interviewé avant moi, qui – 50 ans d’expérience – exprime avec sagacité un point de vue pertinent. Je tâcherai, si prochaine fois il y a, de prendre la caméra pour ce qu’elle est : un médium entre ma pensée et des interlocuteurs passifs. Surtout et de toute évidence, ma cravate a beaucoup plu!

A tout prendre, une expérience intéressante et inédite dont je ne manquerai pas de tirer les enseignements utiles et féconds pour l’avenir!

7 réflexions au sujet de « Mon expérience à la télé »

  1. Alain Gerlache

    C’est toujours très intéressant de vous lire. Ne soyez pas catastrophé, votre message a pu passer. C’est vrai que se retrouver comme ça dans le décor du JT n’est pas équitable. Mais l’alternative, c’est, comme nous le faisons aussi, et l’avions fait dans un premier temps avec vous, d’enregistrer la question. Défaut : le téléspectateur n’a pas la possibilité de réagir à la réponse à sa question. Bref, rien n’est simple.

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  2. François

    Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est tout à fait remarquable de votre part de donner un suivi à cette émission que vous avez organisé avec tant de rigueur.

    Rassurez-vous, je suis aussi peu catastrophé du résultat que j’ai pu être très intimidé – bien trop, sans doute – par le contexte de l’enregistrement.

    Je suis de loin plus reconnaissant d’avoir pu m’exprimer en toute liberté sur un plateau, avec les difficultés que cela comporte, que d’avoir été « diffusé-minute », dans une réaction relativement figée que suppose une face-caméra.

    En fin de compte, cette expérience a vraiment été très enrichissante. Elle me servira à constituer un capital confiance pour la suite, de manière à exploiter pleinement en d’autres occasions les facultés d’expression dont je dispose 🙂

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  3. François

    Et en fin de compte, vous m’aviez parfaitement mis au courant des termes du contrat, à savoir du déroulement de l’émission. C’était un défi de venir sur le plateau, que je suis content d’avoir relevé!

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  4. Cédric Chenevere

    François, je te l’ai dit par sms hier, j’ai adoré ta cravate (d’ailleurs, tu dis rejoindre Frédéric François alors n’oublie pas la pique qu’il a envoyée aux autres journalistes : il y a cinquante ans, il n’aurait pas dû s’excuser d’apparaître en veston et cravate).

    Plus sérieusement, la télé est un média difficile la première fois. Crois-moi j’en ai déjà fait quelques fois l’expérience mais on en rediscutera un jour ;-)Et je peux témoigner que tu peux sourire et même que tu souris très très souvet dans la vie de tous les jours !

    Pour le reste, je suis d’accord avec ce que tu as dit : le reportage de la RTBF n’était pas exempt de reproches mais tu as évité le piège de la critique facile. Tu étais posé et nuancé, c’est cela que j’ai apprécié.

    Cédric

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  5. Anonymous

    Ce que j’ai appris via cette émission, c’est l’explosion des espaces où le simple individu peut s’exprimer…ce qu’il ne manque pas de faire, parfois avec trop peu de nuance, mais il y en a certains que ça défoule, faut croire. Je trouve remarquables essentiellement quelques faits relatifs à ton passage sur le grand écran de Papa (!) Pointons :
    1) que tu aies été remarqué par la pertinence et la qualité de tes écrits déposés sur blogs. Tu nous as vraiment ouverts, pas assez encore, mais c’est en cours, à participer davantage à la vie politique de notre pays en s’informant et en discutant, en comparant, par ta créativité et ton action, et je profite de cette occasion pour t’en remercier.
    2) la cordialité des deux journalistes qui étaient tes interlocuteurs. A aucun moment ils n’ont tiré parti de ta méconnaissance de tout ce qui fait leur métier, qu’ils servent bien. Et je trouve admirable le fait qu’Alain Gerlache ait pris la peine de venir consulter ta réaction par rapport à cette expérience forte, et te rassure sur ce même blog où je viens toujours avec plaisir voir ce que « mon grand fifi » a cogité. C’est comme quand tu étais petit et qu’on entendait plus rien dans ta chambre…(Mais que mijote-t-il donc?!?) Je paraphraserai Franquin pour terminer…: « Aïe! Une idée! »

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