Questions à la une

Le reportage de « Questions à la une » d’hier m’a semblé très orienté sur les thèses francophones, reportant la faute de tous les échecs sur les partis flamands, surtout le cartel. En revanche, les oppositions francophones sont présentées sous l’angle de la légitime défense et de la bravoure.

A posteriori, le montage s’apparente à une vaste entreprise de légitimation de la couverture de la crise par la RTBF. Les journalistes donnaient surtout l’impression de justifier la manière dont ils ont couvert la crise… Sans beaucoup de remise en question! Alors que, selon moi, les médias francophones ne commencent à poser les bonnes questions que depuis… Le vote de BHV en commission de l’intérieur, grand maximum.

Ce n’est pas un hasard si la VRT, dont l’entente est en générale pas mauvaise avec la RTBF, dénonce l’émission dans le même sens que moi – en partie. Je pense qu’une fois de plus, sous prétexte de journalisme d’investigation, Questions à la une cherche à faire passer une opinion orientée. Sans l’assumer ouvertement, cela va sans dire.

En savoir plus, voir le blog d’Alain Gerlache.

Une réflexion au sujet de « Questions à la une »

  1. Virginie

    C’est vrai. Cela dit, pour moi, ce parti pris est assumé dés lors que constamment, les porte-parole des partis néerlandophones refusent l’accès aux réalisateurs et que cela est annoncé.
    Bien sur, ce sont des coulisses francophones. Mais quelque part, je n’ai pas pu voter pour les hommes politiques flamands, ils n’ont pas de compte à me rendre. Ce qui est dommage, et je préfèrerais avoir des partis bilingues… mais dans l’état actuel des choses, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt cette émission et je pense sincèrement qu’ils ont montré que ce qu’ils ont eu l’occasion de filmer. Si les partis flamands s’étaient montrés plus coopératifs, je suppose qu’elle aurait été bien différente.

    Cela dit, j’attends avec impatience l’émission de la VRT. Je me demande si les partis francophones sont ouvert avec la presse néerlandophone que leur homologues avec la presse francophone…

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  2. François

    Un reportage militant

    Au Nord aussi, on a suivi « Questions à la une »… Le soir même, le journaliste de la VRT Ivan De Vadder lançait la charge. « C’est un bon reportage. Les journalistes de la RTBF ont réussi à résumer six mois de négociations de manière très claire. Pour autant, il y a certains détails qui rendent le reportage très militant. » Pourquoi par exemple se scandaliser d’avoir à un moment été remballé de Val Duchesse par Leterme, s’interroge Ivan De Vadder. « L’idée d’aller voir dans les coulisses est très louable. Mais si cela ne marche pas, on ne peut pas en faire le reproche à des politiciens en pleine négociation. » Autre critique : le moment de la diffusion. « Le fait de ne pas avoir attendu que le gouvernement soit formé n’est pas anodin. C’est à nouveau un signal politique qu’envoie la RTBF. » A nouveau? « Depuis Bye bye Belgium, il y a le sentiment que les médias du sud présentent les choses de manière très partisane. » Du côté de la RTBF, on s’étonne. Frédéric Gersdorff, l’un des deux auteurs du reportage : « Six mois après les élections, on est revenu au point de départ. C’était le moment de passer le sujet. De plus, on a reçu le feu vert de tous ceux avec qui on avait un accord. Après, que l’on ‘utilise’ politiquement notre travail, ce n’est plus de notre ressort. » En se focalisant sur les francophones, la RTBF ne s’est-elle pas condamnée à ne présenter qu’une version de l’histoire? « Je n’ai pas de problème avec le fait que l’on se focalise sur certains, mais à nouveau, c’est le ton employé qui me gêne », insiste De Vadder. « C’était un choix éditorial , explique Gersdorff, et pragmatique : on ne pouvait pas suivre tout le monde. Cela ne veut pas dire pour autant que l’option était de défendre les partis francophones. »

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