Complexe de supériorité belge

La crise politique aura eu bien des torts, en Belgique. En tous cas celui de diviser en son sein un pays dont la taille est extrêmement réduite sur le plan international. D’où la nécessité de se serrer les coudes et de se « grandir » comme on peut.

C’est à cet exercice que se livre avec brio La Libre Belgique dans cet article, au demeurant très intéressant, au sujet de la présidence slovène de l’Union. Il convient plutôt d’en juger « Nain économique et démographique« , « La petite Slovénie« , …

C’est amusant de lire cette condescendance à l’égard de plus petit que soi, dont les médias étrangers sont friands lorsqu’il s’agit de parler de la Belgique. Et celle-ci de se vouloir plus grosse qu’un boeuf! Nos amis slovènes ont le même niveau de vie que nous et gèrent à merveille le patrimoine naturel d’un pays richement pourvu en la matière.

J’y retournerai un jour pour y pêcher la truite.

Cinema 1 – Elizabeth

En cette période hivernale et de bloque (examens à venir en janvier), pour faire une pause, le cinéma s’impose! Je tiendrai sur ce blog une rubrique cinéma jusque début février 2008 pour donner brièvement mes impressions sur les films que j’aurai été voir.

Hier, c’était « Elizabeth : The Golden Age » au Parc (Droixhe). D’emblée, c’est un film parfait, réalisé avec soin, produit avec des moyens et calibré pour plaire au plus grand nombre. Il n’en est pas pour autant dépourvu d’aspérités, avec une certaine complexité des niveaux de lecture. Il y a une dimension allégorique autant qu’historique dans ce film ; centré sur l’image de la Reine, il essaye de restituer l’aura proprement royale qui entoure celle-ci. Certaines scènes sont à la limite de la grandiloquence et engagent un visuel qui ne plaîra pas à tous.

Toujours est-il que la prestation de Cate Blanchett, dans ce rôle pour la seconde fois, est franchement remarquable. Une authentique prestation d’acteur, avec une puissance impressionnante et un anglais remarquable. Intouchable, presque impériale, dans son statut royal… et pourtant si fragile et humaine dans l’intimité!

A voir, donc, en VO si possible!

Sarkozy Sex Tapes

Comprenons-nous bien. Je ne vais pas me prononcer ici sur les idées politiques de Nicolas Sarkozy ou la manière dont il les met en oeuvre.

Je voudrais juste poser la question de savoir pourquoi on déballe sa vie privée à toutes les sauces dans les journaux. Sa présumée sulfureuse liaison avec Carla Bruni dans un endroit tout sauf sulfureux – Disneyland – était un faux scoop bien monté, décrypté en trois volets, ici, ici et .

La presse belge se fait régulièrement l’écho de ces anecdotes présidentielles, bon, je suppose que cela fait vendre. Mais quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi de très sérieux journaux nous assoment avec le copieux menu de ses vacances à Louxor? Who cares?

C’est la dernière fois qu’on me prendra à relayer, moi aussi, ces informations sans intérêt, mais je dois avouer ma perplexité face à ce véritable flooding des journaux… Sinon, pour le titre racoleur de ce post, voyez cette rumeur!

Mon expérience à la télé

Stress et cravate! Voilà qui caractérise mon intervention audiovisuelle dans l’émission Decode de ce samedi 12h10.

Pour être franc, je ne suis pas satisfait de ma prestation. Je me suis trouvé rigide et sévère, j’ai l’impression d’être un peu passé à côté du message que j’aurais souhaité délivrer. De toute évidence, je me suis laissé tétaniser par un enjeu dont l’importance se doit, toutefois, d’être relativisée!

L’émission m’a beaucoup préoccupé ces derniers jours, j’avais très à coeur de bien assurer mon intervention. A chaud, hier après-midi, au sortir du plateau de tournage, voilà quelles étaient mes impressions : aucune. Ma tête était entièrement vide, j’aurais même été incapable de restituer la teneur de ma conversation avec MM. Gerlache et Daout.

La télévision est une machine infernale. Tous ces écrans, micros, caméra, l’omniprésent chrono – qui découpe votre vie en tranches d’une seconde -, cela génère un environnement radicalement impensable pour le néophyte, et les difficultés que j’ai éprouvées à m’y accoutumer transparaissent sans nul doute à l’écran. A tel titre d’ailleurs qu’une bonne moitié de la période enregistrée n’a pas été diffusée.

Sur le plateau, j’ai vraiment eu le sentiment à un moment de perdre pied.

Il faut dire, avec le recul, que ma présence sur ce plateau était culottée. En réalité, j’étais là pour critiquer, pour être confronté, sur son terrain et avec ses armes, à un journaliste chevronné pour lequel la caméra n’a plus de secret. J’ai essayé d’être nuancé, d’expliquer mon opinion selon laquelle la RTBF a certainement fait des erreurs dans sa quête de la question choc, mais qu’elle n’est pas la seule. La presse écrite joue la surenchère du titre racoleur. Mais les principaux artisans de la crise sont vraisemblablement les politiciens, qui n’ont pas ménagé la presse et qui ont aussi, en premier lieu peut-être, joué au jeu de la phrase qui tue.

L’audiovisuel est ainsi fait qu’on attendait de moi une position offensive et relativement radicale – à exprimer en trente seconde chrono. D’autant plus vis-à-vis de personnalités pour lesquelles j’éprouvre le plus grand respect, à l’instar de Alain Gerlache et Sacha Daout, lequel m’est apparu comme quelqu’un de très rigoureux dans son travail – c’est le moins que je puisse dire. Difficile exercice. Trop grande rigidité, assurément. Dans la vraie vie, je sais aussi sourire! Que tous ceux qui ont déjà été confronté à mon sourire dévastateur en attestent (ainsi que la photo ci-dessous)!

Comment suis-je en Sylvester Stallone?

Allez, dressons le bilan. J’ai des choses intéressantes à dire, je continue à le croire. En toute humilité, je me rallie aux opinions de Frédéric François, interviewé avant moi, qui – 50 ans d’expérience – exprime avec sagacité un point de vue pertinent. Je tâcherai, si prochaine fois il y a, de prendre la caméra pour ce qu’elle est : un médium entre ma pensée et des interlocuteurs passifs. Surtout et de toute évidence, ma cravate a beaucoup plu!

A tout prendre, une expérience intéressante et inédite dont je ne manquerai pas de tirer les enseignements utiles et féconds pour l’avenir!

DECODE – Sortie de crise et médias

Le compteur de crise est arrêté! Je ne suis pas persuadé que la crise soit proche d’une résolution définitive pour autant. Le chemin est encore long d’ici à un projet stimulant pour un pays qui se cherche et pour les peuples qui le composent. Je constate qu’une meilleure volonté d’aboutir a animé la formation de ce gouvernement ad interim. Difficile de ne pas tomber dans un « effet Verhofstadt » quand on voit comme le Premier s’est investi avec succès dans la sortie de crise! Gageons que les plus hautes s’instances s’en ouvriront à lui (la presse internationale ne parle que de « Guy Verhofstadt qui a réussi la où les autres patinaient »).

Bref!

Cette crise est résolue, au sens formel (nous avons un gouvernement), laissant la place à des solutions de fond (sur le contenu). En attendant, elle aura duré plus six mois, miné le capital « confiance en lui-même » d’un pays, ruiné l’image de la classe politique, exaspéré une population qui n’a pourtant pas su exprimer ou traduire ses ressentis ; elle aura également occupé une place très importante du terrain médiatique.

La couverture de la crise par les médias, parlons-en! Il en sera question dans l’émission DECODE, programmée ce samedi à 12h10 sur La 1 (RTBF). La RTBF a régulièrement été la cible de mes critiques pendant les élections et dans la suite des évènements, notamment sur ce post ou celui-là. C’est donc avec plaisir et honneur que j’ai reçu le privilège de pouvoir venir exprimer mon modeste point de vue lors de cette émission. Je remercie ses concepteurs qui ont pris la peine de consulter mes opinions, de les prendre en considération, et qui me donnent un lieu d’expression en mes qualités de téléspectateur et de blogueur.

Sous la modération d’Alain GERLACHE, qui tient un blog dédié aux médias et qui gère l’émission Décode, je pourrai faire part de certaines de mes observations à Sacha DAOUT. Ce dernier a co-réalisé l’émission Questions à la Une spéciale portant sur les négociations gouvernementales (diffusée il y a deux semaines d’ici). Il a réagi ici aux propos consécutifs de la VRT qui s’en étaient suivis (disponibles ici).

Pour le dire en deux mots, j’estime que la RTBF, à l’occasion de cette émission rétrospective , aurait dû prendre un certain recul par rapport aux évènements, en ce compris une position autocritique sur son propre rôle. Il me semble qu’en plus de ne l’avoir pas fait, elle a légitimé a posteriori sa couverture quotidienne de la crise, sans une once de remise en question, et qu’elle a persisté à donner une certaine lecture unilatérale des causes de la crise, fortement imputée aux responsables politiques flamands.

Decode sera diffusée ce samedi à 12h10. Une rediffusion est prévue le mardi 25 décembre à 9h15.

J’en profite pour annoncer la sortie imminente de mon nouveau blog, dans une forme plus libre, plus complète, plus belle et plus ouverte, qui sera disponible sur cette adresse : www.periscope.be (encore en construction).

Pour en savoir plus, je vous suggère de suivre les liens suivants:
Sortie de crise: positionnements, com’ et médias (blog Alain Gerlache)
La VRT s’en prend à Questions à la Une (suite) : la réaction de Sacha Daout (blog Alain Gerlache)
Bye-bye bon sens (mon blog)
Questions à la une (mon blog)

Les gens

La sémantique récèle bien des mystères et je voudrais attirer l’attention sur ce qui me semble être un glissement de cet ordre depuis les élections en Belgique. L’électeur, dont la voix constitue la fondation du système politique en vigueur, donnent des assises aux partis politiques et particulièrement à leurs représentants les plus visibles. Avant le 10 juin, cet électeur était un « citoyen« . Habitant de la polis (la Cité grecque), il s’apprêtait à jouer un rôle actif dans l’espace public belge et à instituer un gouvernement.

Seulement voilà, il y a eu la crise. Tout un temps, on a parlé, analysé et disséqué le choix de « l’électeur« . On était loin de référer à une prophétie divinatoire, mais le terme était entendu au sens de celui-qui-s’est-prononcé, l’oracle si l’on veut. Logique, après des élections. Certains ont vu dans l’exercice de l’obligation de vote (en Belgique, ce n’est pas à proprement parler un « droit »), l’indécision et l’incompatibilité fondamentales qui ont conduit à la crise.

Depuis l’enlisement sans précédent de la crise et sa mutation en ce que d’aucuns appellent la « crise de régime », on assiste à l’émergence d’un nouvel acteur sémantique, qui ne repose plus sur l’individu (le citoyen, l’électeur). C’est un corps social difforme et diffus, collectif, labellisé sous l’appellation « les gens« . Combien de fois l’inquiétude légitimement exprimée de voir les négociations patiner n’a-t-elle pas fait écho dans une certaine presse sous le slogan « Il faut un gouvernement pour s’occuper des vrais problèmes des gens ». Comme si le fait de n’avoir pas de gouvernement était un faux problème!

« Les gens », le label, réfère pourtant à une certaine idée du citoyen démocratique. Celui qui, passif, attend de la formation d’un gouvernement et de l’Etat en général qu’il satisfasse à ses exigences, qu’il « maximise son utilité » en échange de la voix qu’il a accordé. Consécutivement à l’augmentation du baril de pétrole brut et à la spéculation sur les matières premières, « les gens » attendent du gouvernement (au demeurant de manière naïve) qu’il remplisse leur cuve à mazout et assure leur « pouvoir d’achat ».

« Les gens » devraient s’insurger contre cette catégorisation aussi dépréciative que possible, collectivisante, qui réduit l’ensemble des citoyens-électeurs à un groupe dont la « médiocritude » et l’égoïsme de bas étage sont les principales caractéristiques.

Je ne peux ni ne veux rentrer dans un débat sur la « précarité » – j’accepte mal la formule d’un « précariat » en voie de constitution. Pour autant, je constate que la manifestation sur le pouvoir d’achat du week-end dernier est un échec ; 20 000 personnes, ce n’est pas rien, mais c’est à mettre en perspective avec les 200 000 personnes qui ont défilé dans les rues de Liège pour cette grand-messe de la consommation de Noël, à savoir la Parade RTL. Les budgets pour les cadeaux de saint-Nicolas, sous une forte pression publicitaire, ont atteint des records en 2007, de même que 70 % de consoles de jeu vidéo supplémentaires ont trouvé acquéreurs, de 2006 à 2007.

En conclusion, « les gens » est une expression qui dévalorise fondamentalement le citoyen, l’amalgame à un troupeau aux aspirations bas-de-gamme. Et concrètement, lorsque le citoyen devrait se réapproprier l’espace public, invectiver le politique pour son comportement (pas toujours reluisant), faire tonitruer sa voix, manifester, s’insurger… Il préfère parader pour Noël. « Parce que c’est gratuit et qu’on y a droit et qu’on serait bien bête de pas en profiter » (Amélie Nothomb pour la formule délicieuse).

Tuyau d’investissement

Amis de la fortune, bonjour ou bonsoir, c’est selon. Je voudrais faire part aux spéculateurs dans l’âme parmi mes lecteurs d’une remarquable astuce pour s’enrichir aux frais de l’Etat. Dans ce remarquable article, l’auteur fait remarquer combien il est intéressant aujourd’hui d’investir dans l’achat d’une bonne grosse cylindrée, d’un véhicule bien polluant. Tenez, un Hummer par exemple.

Que du bénef. En la jouant finaude, vous aurez une belle exonération fiscale sur l’achat du prochain véhicule moins polluant – il le sera, croyez-moi, en vertu des obligations européennes (on peut rêver…). Ensuite, vous vous en débarassez et là, miracle, un abonnement de bus de deux ans. Encore de quoi rigoler, pendant au moins la durée de ce délais, au détriment de l’écolo de la banlieue d’à-côté qui a roulé à vélo tout ce temps et qui n’a eu droit à rien. Une bonne baisse d’impôts et un beau cadeau mobilité (pas cumulables, c’est vrai) royalement offerts par le contribuable! Magnifique!

Et ce n’est pas tout! Dans ma grande bonté, je vous révèle le petit secret qui fait toute la différence. Avec l’investissement que je propose, c’est une spéculation infaillible qui vous attend. Réchauffement climatique = diminuer le CO2 = encore plus de primes pour les conducteurs. Bref, une aubaine lorsqu’il s’agira de troquer la quatrième automobile familiale, celle du « petit », pour lui offrir un beau scooter aux biocarburants!