Temps des constats

La crise politique actuelle révèle pour le moins deux constats féconds.

Premièrement, il n’y a plus de « Pacte des Belges ». Les bases à la fondation de notre Etat ont été sapées par les réformes successives de l’Etat. Dès lors, le mouvement centrifuge du fédéralisme nouvellement mis en place a contribué, depuis le début, à positionner une communauté face à l’autre. C’est la grande particularité de notre fédéralisme ; n’unir au sein d’un Etat que deux entités « culturelles », avec des cas particuliers comme Bruxelles et les cantons germanophones. C’est aussi ce qui en fixe les limites ; le couple Belgique est en crise.

Deuxième constat : les politiques sont incapables de remédier à cette situation. Omnibulés par 2009, déjà en campagne et soucieux avant tout de se donner de la visibilité, ils versent progressivement d’une stratégie électoraliste à une certain irrationnalisme. Je m’explique : la population ne comprend plus leurs agissements et s’inquiète du bout des lèvres de l’avenir de son pays. Au lieu d’en prendre acte et de chercher des solutions – des vraies, en profondeur – les politiques continuent actuellement de se jeter la balle. Entre eux. Car ils persistent avec un entêtement peu banal à se « consulter » envers et contre tout, sans la moindre envie apparente de re-fonder l’Etat belge et – pire – avec une volonté manifeste de saper les initiatives allant dans ce sens.

Ainsi, parenthèse, je nourris les plus vives inquiétudes quant à ce Comité des Sages supposé lancer des pistes de réconciliation et de chercher après ce que Flamands et Francophones peuvent encore bien avoir à se dire. Pourtant, c’est une initiative que j’appelle de mes voeux depuis longtemps. Mais les bruits qui courent sur la composition de ce comité sont pour certains très alarmants. N’ai-je pas entendu que le PS se disposait à envoyer Elio di Rupo à titre de sage? Depuis la campagne et le début de la crise, j’identifie très mal son sens du bien commun et de l’Etat… Ensuite, à propos du Comité des Sages toujours, quelle crédibilité a cette initiative qui interviendra – si elle intervient – sur proposition de Van Rompuy et de de Decker, sur demande du Roi. Bref, en se plaçant dans la continuité de cette vaste blague royale et institutionnelle : informateur, démineur, formateur, explorateur, formateur, pacificateurs, ou que sais-je?

Crise des fondements de l’Etat belge et incapacité du politique évoluant en vase clos à y remédier, donc.

Dans les prochains jours, je viendrai avec mes petites idées de sortie de crise.

Une réflexion au sujet de « Temps des constats »

  1. ben

    et quoi toto ton avis sur la manif?

    Ce que je trove comique c’est que la population présente ( bourgeois bruxellois, scout…) sont les élécteurs de l’orange bleue…

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  2. François

    La manif en soi aurait pu etre intéressante, mais ca a tourné à un ressemblage à rien… 35000 personne c’est peau de balle. Mal organisé (annoncé 3-4 jours a l’avance, mauvais relais médiatique avant la veille), mauvais message (c’était plus une critique binaire du politique) et peopolisation de la dame dont le seul mérite est d’avoir rédigé une pétition douteuse…
    Les médias francophones vendent cela comme un succès, pas les médias flamands… 35000 personnes, c’est trois fois moins que pour manifester contre le pacte des génération!
    Il aurait fallu un appui flamand costaud, un message beaucoup plus limpide (la Belgique A UNE RAISON D’ETRE – point barre), une mobilisation à terme, le soutien des syndicats et de l’associatif, etc.

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