Manu Chao

Manu Chao Radio Bemba Soundsystem

Manu Chao était déjà l’auteur du très très apprécié par moi « La Radiolina« . Dégagé de toute contrainte contractuelle avec sa maison de disque, Manu Chao sort ce CD sur son propre label et auto-distribue le produit de ses oeuvres, premier bon point. Ses oeuvres, au demeurant, sont particulièrement excellentes. Plus rock, plus pop, plus mélodieuses mais toujours aussi éclectiques. Ses sonorités habituelles, voire certains de ces textes, reviennent et repartent comme ils sont venus et comme ils réapparaîtront sur ses prochaines compositions. Second bon point. C’est le secret Manu Chao : un recyclage intensif, un brassage d’influences et de cultures toujours ressassé, jamais rabaché. En fin de compte, parmi les chanteurs français contemporains, Manu Chao est le seul à avoir popularisé des messages essentiels, simplement. Il stigmatise les dérives d’une certaine oligarchisation des démocraties, la pression des marchés financiers, les déséquilibres mondiaux et écologiques. Jamais prosélyte, toujours convaincu. Troisième bon point.

Click my portfolio (Le Soir.be)

Fort d’une tournée mondiale (mais comment pourrait-il en être autrement?), Manu Chao passait à Cologne le week-end dernier. Il faut savoir qu’il avait prévu de passer par Forest National mais qu’il ne l’a pas fait pour la raison que le distributeur monopolistique de tickets était Sherpa, soit le service billetterie de Live Nation. Live Nation, ce n’est autre que Clear Channel, un grand groupe médiatique qui dispose d’un monopole de fait sur l’organisation d’évènements culturels, notamment (de plus en plus) en Belgique, et qui draîne des profits impressionnants en maintenant les artistes sous forte pression. Lorsqu’un journaliste évoque devant Manu Chao la cohérence du concert, au vu de ce système de distribution des tickets, celui-ci ne fait ni une ni deux. Annulé! Fi donc du manque de cohérence qui lui fut reproché lorsqu’il vint à Werchter (festival Clear Channel) en 2001. Quatrième bon point.

Il décide de manière impromptue de passer par Herstal, à LaFabrik, grâce à ses potes de la Caravane des Quartiers. Cinquième bon point! Prévue pour 2000 personnes, la salle sera trop petite. Pour casser un marché noir qui en quatre jour se serait développé scandaleusement, il fut décidé de jouer dans la cour intérieure (6000 places). 2000 places furent remises en vente dès le week-end et le lundi, et enfin 2000 le mardi soir-même du concert. Marché noir, un phénomène récurrent de l’organisation de concerts, cassé! Sixième bon point.

Le concert, septième bon point. Deux heures de Radio Bemba dans les oreilles, de la fête, du saut, de la danse, de la reconnaissance, des mercis, du tempo, des bonjour, des au revoir, des adieux, de la Mano Negra, du bon son, des rappels, des émotions, de la joie, de la chaleur (en extérieur!), j’en passe et des meilleures. Finalement, il n’aura joué que deux ou trois chansons de son dernier album et n’aura pas fait la classique et tristement banale promotion de son dernier single (en rappel aux autres concerts, de préférence).

Manu Chao, un artiste hors pair et engagé. Généreux et talentueux. Huitième bon point et la gommette verte. Magnifique!

Manu Chao
Portfolio

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *