Liberté de la presse

Reporters sans frontières vient de rendre publique la version 2007 de son classement mondial pour la liberté de la presse. La Belgique y détient la 5ème position, en amélioration par rapport à 2006. Que le lecteur me pardonne d’encore une fois jouer les rabat-joie, mais je voudrais émettre l’une ou l’autre remarque.

La liberté de presse est une liberté essentielle d’une démocratie pluraliste. C’est un principe auquel on ne peut qu’adhérer, me semble-t-il. A cet égard, il ne fait pas le moindre doute que la presse belge est libre de publier tout ce qu’elle veut. Absolument tout.

C’est là que je veux en venir. Pouvoir dire ce que l’on veut, c’est une chose. Cela ne concerne toutefois en rien la qualité de ce qui est ainsi publié. J’ai déjà, à de nombreuses reprises, exprimé ma piètre opinion à l’égard de la presse francophone en Belgique. Il faut aussi vouloir faire du bon journalisme ; oser poser les questions qui dérangent vraiment ; se dégager de la partisanerie de bas-étage ; séparer les faits de l’analyse qui en est donnée ; se donner les moyens d’y parvenir tout en refusant une politique d’audimatoriat.

En ce qui concerne le dernier point (ne pas servir à la populace la soupe qu’elle réclame et se donner les moyens de prendre du recul), je suis bien conscient de la brave utopie ou du voeu pieu dont cela relève. Toujours est-il que la presse devrait, idéalement, ne percevoir aucun revenu publicitaire privé ni aucun subside des pouvoirs publics pour subsister. Comment compter sur le lectorat pour financer un tel service à l’heure où l’offre de services doit s’étendre (internet, podcast et autres), lorsque précisément le lectorat s’accoutume dangereusement à la gratuité de tout?

L’information de qualité a un prix, cela me paraît évident. Un hebdomadaire pourrait être le lieu d’une presse généraliste de qualité, qui monterait des dossiers essentiels (ni sensationnalistes ni contingents), se détacherait de l’actualité à effet de péremption immédiate. Le Vif n’est plus en position de prétendre à ces qualités. Ce n’est pas le dossier 4×4 de dix pages (dont 4 pubs pour des 4×4), de la dernière édition, qui viendra me démentir.

Peut-être la garantie d’une bonne presse serait-elle à chercher du côté « institutionnel ». Je jette une idée certainement ridicule en l’air pour faire réfléchir. Pourquoi ne pas instituer quatre corps de presse d’obédience correspondante aux quatre tendances politiques du pays : socialiste, libérale, humaniste et écologiste? Les journalistes y seraient nommés à vie, tels des magistrats… indépendants. Ils auraient leur conscience pour eux, aucune obligation de productivité ni de respect des sponsors privé. Ils joueraient franc-jeu sur leurs opinions (pas sur les faits), de façon à stimuler le débat démocratique.

Enfin, bref, rendre à chaque tendance politique une presse – de manière à clarifier les enjeux et les positions – dégagée du secteur privé (revenus de la pub) et qui aurait les moyens de ses ambitions.

Cher lecteur, quelle est ton opinion?

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