Daerden, sport et budget

Ce n’est pas vraiment un scoop, mais je voudrais rappeller que notre bon ministre régional Michel Daerden est de plus en plus décrié pour ses gestions scandaleuses de certains dossiers. A lire: ce qu’en dit Le Pan, chiffres à l’appui (25/09/2007).

Je ne vais pas m’attarder sur l’opportunité même de mener ces projets (Country Hall et nouveau stade pour le Standard); elle est inexistante. Comme pour CHB ou Francorchamps, les budgets démesurés engloutis dans ces projets mégalos me semblent tout simplement déplacés.

A aucun moment n’est posée la question de savoir tout ce que l’on pourrait faire avec ces mannes financières.

Combien de projets culturels intéressants à portée humaine à financer avec les 25 à 30.000.000 € du Country Hall? Combien de compagnies pourraient-elles monter leur pièce? Combien de jeunes réalisteurs pourraient-ils faire leurs armes avec un court métrage ou un long? Combien de mouvements de jeunesse pourraient être subsidiés? Une somme pareille pourrait financer des très nombreux acteurs du milieu culturel sur des projets intéressants, qui nécessitent relativement peu de moyens, plutôt que de faire venir Deep Purple à Liège…

Combien de clubs sportifs auraient la capacité de revoir leurs infrastructures, le prix de leur cotisation, leur matériel sportif avec le prix éléphantesque que ne manquerait pas de coûter un nouveau stade du Standard? Combien d’écoles pourraient-elles s’offrir un matériel renouvelé ou performant, voire une réfection de la salle de gym, ne fut-ce qu’avec les dix millions d’€ qu’à coûté la réfection du Standard?

Je pourrais continuer longtemps ; combien d’argent public a été englouti dans la station polaire d’Alain Hubert, au détriment de quel nombre de chercheurs universitaires? Combien d’aides à la mobilité douce, de leviers de revitalisation des centres urbains (ex: parkings de délestage) et d’infrastructures cyclables pour le prix de CHB? Combien d’aides au commerce de proximité pour le prix de l’îlot Saint-Michel ou du complexe Médiacité? Combien de logements restaurés correctement, ou combien de façades ravalées plutôt qu’un nouveau complexe d’appartements de standing en Bavière (absolument irréfléchis sur le plan énergétique, cela aurait pu et dû devenir un projet pilote en centre urbain)?

Le problème c’est que chaque ministre, et Daerden est très doué pour cela, veut voir son nom inscrit sur un projet mammouth et médiatique. Souvent, le politique multiplie les idées démesurées sous prétexte de « développement » et néglige les acteurs de terrain, oublie les ferments d’une politique dynamique et piétine le terreau – pourtant riche – des bonnes volontés du secteur (de proximité).

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