Archives mensuelles : octobre 2007

Eletrobel

Elle est trop belle, la vie, le monde pourri! Pourri comme Electrabel qui n’est pas si bel qui ça. Voici un spot sur la libéralisation foireuse du marché de l’énergie en Belgique (entre autres). Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui y est dit, pas toujours assez informé pour avoir un avis pertinent (par exemple, vu son rendement et son « faible » taux de déchets, je ne suis pas convaincu de la nuisance extrême du nucléaire, sans pouvoir me positionner définitivement et utilement).

L’occasion pour moi de rapeller une de mes vieilles théories du complot: et si la libéralisation progressive du marché de l’énergie était une initiative socialiste? En effet, une libéralisation si foirée et désastreuse ne peut qu’être volontaire… Et quel message plus efficace pour dresser l’opinion publique contre toute tentative future de libéralisation?!

Cher lecteur, n’hésite pas à commenter (d’ailleurs, voilà un con! à voir dans les commentaires)

Voir le site de Le Soir
Eletrobel.be

Sans commentaires

En chiffres absolus, en 2007, 6.362.161 de véhicules étaient en circulation (y compris les motocyclettes), parmi lesquels 5.048.723 de voitures.

Depuis 1977, le parc de véhicules a quasi doublé en Belgique. Actuellement, 6,3 millions de véhicules, dont 5 millions de voitures, circulent dans notre pays, selon les chiffres publiés par la Direction générale Statistique et Information économique.

Source : cet article de La Libre Belgique
L’Institut national de statistique (INS)

Patriotisme culotté

Hé non, je ne vais pas t’abrutir, cher lecteur, avec ces publicités qui fleurissent sur nos pourries voiries, ni avec leur duplicata miniature que l’on retrouve partout dans les grandes et petites surfaces, voire affichées aux murs de la cité. Non. J’ai bien plus efficace en réserve.

Dédicace à Ben pour cette photo très drôle qui exprime si bien le ridicule d’un certain patriotisme…

Le pelotons

Dimanche 21 de ce mois, Caroline Gennez accède à la présidence du SP-A, le parti socialiste flamand. Dirk van der Maelen, député fédéral et vice-président du SP-A, lui exprime son soutien en soutenant son soutien…

Manu Chao

Manu Chao Radio Bemba Soundsystem

Manu Chao était déjà l’auteur du très très apprécié par moi « La Radiolina« . Dégagé de toute contrainte contractuelle avec sa maison de disque, Manu Chao sort ce CD sur son propre label et auto-distribue le produit de ses oeuvres, premier bon point. Ses oeuvres, au demeurant, sont particulièrement excellentes. Plus rock, plus pop, plus mélodieuses mais toujours aussi éclectiques. Ses sonorités habituelles, voire certains de ces textes, reviennent et repartent comme ils sont venus et comme ils réapparaîtront sur ses prochaines compositions. Second bon point. C’est le secret Manu Chao : un recyclage intensif, un brassage d’influences et de cultures toujours ressassé, jamais rabaché. En fin de compte, parmi les chanteurs français contemporains, Manu Chao est le seul à avoir popularisé des messages essentiels, simplement. Il stigmatise les dérives d’une certaine oligarchisation des démocraties, la pression des marchés financiers, les déséquilibres mondiaux et écologiques. Jamais prosélyte, toujours convaincu. Troisième bon point.

Click my portfolio (Le Soir.be)

Fort d’une tournée mondiale (mais comment pourrait-il en être autrement?), Manu Chao passait à Cologne le week-end dernier. Il faut savoir qu’il avait prévu de passer par Forest National mais qu’il ne l’a pas fait pour la raison que le distributeur monopolistique de tickets était Sherpa, soit le service billetterie de Live Nation. Live Nation, ce n’est autre que Clear Channel, un grand groupe médiatique qui dispose d’un monopole de fait sur l’organisation d’évènements culturels, notamment (de plus en plus) en Belgique, et qui draîne des profits impressionnants en maintenant les artistes sous forte pression. Lorsqu’un journaliste évoque devant Manu Chao la cohérence du concert, au vu de ce système de distribution des tickets, celui-ci ne fait ni une ni deux. Annulé! Fi donc du manque de cohérence qui lui fut reproché lorsqu’il vint à Werchter (festival Clear Channel) en 2001. Quatrième bon point.

Il décide de manière impromptue de passer par Herstal, à LaFabrik, grâce à ses potes de la Caravane des Quartiers. Cinquième bon point! Prévue pour 2000 personnes, la salle sera trop petite. Pour casser un marché noir qui en quatre jour se serait développé scandaleusement, il fut décidé de jouer dans la cour intérieure (6000 places). 2000 places furent remises en vente dès le week-end et le lundi, et enfin 2000 le mardi soir-même du concert. Marché noir, un phénomène récurrent de l’organisation de concerts, cassé! Sixième bon point.

Le concert, septième bon point. Deux heures de Radio Bemba dans les oreilles, de la fête, du saut, de la danse, de la reconnaissance, des mercis, du tempo, des bonjour, des au revoir, des adieux, de la Mano Negra, du bon son, des rappels, des émotions, de la joie, de la chaleur (en extérieur!), j’en passe et des meilleures. Finalement, il n’aura joué que deux ou trois chansons de son dernier album et n’aura pas fait la classique et tristement banale promotion de son dernier single (en rappel aux autres concerts, de préférence).

Manu Chao, un artiste hors pair et engagé. Généreux et talentueux. Huitième bon point et la gommette verte. Magnifique!

Manu Chao
Portfolio

Liberté de la presse

Reporters sans frontières vient de rendre publique la version 2007 de son classement mondial pour la liberté de la presse. La Belgique y détient la 5ème position, en amélioration par rapport à 2006. Que le lecteur me pardonne d’encore une fois jouer les rabat-joie, mais je voudrais émettre l’une ou l’autre remarque.

La liberté de presse est une liberté essentielle d’une démocratie pluraliste. C’est un principe auquel on ne peut qu’adhérer, me semble-t-il. A cet égard, il ne fait pas le moindre doute que la presse belge est libre de publier tout ce qu’elle veut. Absolument tout.

C’est là que je veux en venir. Pouvoir dire ce que l’on veut, c’est une chose. Cela ne concerne toutefois en rien la qualité de ce qui est ainsi publié. J’ai déjà, à de nombreuses reprises, exprimé ma piètre opinion à l’égard de la presse francophone en Belgique. Il faut aussi vouloir faire du bon journalisme ; oser poser les questions qui dérangent vraiment ; se dégager de la partisanerie de bas-étage ; séparer les faits de l’analyse qui en est donnée ; se donner les moyens d’y parvenir tout en refusant une politique d’audimatoriat.

En ce qui concerne le dernier point (ne pas servir à la populace la soupe qu’elle réclame et se donner les moyens de prendre du recul), je suis bien conscient de la brave utopie ou du voeu pieu dont cela relève. Toujours est-il que la presse devrait, idéalement, ne percevoir aucun revenu publicitaire privé ni aucun subside des pouvoirs publics pour subsister. Comment compter sur le lectorat pour financer un tel service à l’heure où l’offre de services doit s’étendre (internet, podcast et autres), lorsque précisément le lectorat s’accoutume dangereusement à la gratuité de tout?

L’information de qualité a un prix, cela me paraît évident. Un hebdomadaire pourrait être le lieu d’une presse généraliste de qualité, qui monterait des dossiers essentiels (ni sensationnalistes ni contingents), se détacherait de l’actualité à effet de péremption immédiate. Le Vif n’est plus en position de prétendre à ces qualités. Ce n’est pas le dossier 4×4 de dix pages (dont 4 pubs pour des 4×4), de la dernière édition, qui viendra me démentir.

Peut-être la garantie d’une bonne presse serait-elle à chercher du côté « institutionnel ». Je jette une idée certainement ridicule en l’air pour faire réfléchir. Pourquoi ne pas instituer quatre corps de presse d’obédience correspondante aux quatre tendances politiques du pays : socialiste, libérale, humaniste et écologiste? Les journalistes y seraient nommés à vie, tels des magistrats… indépendants. Ils auraient leur conscience pour eux, aucune obligation de productivité ni de respect des sponsors privé. Ils joueraient franc-jeu sur leurs opinions (pas sur les faits), de façon à stimuler le débat démocratique.

Enfin, bref, rendre à chaque tendance politique une presse – de manière à clarifier les enjeux et les positions – dégagée du secteur privé (revenus de la pub) et qui aurait les moyens de ses ambitions.

Cher lecteur, quelle est ton opinion?

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy l’avait promis et annoncé pendant toute sa campagne et il a tenu parole : la rupture a bien eu lieu! Heureusement pour lui, soit dit en passant, car les raisons sont multiples pour que la postérité s’interroge : de qui se môquet-il?

Dans Liège, à vélo…

Dans Liège, à vélo, on se fait dépasser par les autos!

Le bourgmestre de Liège pense au vélo : bonne nouvelle pour les cyclistes ?

Communiqué de presse du GRACQ du 12 octobre 2007

La presse fait état de la volonté du bourgmestre de Liège, qui s’exprime pour la première fois depuis qu’il a la mobilité en charge, de lancer un appel d’offre pour l’implantation au centre-ville de 20 stations de vélos en libre-service. Le coût en serait supporté par la Ville et non par des recettes publicitaires.

Bonne nouvelle ? Oui sur le principe. Des doutes subsistent sur la manière.

Le GRACQ tient à rappeler que lors de la passation du marché actuel de mobilier urbain en 2003, le Collège avait refusé l’option d’élargir ledit marché pour y inclure la fourniture de vélos en libre service, payés par la pub. La nouvelle prise de position est sûrement motivée par le succès de ce type d’opération dans bon nombre de villes (mais les 25 stations installées à Bruxelles sont un échec cuisant et très coûteux).

Pour le GRACQ, il est indispensable de lancer un appel d’offres après une étude préalable approfondie. L’échec bruxellois vient des tarifs pratiqués mais surtout de la couverture géographique bien trop restreinte, liée au découpage communal, et d’un maillage trop large : les stations sont trop éloignées des une des autres.

Des vélos en libre service aujourd’hui, à Liège, est-ce la priorité ? Si le succès est énorme à Paris, c’est surtout parce que leur mise en service a été précédée d’une politique TRÈS volontariste en faveur du vélo et en défaveur de la voiture pendant 5 ans ! La pression automobile a diminué de 15% en 5 ans à Paris. Entre voiture et ville, le maire socialiste et son collège ont choisi : la voiture recule, au profit des transports publics et du vélo, pour lesquels on investit massivement. A Liège, la circulation automobile augmente, d’après le Collège lui-même, de 3% chaque année.

Le GRACQ rappelle que dans une ville où l’espace public est rare, l’action essentielle pour permettre à tous d’avoir envie de se déplacer à vélo est de réduire la circulation motorisée. Une politique vélo qui ne serait pas soutenue par une politique globale de mobilité et d’accessibilité ne réussira pas.

Ever Present Past

Petite note de service: en septembre, vous avez été 330 à visiter mon blog. En octobre, vous avez déjà été 260 (nous sommes le 21). Merci à vous tous qui prennez le temps de partager votre quotidien internet avec moi!

N’oubliez pas de checker la colonne de droite, remplie de contenu amusant et intéressant! N’hésitez pas non plus à réagir à mes présumées inepties!

Bonne fin de visite!

Daerden, sport et budget

Ce n’est pas vraiment un scoop, mais je voudrais rappeller que notre bon ministre régional Michel Daerden est de plus en plus décrié pour ses gestions scandaleuses de certains dossiers. A lire: ce qu’en dit Le Pan, chiffres à l’appui (25/09/2007).

Je ne vais pas m’attarder sur l’opportunité même de mener ces projets (Country Hall et nouveau stade pour le Standard); elle est inexistante. Comme pour CHB ou Francorchamps, les budgets démesurés engloutis dans ces projets mégalos me semblent tout simplement déplacés.

A aucun moment n’est posée la question de savoir tout ce que l’on pourrait faire avec ces mannes financières.

Combien de projets culturels intéressants à portée humaine à financer avec les 25 à 30.000.000 € du Country Hall? Combien de compagnies pourraient-elles monter leur pièce? Combien de jeunes réalisteurs pourraient-ils faire leurs armes avec un court métrage ou un long? Combien de mouvements de jeunesse pourraient être subsidiés? Une somme pareille pourrait financer des très nombreux acteurs du milieu culturel sur des projets intéressants, qui nécessitent relativement peu de moyens, plutôt que de faire venir Deep Purple à Liège…

Combien de clubs sportifs auraient la capacité de revoir leurs infrastructures, le prix de leur cotisation, leur matériel sportif avec le prix éléphantesque que ne manquerait pas de coûter un nouveau stade du Standard? Combien d’écoles pourraient-elles s’offrir un matériel renouvelé ou performant, voire une réfection de la salle de gym, ne fut-ce qu’avec les dix millions d’€ qu’à coûté la réfection du Standard?

Je pourrais continuer longtemps ; combien d’argent public a été englouti dans la station polaire d’Alain Hubert, au détriment de quel nombre de chercheurs universitaires? Combien d’aides à la mobilité douce, de leviers de revitalisation des centres urbains (ex: parkings de délestage) et d’infrastructures cyclables pour le prix de CHB? Combien d’aides au commerce de proximité pour le prix de l’îlot Saint-Michel ou du complexe Médiacité? Combien de logements restaurés correctement, ou combien de façades ravalées plutôt qu’un nouveau complexe d’appartements de standing en Bavière (absolument irréfléchis sur le plan énergétique, cela aurait pu et dû devenir un projet pilote en centre urbain)?

Le problème c’est que chaque ministre, et Daerden est très doué pour cela, veut voir son nom inscrit sur un projet mammouth et médiatique. Souvent, le politique multiplie les idées démesurées sous prétexte de « développement » et néglige les acteurs de terrain, oublie les ferments d’une politique dynamique et piétine le terreau – pourtant riche – des bonnes volontés du secteur (de proximité).