Le contre-édito (n° 4)

Mme Klein ne nous ayant pas, cette semaine encore, régalé de ses inepties, c’est un autre édito que j’attaque aujourd’hui (Le Soir, édition du 07 juin 2007). L’occasion de dénoncer un problème récurrent – médiatique, à nouveau – de la campagne électorale belge 2007. L’édito est repris ci-dessous in extenso, la seule phrase en couleurs et en italique, entre crochets est rajoutée par moi. Le texte intégral est consultable sur le site de Le Soir.

« Trop méchant et pas assez méchant montent en bateau. Le bateau coule en mer du Nord. Qui reste ? Personne, pardi ! <Sauf les partis qui représentent une vrai alternative à ce débat stérile entre les deux partenaires au fédéral, à savoir les partis d’opposition, constructifs tous deux, Ecolo et le cdH>

Collons des noms sur nos caboteurs menacés de barbotage : sauf improbable plébiscite dimanche prochain, ni Didier Reynders ni Elio Di Rupo ne sortiront personnellement indemnes de cette campagne électorale vénéneuse <Vénéneuse parce que les médias – politisés ou en quête d’audimat, jaloux des succès médiatiques de la campagne française, ont joué la carte de l’affrontement bipolaire, en dépit du paysage politique belge infiniment plus nuancé que le français (comment pourrait-il en être autrement, au vu de nos institutions et du choix de la représentation proportionnelle?)>. Il y a dès lors gros à parier que le président du MR et celui du PS trouveront à se reconvertir avant que le vent d’automne n’ait décoiffé les derniers arbres. Un mandat international pour l’un, un poste de ministre des Affaires étrangères pour l’autre ? Chi lo sa…

« Pas assez méchant », Di Rupo ? Le président du PS va payer cher et vilain sa gestion « diplomatique » de la chienlit carolo.

En bon père de famille, prenant à bras-le-corps les vicissitudes de la famille, il devait sévir, punir, proscrire, assainir et repartir. Il ne l’a pas fait et passe désormais pour un faible. <7 échevins de l’ancienne majorités inculpés, dont le « chevalier blanc de Charleroi », annoncé par Di Rupo comme un sauveur, et inculpé juste après les élections communales d’octobre – on pressent encore deux têtes (les seules encore en place) à tomber>

Bizarrement, c’est… la campagne du président du MR qui va peut-être limiter la casse au PS. Le socialiste peut désormais se présenter en « victime de la droite haineuse », son allié de huit ans.

Parlons-en de « trop méchant » Reynders. Il va sans doute expier sa morgue atavique et son erreur de pilotage.

Car enfin, voilà un homme foncièrement de droite. Las pour lui, son parti ne l’est pas. Ou… pas encore. Le retour en force du clan Michel, adeptes du « libéralisme social » et d’une négociation avec les socialistes « modernes », le démontre à souhait.

Didier Reynders est donc un échappé solitaire. Un précurseur ? Peut-être : il existe assurément un boulevard en Belgique francophone pour une droite décomplexée.

Mais quel que soit le (bon) score du MR dimanche, l’arrogance du président le rend infréquentable. Sa suffisance aussi et – ne perdons jamais cela de vue ! – l’effondrement annoncé du VLD, son allié flamand. <Lisez cet autre article publié dans Le Soir… Le MR se serait, à l’en croire, irrémédiablement fâché et avec le PS et avec le cdH, bref aurait joué lui-même la carte de sa propre éviction, sauf à faire la majorité avec Ecolo… Qui n’a jamais soutenu ouvertement le MR>

Car enfin, quoi qu’en dise Johan Vande Lanotte en brandissant le spectre de l’asymétrie : dimanche, c’est le Nord et ses 4 millions d’électeurs qui donneront le la. Comme toujours. Et bonne chance pour recoller feu le front francophone !En conclusion, je trouve regrettable et déplorable que les médias, RTBF, RTL, Le Soir, principalement, ait accepté, tout au long de la campagne, de jouer le jeu d’une certaine bipolarisation. De donner du crédit aux discours minimisants du MR à l’encontre des partis d’opposition, et un soutien implicite à la royale indifférence à ces mêmes partis montrée par le PS. Je déplore également la place regrettable accordée au « stratego » politique dans les médias, qui trop souvent cherchent des jeux de pouvoir et de coalition là où il faudrait parfois parler de fond. Je regrette enfin l’adoption aveugle de registre sémantiques propres aux deux partis dominants – le travail et le non-travail pour le PS, l’économie pour le MR – au détriment des thèmes soutenus respectivement par le cdH et Ecolo.

0 réflexion sur « Le contre-édito (n° 4) »

  1. et les flamands, ils viennent aussi aux élections « les mains libres » 🙂 J’aime les raisonnements tronqués style « voter cdh c’est voter leterme le méchant séparatiste » ou « voter mr c’est voter guyguy le gentil premier ministre ». Faut quand meme bien reconnaitre que le scrutin est assez hermétique de chaque coté de la frontière linguistique…

  2. chacun son débat, mais au finale il n’y a quand même qu’un gouvernement…

    Hier j’ai vu un gars avec un t-shirt « Elio premier ministre » … il m’a dit que c’était serieux…

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