Le contre-édito (n° 3)

Les carolos ont la guigne

Au Vif/L’express, les éditos se suivent… et ne se ressemblent pas. En effet, ce vendredi en ouvrant mon hebdomadaire favori par défaut, je jubilais d’avance à l’acerbe critique à laquelle j’allais pouvoir me livrer, déversant ma bile acide sur une nouvelle inconséquence indécente.

Et pourtant! Et pourtant, il me faudrait cette semaine être de bien mauvaise foi pour trouver à redire à l’éditorial de Mme Klein, lequel me semble au contraire des autres semaines soulever nombre d’éléments intéressants. Ainsi ne pourrais-je me formaliser que, malgré tout, pour une certaine complaisance vis-à-vis du PS, tout en laissant la responsabilité politique de ses propos à Mme Klein. Tout de même, comme le dit le titre, « Les Carolos ont la guigne ». Certes, mais en l’espèce, ils ont élu cette guigne au suffrage universel.

Voilà donc cet édito qui trouve un prolongement tout à fait intéressant dans l’actualité: « A Charleroi, le président du PS, Elio Di Rupo, bouscula Van Cau, mouillé par les affaires. Cependant, Di Rupo ne désavoua pas clairement le ‘baron’ carolo. A l’époque, comme aujourd’hui, il répète qu’il faut laisser la justice faire son travail. Tous ne bénéficient-ils pas de la présomption d’innocence? Fort bien. Est-ce pour cela que le 8 octobre 2006, le PS a « seulement » perdu 13 % aux élections communales à Charleroi? En aurait-il été autrement si Van Gompel, présenté lors de la campagne comme le chevalier blanc de la cité, avait été inculpé et écroué à la prison de Jamioulx avant le 8?« .

Poser la question, c’est y répondre. Et de laisser la justice faire son travail, c’est bien de cela dont il est question. Comme en 2006, à l’insu de tous, la justice carolégienne est à nouveau muselée par un procureur du roi dont la photo suffit à démontrer, me semble-t-il, l’appartenance politique. Délit de sale gueule? Peut-être. Pour ma part, me semble-t-il, la justification « démocratique » (laisser les élections se dérouler en paix) qui autorise la paralysie de l’instruction judiciaire est bancale. L’électeur, doit pouvoir se prononcer en connaissance de cause. Et la justice, laisser ses enquêtes suivre leur cours indépendamment des échéances politiques.

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