Les jeunes et la politique

Mai ’68, c’était la grande époque du « tout au politique »! Ha, c’est que les gens qui sont actuellement établis au pouvoir ont connu tant et plus de discussions passionnées, dans le fond des estaminets les plus obscurs; combien de fois n’ont-ils pas, selon leur propre aveu, refait le monde à 20 ans? C’était le bon vieux temps. Aujourd’hui, les jeunes s’en foutent de la politique. Ca ne les intéresse plus. Ils sont tout juste bons à consommer, apprendre à produire et consommer encore.

Alors, notre Premier ministre a trouvé une splendide solution pour que les jeunes se réapproprient la politique, puisse la comprendre intuitivement et se passionner pour Guy le Lapin bleu. La page internet, formellement estampillée VLD, nous apprend ainsi que Guy aime le soleil et les spagetthis mais n’aime pas le racisme, que la couleur préférée de Guy le Lapin bleu est… le bleu (le fondement de son engagement libéral?) et, enfin, que Guy était déjà très laid quand il jouait au foot. Je doute de la pertinence de l’initiative et voudrais ajouter une simple remarque de bon sens.

N’y a-t-il pas une contradiction, quelque part, entre vouloir (ré-) intéresser les jeunes à la politique et fixer la date des élections (en 2004 et 2007 en tous cas) en plein mois de juin? De facto, une raison aussi stupide que placer les élections en pleine période de session, que ce soit au niveau secondaire ou supérieur, ne conduit-elle pas bon nombre d’étudiants à l’impossibilité matérielle de s’engager? A vrai dire, je n’en sais rien. Je suis cependant bien certain que cela n’aide pas; moi-même aurais été ravi de m’investir plus, de lancer l’un ou l’autre projet de réflexion, mais je dois placer mes priorités.

Les élections sont quand même le moment fort de la politique démocratique et, pour peu mobilisatrices qu’elles puissent être en Belgique, elles suscitent malgré tout un effet d’engouement compréhensible. Je trouve dommage que toute une frange de la population, susceptible de se passionner avec ardeur, soit mise dans une situation difficile pour s’engager, malgré les discours. Sauf à reléguer ses études au second plan, « ce qui serait très mauvais pour la relance économique »…

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