12 : 08 east of Bucharest

« Tout le pays a regardé en live à la télévision les foules en colère forçant le dictateur roumain Ceausescu à quitter Bucarest en hélicoptère. Dans une ville paisible à l’est de la capitale, seize ans après ce jour historique, le propriétaire d’une chaîne de télévision locale demande à deux invités de partager leurs instants de gloire révolutionnaire. Le premier est un vieux retraité, Père Noël à ses heures ; l’autre, un professeur d’histoire qui vient de dépenser tout son salaire pour éponger ses dettes de boisson. Mais les téléspectateurs, qui interviennent au téléphone, réfutent les prétendus faits glorieux de ces héros : peut-être étaient-ils en train de se saouler au bar ou de préparer Noël, plutôt que de jouer les rebelles dans les rues? »

Voilà le synopsis d’une grande mascarade du 7ème art : 12h08 à l’est de Bucarest. Premier film d’un jeune réalisateur roumain, ce film a été multiprimé. A l’heure actuelle, je me demande toujours sur base de quels critères. Je suis néophyte en cinéma, amateur occasionnel, et mon seul critère de qualité est le plaisir que je retire de la vision d’un film. Et Dieu sait que je suis bon public! Mais dans ce cas-ci, je dois protester.

Sous couvert d’un film politique roumain, on assiste à une scène bancale qui dure près d’une heure ou la caméra se fixe sur les trois principaux protagonistes de l’histoire, enregistrés en studio pour un passage à la télévision locale. Quand je dis « fixe », le terme est pesé. La caméra ne bouge pour ainsi dire pas d’un iota pendant tout ce temps. On m’excusera de n’y pas voir un grand génie cinématographique et, du bas de mon immense incultance, de ne pas comprendre que cette technique véritablement très statique ait permis de remporter la caméra d’or au festival de Cannes 2006.

N’allez pas croire « L’inédit » qui annonce un film « finement burlesque et profondément politique ». Je le qualifierais de « largement statique et profondément ennuyeux ». Je ne suis pas un matador fan de film d’action, je n’ai pas attendu pendant tout « Titanic » que le bateau coule, mais croyez-moi, à part l’un ou l’autre sourire, ce film ne vaut vraiment pas le détour.

Je suis allé en Roumanie et je retrouve un peu l’image de ce pays au travers de ce film, mais à nouveau cet aspect culturel n’est pas dominant, et s’éteint tout à fais lors de l’entrée des protagonistes en studio après une demi-heure, studio dont ils ne sortiront plus. En bref, ce film est un triste gâchis, dont on n’oserait soupçonner qu’il est couvert de subsides européens, tant ces derniers auraient alors été jetés par la fenêtre. Et Cannes d’y perdre sa crédibilité!

Les Grignoux
Pressbook (pdf)
Le site officiel du réalisateur

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