Mangez plutôt des 4/4

Petit message à l’attention des conducteurs de 4 x 4.

Messieurs les abrutis, non seulement vous réfugiez votre médiocrité hors normes derrière votre sexe de métal, ce qui a priori me pose déjà un problème conceptuel, mais en plus vous répandez votre foutre fossile dans mon atmosphère, ce qui, je dois l’avouer, m’énerve particulièrement. La grande messe des débiles profonds – on attend plus de 324.000 visiteurs au salon de l’auto – ayant commencé en début de semaine, le moment est bien choisi pour livrer le fond de ma pensée.

Je trouve proprement scandaleux que les 4 x 4, aujourd’hui pudiquement renommées « SUV » (Sport Utility Vehicules), fasse l’objet d’une telle propagande, notamment au salon des cons (pardon pour les rares exceptions). « SUV »: des Véhicules, OK. Utilitaires: pas d’accord. Ces véhicules sont plus imposants en taille, plus sécurisants (c’est un sentiment, ils ne sont pas plus sûrs), mais leur capacité n’est absolument pas un argument valable. Sport: laissez-moi rire, on ne peut pas penser sérieusement une seule seconde que « sport moteur » est un concept intellectuellement honnête.


Bref, la vitrine exeptionnelle dont ces véhicules bénéficient m’exaspère ; ils n’ont que des inconvénients objectifs (je pourrais argumenter la-dessus) et aucun avantage si ce n’est psychologique pour leurs trou-du-cul de conducteurs. Voir le minable patron du salon des cons annoncer gentillement qu’il va distribuer des « cartes écologiques », conseillant notamment de bien gonfler ses pneus, parce que mal gonfler ses pneus ça fait du CO2, j’ai envie de lui retourner trois paires de baffes.

10 %. C’est le nombre de voitures vendues en plus en Belgique en 2006, pour plus d’1/2 million de véhicules vendus. Et le pauvre type dont je viens de vous parler n’a, bien entendu, pour unique objectif que de faire encore grimper ce chiffre. Ses stratégies minables pseudo-environnementales, qu’il se les garde. Il s’en fout. Quant aux aventuriers de l’Avenue Louise, je ne les comprend pas. Leur responsabilité et l’impact de l’achat d’une 4 x 4 sont tels qu’ils devraient presque, selon moi, être condamnés au pénal. Le gouvernement ne fait rien. Rien. Ha, si, pardon: une taxe sur les emballages. Dommage que les constructeurs n’emballent pas les 4 x 4 avant de les livrer.

La lueur d’espoir, s’il faut en discerner une, vient de la Commission européenne, et de son membre grec, Stavros Dimas. Comme en matière de pêche, la Commission propose des solutions courageuses, bien qu’encore probablement insuffisantes. Evidemment, ses pouvoirs en la matière devraient être plus étendus. Les lobbies de l’industrie automobile vont évidemment obtenir du Conseil des Ministres une forte édulcoration de ces mesures. La Commission est consciente d’enjeux qui se jouent au niveau européen, notamment au niveau primordial de la protection environnementale. Reste à faire passer les messages, et ce n’est pas évident.

4 x 4 et SUV au salon des cons

La stratégie de la Commission

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