Archives mensuelles : janvier 2007

Buysealand.com

« The Pirate Bay » rêve d’acquérir une île pour en faire le paradis des amateurs de peer-to-peer et se soustraire aux lois nationales sur le droit d’auteur. Le site suédois, qui héberge des fichiers et des trackers destinés au célèbre protocole P2P BitTorrent, vient de lancer une opération de collecte de fonds baptisée « Buy Sealand ». L’objectif est de réunir suffisamment d’argent pour pouvoir acquérir l’île artificielle de Sealand, une plate-forme militaire désaffectée de quelque 550 m² située en mer du Nord, à une dizaine de kilomètres des côtes de l’Angleterre.

Anciennement connue sous le nom de Fort Roughs, cette plate-forme située dans les eaux internationales n’est soumise à l’autorité d’aucun Etat et revendique depuis 1975 le statut de micronation. Bien qu’aucune organisation internationale n’ait jamais reconnu la principauté de Sealand comme un Etat souverain (malgré ce magnifique drapeau, ici à gauche), l’île bénéficie d’un vide juridique qui lui permet d’héberger un certain nombre d’activités plus ou moins licites, d’autant qu’elle dispose de connexions à haut débit et de son propre datacenter !

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Buysealand.com

Elements de politique américaine

Je voudrais brièvement souligner quelques aspects de la stratégie unilatérale enclenchée par les USA suite au 11 septembre 2001, et particulièrement quelques données factuelles qui démontrent sans difficultés l’étroitesse de raisonnement de l’administration républicaine. A supposer, bien entendu, que ces œillères idéologiques ne dissimulent d’autres intérêts, bien concrets, ceux-là.

Inutile d’évoquer la guerre en Irak lancée avec pertes et fracas en 2003, pour des motifs dont les principaux auteurs de ce conflit reconnaissent aujourd’hui la non-pertinence.

Je voudrais donc simplement parler de deux actes unilatéraux posés par les USA, dont un a déjà eu des conséquences potentiellement dramatiques et dont l’autre ne pourrait manquer d’en avoir, s’il se réalisait.

En premier lieu, vers 1945, les Etats-Unis proposèrent, idée farfelue s’il en est, de couper la péninsule de Corée en deux parties, à hauteur du 38ème parallèle. Preuve que la guerre froide n’a pas attendu le développement par l’URSS de la force nucléaire, le lendemain même du jour de la victoire de la WWII, l’URSS envahissait agressivement la Corée du nord. Cinquante ans plus tard, la Corée a connu bien des déchirements entre ses parties imaginaires, Nord et Sud. A cet endroit, la guerre froide s’est réchauffée, et ce ne sont ni les Américains, alliés du Sud (une fois n’est pas coutume), ni le couple Sovietico-chinois, alliés du Nord, qui en souffrirent le plus.

Tout cela pour dire qu’en 1994, les rapports ayant évolué et la Corée du Nord étant exsangue financièrement, l’administration Clinton s’engage à verser argent et pétrole à la Corée du Nord en échange de la promesse de mettre un terme à tout programme de recherche nucléaire militaire. En décembre 2002, après les attentats que l’on sait, alors que des négociations étaient en cours, les USA coupent unilatéralement les vivres, notamment pétrolières, aux Coréens du nord. Le 10 janvier 2003, ces derniers, prenant leur parti de la violation par les Américains de leurs engagements de 1994, se retirent unilatéralement du Traité de non-prolifération nucléaire, avec les résultats que l’on sait aujourd’hui.

Dans ce cas-ci, je regarde les faits et les dates. Les Américains prétendent, pour leur part, que la Corée du Nord développait des programmes nucléaires secrets, à l’abri de l’AIEA, en se réfugiant derrière le TNP. La bonne vieille stratégie de l’arme de destruction massive cachée, du « rogue state » (qui n’est tel que parce que les Américains l’ont décidé ainsi…), déjà éprouvé en Irak. Ce qui est sûr, c’est que si « axis of evil » est plus une réalité aujourd’hui qu’hier, il faut en remercier nos camarades républicains d’outre-Atlantique.

L’autre cas que je voudrais brièvement aborder, et qui est tout aussi explicite, concerne la non-militarisation de l’espace. Reagan avait développé cette idée complètement ridicule d’un bouclier spatial (plan de défense stratégique nommé « star wars », sic!), pour se prémunir d’attaques extra-atmosphériques qu’encore aucun de leurs ennemis n’avait la possibilité concrète de mener. Cette stratégie de militarisation active (la militarisation passive étant déjà réalisée par l’envoi de nombreux satellites), même dans un objectif argué de « légitime défense » (tiens, ce concept de défense préventive a par ailleurs également déjà été évoqué en d’autres circonstances…).


Manque de chance, ils avaient signé en 1972 (lors de la détente) un traité bilatéral ABM (antimissiles balistiques) avec Moscou! Ce traité, signé initialement pour une durée illimitée et s’inquiétant des conséquences d’une militarisation active de l’espace, interdisait explicitement, ainsi que l’a établi le Congrès des Etats-Unis, toute initiative de l’ordre de ce plan de défense.

Début 2002, l’administration Bush s’est retirée unilatéralement de ce traité ABM et le plan de défense stratégique a été relancé, en vue de se prémunir des fameux « rogue states ».

Mangez plutôt des 4/4

Petit message à l’attention des conducteurs de 4 x 4.

Messieurs les abrutis, non seulement vous réfugiez votre médiocrité hors normes derrière votre sexe de métal, ce qui a priori me pose déjà un problème conceptuel, mais en plus vous répandez votre foutre fossile dans mon atmosphère, ce qui, je dois l’avouer, m’énerve particulièrement. La grande messe des débiles profonds – on attend plus de 324.000 visiteurs au salon de l’auto – ayant commencé en début de semaine, le moment est bien choisi pour livrer le fond de ma pensée.

Je trouve proprement scandaleux que les 4 x 4, aujourd’hui pudiquement renommées « SUV » (Sport Utility Vehicules), fasse l’objet d’une telle propagande, notamment au salon des cons (pardon pour les rares exceptions). « SUV »: des Véhicules, OK. Utilitaires: pas d’accord. Ces véhicules sont plus imposants en taille, plus sécurisants (c’est un sentiment, ils ne sont pas plus sûrs), mais leur capacité n’est absolument pas un argument valable. Sport: laissez-moi rire, on ne peut pas penser sérieusement une seule seconde que « sport moteur » est un concept intellectuellement honnête.


Bref, la vitrine exeptionnelle dont ces véhicules bénéficient m’exaspère ; ils n’ont que des inconvénients objectifs (je pourrais argumenter la-dessus) et aucun avantage si ce n’est psychologique pour leurs trou-du-cul de conducteurs. Voir le minable patron du salon des cons annoncer gentillement qu’il va distribuer des « cartes écologiques », conseillant notamment de bien gonfler ses pneus, parce que mal gonfler ses pneus ça fait du CO2, j’ai envie de lui retourner trois paires de baffes.

10 %. C’est le nombre de voitures vendues en plus en Belgique en 2006, pour plus d’1/2 million de véhicules vendus. Et le pauvre type dont je viens de vous parler n’a, bien entendu, pour unique objectif que de faire encore grimper ce chiffre. Ses stratégies minables pseudo-environnementales, qu’il se les garde. Il s’en fout. Quant aux aventuriers de l’Avenue Louise, je ne les comprend pas. Leur responsabilité et l’impact de l’achat d’une 4 x 4 sont tels qu’ils devraient presque, selon moi, être condamnés au pénal. Le gouvernement ne fait rien. Rien. Ha, si, pardon: une taxe sur les emballages. Dommage que les constructeurs n’emballent pas les 4 x 4 avant de les livrer.

La lueur d’espoir, s’il faut en discerner une, vient de la Commission européenne, et de son membre grec, Stavros Dimas. Comme en matière de pêche, la Commission propose des solutions courageuses, bien qu’encore probablement insuffisantes. Evidemment, ses pouvoirs en la matière devraient être plus étendus. Les lobbies de l’industrie automobile vont évidemment obtenir du Conseil des Ministres une forte édulcoration de ces mesures. La Commission est consciente d’enjeux qui se jouent au niveau européen, notamment au niveau primordial de la protection environnementale. Reste à faire passer les messages, et ce n’est pas évident.

4 x 4 et SUV au salon des cons

La stratégie de la Commission

Nouvel An

Quelques photos de ce nouvel an de folie, que l’on peut agrandir rien qu’en cliquant dessus (c’est magique!). On peut même les enregistrer, je concède les droits d’auteur (même que l’auteur n’est pas toujours moi, d’ailleurs!).